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	<title> Fracci&#243;n Trotskista Cuarta Internacional </title>
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		<title>Loi de Renseignement. Big Brother est bient&#244;t chez vous</title>
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		<dc:date>2015-04-19T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
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		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject>Courant Communiste R&#233;volutionnaire du NPA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La loi sur le Renseignement est le dernier coup en date du duo liberticide Hollande-Valls. Le texte, dont l'examen s'est achev&#233; le 16 avril &#224; l'Assembl&#233;e, organise et l&#233;gitime une surveillance de masse de la population. Fort de son regain de l&#233;gitimit&#233; artificiellement boost&#233; par l'op&#233;ration &#171; Je suis Charlie &#187; post-attentats et malgr&#233; ses d&#233;convenues &#233;lectorales, Hollande a besoin d'un arsenal r&#233;pressif r&#233;organis&#233; pour accompagner sa reprise en main politique. l&#224; o&#249; la Loi Macron aplanit le terrain sur le plan &#233;conomique, la Loi sur le Renseignement est l'un des outils les plus sophistiqu&#233;s, les plus performants et les plus sournois, sur le versant des libert&#233;s fondamentales, n&#233;cessaire &#224; la poursuite de son cap politique pour le gouvernement.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton9017-5570d.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La loi sur le Renseignement est le dernier coup en date du duo liberticide Hollande-Valls. Le texte, dont l'examen s'est achev&#233; le 16 avril &#224; l'Assembl&#233;e, organise et l&#233;gitime une surveillance de masse de la population. Fort de son regain de l&#233;gitimit&#233; artificiellement boost&#233; par l'op&#233;ration &#171; Je suis Charlie &#187; post-attentats et malgr&#233; ses d&#233;convenues &#233;lectorales, Hollande a besoin d'un arsenal r&#233;pressif r&#233;organis&#233; pour accompagner sa reprise en main politique. l&#224; o&#249; la Loi Macron aplanit le terrain sur le plan &#233;conomique, la Loi sur le Renseignement est l'un des outils les plus sophistiqu&#233;s, les plus performants et les plus sournois, sur le versant des libert&#233;s fondamentales, n&#233;cessaire &#224; la poursuite de son cap politique pour le gouvernement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ceci n'est pas un Patriot Act &#187;. D&#233;n&#233;gations et pr&#233;cipitation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi qui &#233;tait en pr&#233;paration depuis un an a &#233;t&#233; mise en d&#233;bat au Parlement, dans l'urgence, le 13 avril, en pr&#233;sence d'une petite trentaine de d&#233;put&#233;s, visiblement peu pr&#233;par&#233;s. Pourquoi une telle pr&#233;cipitation alors que cette loi soul&#232;ve d'embl&#233;e de nombreuses controverses et interrogations, tant de la part des syndicats de magistrats que des associations de d&#233;fense des droits de l'Homme ou, encore, du c&#244;t&#233; de la Commission Nationale de l'Informatique et de la Libert&#233; (CNIL) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forts du succ&#232;s de l'op&#233;ration d'union nationale apr&#232;s les attentats du 7 janvier, forts d'un 63% de Fran&#231;ais qui seraient favorable &#227; une &#171; loi sur le terrorisme &#187; selon un sondage publi&#233; le 14 avril, Hollande et Valls ont voulu battre le fer tant qu'il &#233;tait chaud. D'une certaine mani&#232;re, les &#233;v&#232;nements dramatiques de janvier ont &#233;t&#233; une aubaine pour appeler &#224; la rescousse d'un gouvernement de combat les engins d'oppression administratifs, judiciaires et politiques qui sont autant d'instrument pr&#233;ventifs de r&#233;pression des mouvements sociaux et de jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le portrait-robot du djihadiste-recrut&#233;-&#224;-longue-barbe-qui-surfe-sur-internet-pour-trouver-la-recette-du-TNT-pour-tout-faire-exploser-au-nom-d-Allah est bien commode pour le gouvernement et son porte-flingue, Jean-Jacques Urvoas, rapporteur du texte. Pour maintenir son cap, apr&#232;s les revers &#233;lectoraux que l'on sait. Hollande se doit de recourir &#224; la m&#233;thode forte, que ce soit en d&#233;ployant le 49.3, das le cadre de la loi Macron, ou en se donnant les moyens, imm&#233;diatement op&#233;rationnels ou de fa&#231;on pr&#233;ventive, de contr&#244;ler toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a eu beau jeu de pr&#233;senter le texte comme un moyen de d&#233;finir et de s&#233;curiser les pratiques de renseignement exerc&#233;es par les services fran&#231;ais le plus souvent en dehors de tout cadre l&#233;gal. Urvoas s'est &#233;galement donn&#233; le beau r&#244;le en soutenant les propositions gouvernementales d'&#233;largir de neuf &#227; treize les membres de la Commission Nationale de Contr&#244;le des Techniques de Renseignement (CNCTR), cens&#233;e r&#233;guler les barbouzries de l'Etat, ainsi que de cr&#233;er un statut de &#171; lanceur d'alerte &#187;. &#171; La France pourra avoir son Edward Snowden &#187;, s'est f&#233;licit&#233;, en substance, Manuel Valls. Le Premier ministre a &#233;galement insist&#233; sur le fait, comme dans une d&#233;n&#233;gation &#224; la Magritte, que &#171; ceci n'est pas un Patriot Act &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la l&#233;gislation liberticide adopt&#233;e par le Congr&#232;s am&#233;ricain apr&#232;s le 11 septembre 2001. C'est pourtant bien dans les pas de George Bush qu'Hollande et Valls marchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'anti-terrorisme &#187;, un argument bien commode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier cette loi et son traitement en urgence, le gouvernement invoque comme premier argument la lutte contre le terrorisme et le r&#244;le des nouvelles technologies dans le recrutement des djihadistes ou leur capacit&#233; &#227; porter sur le web leur propagande, &#224; l'image de la r&#233;cente cyberattaque contre TV5 Monde, pr&#233;sent&#233;e par les ministres comme une agression contre le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf qu'il ne s'agit pas d'une loi &#171; anti-terroriste &#187; mais d'une &#171; loi sur le renseignement &#187;. Le projet de renforcement de la surveillance et de la r&#233;pression ne date pas du 11 janvier et ne concerne pas que les &#171; terroristes &#187;. Il suffit, en effet, de remonter &#224; l'&#233;t&#233; dernier. Alain Pojolat, finalement relax&#233;, et Ga&#235;tan, condamn&#233; en appel &#227; six mois de prison, dont deux fermes, pour avoir organis&#233; ou particip&#233; &#227; des manifestations interdites, en savent quelque chose, tout comme les 54 autres militants arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse &#227; Sivens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'effet d'annonce d'une loi &#171; contre le terrorisme &#187;, il s&#8216;agit bien d'un vaste filet tendu pour d&#233;busquer et neutraliser tout ce qui pourrait &#234;tre potentiellement subversif. Il suffit, pour s'en convaincre, de se r&#233;f&#233;rer aux domaines que peuvent invoquer les services du renseignement pour s'autoriser la mise en place d'un syst&#232;me de surveillance : &#171; l'ind&#233;pendance nationale, l'int&#233;grit&#233; du territoire et de la d&#233;fense nationale, la pr&#233;vention du terrorisme, les int&#233;r&#234;ts majeurs de la politique &#233;trang&#232;re, la pr&#233;vention des atteintes &#224; la forme r&#233;publicaine des institutions, la criminalit&#233; et la d&#233;linquance organis&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fourre-tout aux mailles tr&#232;s larges permet de tout int&#233;grer, notamment toute forme de lutte sociale organis&#233;e. La s&#233;questration d'un patron, en groupe, par des salari&#233;s en lutte, un piquet de gr&#232;ve, l'occupation de locaux publics ou d'une entreprise, voire tout simplement le fait de manifester sans autorisation, tout ceci pourrait tomber sous le coup de la Loi sur le Renseignement. Tout est fait pour que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur puisse trouver une case pour telle ou telle lutte, pour tel ou tel mouvement social, de fa&#231;on &#227; ce que tout individu y participant puisse &#234;tre l'objet d'une surveillance ou d'un flicage renforc&#233;. Autre exemple de cette d&#233;rive absolument liberticide : la modification de la &#171; proc&#233;dure d'urgence absolue &#187;. A travers un amendement pr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e par le ministre de l'Int&#233;rieur, le gouvernement a ainsi souhait&#233; permettre le placement sous surveillance, allant jusqu'&#224; l'intrusion dans un domicile priv&#233;, sans avis pr&#233;alable de la Commission nationale de contr&#244;le ni m&#234;me du Premier ministre, sur simple d&#233;cision d'un chef de service des renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la p&#234;che &#224; la ligne en eau trouble &#224; la p&#234;che au chalut en toute l&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renseignement, tel qu'il a &#233;t&#233; pratiqu&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, &#233;tait r&#233;put&#233; fonctionner sur des cibles identifi&#233;es, sur base de suspicion, de d&#233;nonciation, de probabilit&#233; de r&#233;cidive, et ce gr&#226;ce &#227; un r&#233;seau d'informateurs professionnels ou occasionnels. L'image du renseignement a d'ailleurs toujours &#233;t&#233; per&#231;ue de fa&#231;on plut&#244;t n&#233;gative par la population. La pratique des &#171; &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques &#187; a toujours suscit&#233; un certain rejet au sein de l'opinion publique. Elles ont fr&#233;quemment suscit&#233; scandale et r&#233;probation, faisant les beaux jours du Canard Encha&#238;n&#233;. Le principe, pour les services du renseignement, &#233;tait donc d'y aller au cas par cas et en faisant le moins de vagues possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la Loi sur le Renseignement, c'est un changement total de m&#233;thode qui est officiellement annonc&#233;. Face &#224; l'usage g&#233;n&#233;ralis&#233; des technologies modernes par les ennemis potentiels de la R&#233;publique, il s'agirait, selon les promoteurs de la loi, de recourir, en toute l&#233;galit&#233;, &#227; des outils de surveillance de masse r&#233;coltant de mani&#232;re indiff&#233;renci&#233;e une grande quantit&#233; d'informations pour proc&#233;der ensuite &#227; un tri. Il s'agirait, en quelque sorte, de passer de la p&#234;che &#224; la ligne en eau trouble &#224; la p&#234;che au chalut en pleine lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce renversement de m&#233;thode est techniquement possible. Les outils existent : les keyloggers ou les imsi catchers sont capables d'espionner les comportements de tout un chacun et tout ce qui se passe autour de lui. Les m&#233;thodes de tri de cette masse d'informations existent elles aussi. Certains logiciels permettent ainsi d'en isoler certaines et de les trier, ce que le marketing et la vente sur internet exploitent d&#233;j&#224; tr&#232;s efficacement et ces techniques sont ais&#233;ment transposables aux fins de renseignement. Nous sommes donc tous susceptibles d'&#234;tre espionn&#233;s &#227; travers nos smartphones, nos ordinateurs et, pourquoi pas, comme l'annon&#231;ait un canular du 1er avril, nos d&#233;tecteurs de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la g&#233;n&#233;ralisation de ces m&#233;thodes de renseignement est d&#233;sormais possible, sont-elles vraiment nouvelles ? De l'aveu de certains sp&#233;cialistes, cette pratique du recueil d'informations de masse est en r&#233;alit&#233; enclench&#233;e, dans l'Hexagone, depuis plusieurs ann&#233;es, en toute ill&#233;galit&#233; et sous couvert d'un secret d'Etat qui demeure &#227; ce jour assez bien gard&#233;. Le Monde du 13 avril 2015 rapporte l'existence d'un v&#233;ritable &#171; Big Brother &#224; la fran&#231;aise &#187; sur lequel le quotidien du soir enqu&#234;te depuis deux ans, apr&#232;s une premi&#232;re r&#233;v&#233;lation en 2013 suivie d'un d&#233;menti formel des autorit&#233;s : derri&#232;re la PNDC, &#227; savoir la &#171; Plateforme Nationale de Cryptage et de D&#233;cryptement &#187;, h&#233;berg&#233;e &#224; la DGSE, se cacherait un syst&#232;me de recueil massif de donn&#233;es personnelles fran&#231;aises et &#233;trang&#232;res dans lesquelles les services de renseignement ne se privent pas de puiser. Mais quoi que la nouvelle loi n'en dise, sous couvert de &#171; r&#233;gulation des pratiques du renseignement &#187;, le texte examin&#233; par les d&#233;put&#233;s ne mentionne &#227; aucun moment la PNDC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flicage partout, quelle r&#233;sistance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union nationale a largement pr&#233;valu au cours de l'examen du texte, au-del&#224; des clivages politiques habituels. C'est sans surprise qu'une large majorit&#233; de d&#233;put&#233;s PS-UDI-UMP devrait l'adopter lors d'un vote solennel le 5 mai si aucune r&#233;sistance ne se met sur pied. Face &#227; un texte permettant d&#233;sormais de placer en toute l&#233;galit&#233; toute personne sous surveillance dans le cadre de la pr&#233;vention de &#171; violences collectives de nature &#227; porter atteinte &#224; la forme r&#233;publicaine des institutions &#187;, il n'y a que certains d&#233;put&#233;s francs-tireurs &#227; s'&#234;tre dits inquiets que &#171; ce texte tombe un jour dans de mauvaises mains &#187;, &#224; l'image de Pierre Lellouche, d&#233;put&#233; UMP de la capitale, peu connu pour ses penchants gauchistes, pointant n&#233;anmoins combien &#171; lors de Mai 68 ou des grandes gr&#232;ves de 1995, les services auraient &#233;t&#233; habilit&#233; [si la Loi sur le Renseignement avait alors exist&#233;] &#227; espionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre ses contre-r&#233;formes actuelles et annonc&#233;es, le gouvernement avait besoin d'une nouvelle Loi sur le Renseignement. Face &#224; l'union nationale dans l'h&#233;micycle, c'est une autre union que devraient opposer l'ensemble des organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier et de la jeunesse et de d&#233;fense des droits de l'Homme. Car demain, plus qu'aujourd'hui, si un tel renforcement de l'appareil de renseignement devait passer, c'est apr&#232;s une simple manif, un meeting, une occupation, une prise de parole dans une bo&#238;te voire un spectacle que tout un chacun pourrait &#234;tre fliqu&#233; en toute &#171; l&#233;galit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17/04/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>9 avril. Premi&#232;re v&#233;ritable journ&#233;e de mobilisation contre Hollande</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/9-avril-Premiere-veritable-journee-de-mobilisation-contre-Hollande</link>
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		<dc:date>2015-04-10T18:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Patrick Clech, Yann Le Bras</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject>Courant Communiste R&#233;volutionnaire du NPA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On saluera le z&#232;le des m&#233;dias pour cacher une mobilisation que le gouvernement et le patronat se sont refus&#233; de voir toute la journ&#233;e durant. Partout, &#224; la t&#233;l&#233;, &#224; la radio et dans la presse, on a eu droit d'abord &#224; la cyber-attaque contre France 24, &#224; la nouvelle d&#233;chirure au FN entre le p&#232;re et la fille, &#227; qui TF1 a offert son plateau du 20h, et m&#234;me au patron du Medef, Pierre Gattaz, bravache comme &#227; son habitude, mentant comme un arracheur de dents en affirmant que dans sa propre entreprise, Raddial, aucun pr&#233;avis de gr&#232;ve n'avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;. Le Monde, toujours plus proche de l'Elys&#233;e, a r&#233;ussi &#227; balayer le sujet d'un revers de plume, forc&#233; n&#233;anmoins de reconna&#238;tre avec une pointe de condescendance, en fin d'apr&#232;s-midi, que le 9 avril avait &#233;t&#233; &#171; une belle &#8216;manif' et une gr&#232;ve invisible &#187;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton9014-5157c.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;On saluera le z&#232;le des m&#233;dias pour cacher une mobilisation que le gouvernement et le patronat se sont refus&#233; de voir toute la journ&#233;e durant. Partout, &#224; la t&#233;l&#233;, &#224; la radio et dans la presse, on a eu droit d'abord &#224; la cyber-attaque contre France 24, &#224; la nouvelle d&#233;chirure au FN entre le p&#232;re et la fille, &#227; qui TF1 a offert son plateau du 20h, et m&#234;me au patron du Medef, Pierre Gattaz, bravache comme &#227; son habitude, mentant comme un arracheur de dents en affirmant que dans sa propre entreprise, Raddial, aucun pr&#233;avis de gr&#232;ve n'avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;. Le Monde, toujours plus proche de l'Elys&#233;e, a r&#233;ussi &#227; balayer le sujet d'un revers de plume, forc&#233; n&#233;anmoins de reconna&#238;tre avec une pointe de condescendance, en fin d'apr&#232;s-midi, que le 9 avril avait &#233;t&#233; &#171; une belle &#8216;manif' et une gr&#232;ve invisible &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etat de la mobilisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de pot pour les m&#233;dias et le gouvernement parlant de gr&#232;ve invisible en ce 9 avril, Radio France continue &#227; diffuser de la musique en lieu et place des programmes habituels, les gr&#233;vistes, qui en sont &#224; leur 22&#232;me jour de mobilisation, ouvraient le cort&#232;ge parisien. C&#244;t&#233; transport a&#233;rien, pr&#233;s de la moiti&#233; des vols &#233;taient annul&#233;s dans les a&#233;roports en raison du mouvement des &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/La-musique-continue-a-Radio-France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aiguilleurs du ciel.&lt;/a&gt; Quelques ilots de r&#233;sistance, donc, pour un ciel ensoleill&#233; dans une France qui a travaill&#233;, aujourd'hui, &#227; peine perturb&#233; par quelques d&#233;fil&#233;s de permanents syndicaux et de fonctionnaires ? C'est ce que certains ont voulu faire croire. Mais ce qui s'est jou&#233;, le 9 avril, est &#224; l'oppos&#233; de ce qu'en ont dit m&#233;dias, patronat et gouvernement &#224; l'unisson : c'&#233;tait bel et bien la premi&#232;re r&#233;elle journ&#233;e de mobilisation contre Hollande et sa politique, symbolis&#233;e par la loi du &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Pour-Macron-Hollande-et-Valls&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ministre-banquier Macron&lt;/a&gt;, sur fond de grogne et de gr&#232;ves pour les salaires dans le priv&#233; et le public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment du sempiternel d&#233;bat sur le nombre de participants aux diff&#233;rents cort&#232;ges, ils ont mobilis&#233; davantage que lors des pr&#233;c&#233;dentes journ&#233;es, celle du 18 mars 2014 comme celle du 10 septembre 2013. La CGT a compt&#233; 120.000 personnes &#227; Paris et des cort&#232;ges nourris en province, avec, notamment 45.000 manifestants &#227; Marseille (7.000 selon la police), 8.000 &#227; Toulouse (4.000), 10.000 &#227; Bordeaux (4.700), 7.000 &#227; Lyon (4.200). Philippe Martinez, le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, parle de &#171; succ&#232;s retentissant &#187;, ce qui est sans doute exag&#233;r&#233;, rassur&#233; surtout d'avoir ressoud&#233; les rangs apr&#232;s que la direction de la centrale de Montreuil a senti passer le souffle du canon tout pr&#232;s, pendant le scandale Lepaon. Appel&#233;e par la CGT, FO, la FSU et Solidaires, la journ&#233;e a bel et bien &#233;t&#233;, n&#233;anmoins, un premier succ&#232;s, qui s'explique &#227; diff&#233;rents niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mobilisation bien plus importantes qu'en 2014 et en 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations en demi-teinte des ann&#233;es pass&#233;es sont &#227; mettre sur le compte du succ&#232;s, dans un premier temps, de la strat&#233;gie gouvernementale de d&#233;compression sociale. Elles sont surtout imputables au fait que les centrales, jusqu'&#224; pr&#233;sent, appelaient &#227; manifester apr&#232;s avoir particip&#233; &#224; l'ensemble des diff&#233;rents rounds de dialogue. Sur fond de manque complet de cr&#233;dibilit&#233;, apr&#232;s avoir valid&#233; par leur pr&#233;sence autour de la table des n&#233;gociations l'id&#233;e m&#234;me qu'il &#233;tait possible de discuter, avec l'ex&#233;cutif, de ses propositions de contre-r&#233;formes (retraites et ANI, notamment), les journ&#233;es d'action &#233;taient, on le comprend ais&#233;ment, bien moins suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a chang&#233; ces derniers mois. Face &#227; une place de plus en plus importante qu'entend jouer la CFDT, &#224; la t&#234;te des &#171; r&#233;formateurs &#187; (UNSA, CFTC et CGE-CGC), aupr&#232;s du gouvernement, les directions r&#233;formistes du mouvement syndical &#171; contestataire &#187;, ne pouvaient rester plus longtemps l'arme au pied, au risque de se faire doubler, au petit jeu de la n&#233;gociation jusqu'au bout, par les Laurent Berger (CFDT) et autres Luc B&#233;rille (UNSA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de FO, la pression de son congr&#232;s de Tours a jou&#233; son r&#244;le, Jean-Claude Mailly tenant notamment &#227; se d&#233;marquer de Berger, ayant assur&#233; qu'il &#171; n'y avait pas d'aust&#233;rit&#233; en France &#187;. Pour la &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/CGT-un-Martinez-et-ca-repart&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;direction &#171; renouvel&#233;e &#187; de la CGT&lt;/a&gt;, il s'agissait d'une question de vie ou de mort. Il fallait &#227; tout prix changer l'image de la centrale apr&#232;s le scandale sur le bureau et les &#233;moluments de Lepaon, et ce alors que plusieurs grosses f&#233;d&#233;rations (sant&#233;, transports et &#233;nergie, notamment) refusent de rentrer dans le rang &#224; l'approche du congr&#232;s, fix&#233; en avril 2016, &#227; Marseille. Dans ce cadre, Montreuil a tout fait pour que la mobilisation soit r&#233;ellement un succ&#232;s, m&#234;me si des pr&#233;avis n'avaient pas &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s dans tous les secteurs, dont la RATP, &#227; Paris, ou la SNCF, au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la pression du monde du travail et la grogne sur les salaires qui a commenc&#233; &#227; faire changer la donne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'id&#233;e de la mobilisation n'est pas seulement n&#233;e en f&#233;vrier de calculs internes au sein des diff&#233;rentes centrales syndicales qui n'auraient su que mobiliser des agents des diff&#233;rentes fonctions publiques. La journ&#233;e du 9 s'inscrit dans un contexte marqu&#233; par la pression de plusieurs luttes salariales significatives, alors que les NAO ont &#233;t&#233; extr&#234;mement d&#233;cevantes pour les salari&#233;s du priv&#233; et que les fonctionnaires voient leur point d'indice gel&#233;. C'est ce qu'ont exprim&#233; plusieurs mouvements dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;, que ce soit dans l'automobile, &#227; SevelNord ou &#227; PSA Mulhouse dans le commerce ou encore dans l'enseignement et la recherche, avec les &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Plus-de-2-mois-de-greve-pour-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;huit semaines de gr&#232;ve des personnels de Paris 8 qui ont obtenu une victoire partielle sur leurs revendications salariales&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pression s'est exprim&#233;e &#227; Paris, avant le d&#233;but du cort&#232;ge, avec une action r&#233;solue men&#233;e par la CGT Carrefour Market et la CGT KFC, avec le soutien d'autres d&#233;l&#233;gations de travailleurs et d'&#233;tudiants qui s'&#233;taient d&#233;j&#224; crois&#233;s pendant la gr&#232;ve de Paris 8. C'est &#227; une centaine de syndicalistes, de militants et de soutiens qu'une premi&#232;re manif est pass&#233;e dans deux supermarch&#233;s du Groupe Carrefour et dans un Mc Do de la Place d'Italie, recevant un soutien enthousiaste des salari&#233;s et des clients pr&#233;sents sur place. Par del&#224; cette action, les 86 cort&#232;ges en province et la manifestation parisienne ont refl&#233;t&#233; ce d&#233;but de changement dans l'&#233;tat d'esprit de plusieurs secteurs salari&#233;s, m&#233;lange de d&#233;termination et de col&#232;re, comme ont pu l'exprimer des cort&#232;ges de gr&#233;vistes, &#227; Paris, issus de secteurs aussi distincts que les caissi&#232;res de la Tour Eiffel et les personnels en lutte de Radio France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuer apr&#232;s le 9&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode d'atonie sociale et apr&#232;s la s&#233;quence politique des d&#233;partementales, les travailleurs se sont saisis de la journ&#233;e pour commencer &#227; dire leur opposition &#227; Hollande. La question, maintenant, est de savoir quelle suite il faut donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations des dirigeants des deux principaux syndicats organisateurs au soir du 9 indiquent combien le monde du travail ne pourra compter que sur ses propres forces pour exiger aux directions syndicales d'&#234;tre cons&#233;quentes, rompre avec les journ&#233;es en saute-mouton et avec la logique du dialogue social. Mailly et Martinez se sont surtout f&#233;licit&#233;s du succ&#232;s de la journ&#233;e, se gardant bien de dresser toute perspective autre que la manif du 1er mai. &#171; J'attends que du c&#244;t&#233; de l'Elys&#233;e et de Matignon, on nous r&#233;ponde &#187;, a ainsi d&#233;clar&#233; Mailly. &#171; La dynamique doit donner des id&#233;es aux militants et aux salari&#233;s &#187;, a analys&#233; Martinez, en &#233;vitant de pr&#233;ciser sur quelles bases, et avec quel calendrier, ces &#171; id&#233;es &#187; pourraient confluer &#227; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, il faudra plus pour faire reculer Hollande, Valls et Macron. Mais apr&#232;s le 9 avril, le gouvernement, d&#233;sormais, doit aussi commencer &#227; tenir compte, sur sa gauche, d'une rue qui a recommenc&#233; &#227; se mobiliser. A charge de l'extr&#234;me gauche et des &#233;quipes syndicales combatives de trouver un horizon pour souder les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s car m&#234;me pour imposer le &#171; programme minimal &#187; de Mailly et de Martinez, &#227; savoir &#171; un coup de pouce pour le SMIC et le d&#233;gel des salaires des fonctionnaires &#187;, il faudra &#233;tablir un r&#233;el rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;09/04/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les r&#233;volutionnaires internationalistes et le gouvernement Tsipras</title>
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		<dc:date>2015-03-12T05:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Medio Oriente</dc:subject>
		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia : La construcci&#243;n una izquieda obrera y revolucionaria en el NPA</dc:subject>
		<dc:subject>Grecia</dc:subject>
		<dc:subject>Alemania</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour plusieurs raisons, l'arriv&#233;e de Syriza en t&#234;te des &#233;lections, en Gr&#232;ce, le 25 janvier dernier, puis la constitution d'un gouvernement Syriza-Grecs Ind&#233;pendants (Anel) rev&#234;t une importance centrale, et ce &#227; plusieurs niveaux : en raison de la port&#233;e politique de la victoire, pour la premi&#232;re fois, d'une formation ayant d&#233;fendu une ligne anti-aust&#233;ritaire, mais &#233;galement en raison des attentes que le gouvernement d'Alexis Tsipras suscite, tant en Gr&#232;ce qu'ailleurs, au sein du monde du travail et de la jeunesse. La question de l'attitude et de l'orientation des r&#233;volutionnaires face &#227; un tel ph&#233;nom&#232;ne, qui pourrait &#234;tre le signe annonciateur de nouvelles d&#233;convenues &#233;lectorales pour les partis traditionnels, notamment sociaux-d&#233;mocrates, est, par cons&#233;quent, centrale pour penser notre intervention dans la s&#233;quence actuelle.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton8951-56096.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour plusieurs raisons, l'arriv&#233;e de Syriza en t&#234;te des &#233;lections, en Gr&#232;ce, le 25 janvier dernier, puis la constitution d'un gouvernement Syriza-Grecs Ind&#233;pendants (Anel) rev&#234;t une importance centrale, et ce &#227; plusieurs niveaux : en raison de la port&#233;e politique de la victoire, pour la premi&#232;re fois, d'une formation ayant d&#233;fendu une ligne anti-aust&#233;ritaire, mais &#233;galement en raison des attentes que le gouvernement d'Alexis Tsipras suscite, tant en Gr&#232;ce qu'ailleurs, au sein du monde du travail et de la jeunesse. La question de l'attitude et de l'orientation des r&#233;volutionnaires face &#227; un tel ph&#233;nom&#232;ne, qui pourrait &#234;tre le signe annonciateur de nouvelles d&#233;convenues &#233;lectorales pour les partis traditionnels, notamment sociaux-d&#233;mocrates, est, par cons&#233;quent, centrale pour penser notre intervention dans la s&#233;quence actuelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections du 25 janvier, une onde de choc en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que pour la premi&#232;re fois une formation &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187; arrive au pouvoir dans un pays de l'UE a une importance singuli&#232;re pour les bourgeoisies imp&#233;rialistes d'Europe de l'Ouest qui se coordonnent &#224; l'&#233;chelon bruxellois (non sans contradictions et frictions). C'est le cas, &#233;galement, &#224; l'oppos&#233;, pour les secteurs militants du mouvement ouvrier et de la jeunesse en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les r&#233;sultats de Syriza ont renforc&#233; dans certains pays d'Europe les formations situ&#233;es &#224; la gauche du social-lib&#233;ralisme, qu'il s'agisse d'organisations issues du mouvement ouvrier traditionnel ou qui ont pu faire leur apparition au cours des derniers mouvements contre la crise, &#224; l'instar de Podemos, dans l'Etat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'arriv&#233;e au pouvoir de Tsipras, la d&#233;faite de Nouvelle d&#233;mocratie (ND), la droite grecque classique, ainsi que l'effondrement des sociaux-d&#233;mocrates du PASOK ont confort&#233; les craintes de l'ensemble des partis europ&#233;ens qui ont structur&#233; depuis l'apr&#232;s-guerre le champ politique bipartiste traditionnel entre conservateurs (droite ou chr&#233;tiens d&#233;mocrates, et gauche sociale-d&#233;mocrate ou travailliste). Ils observent avec inqui&#233;tude la mont&#233;e des &#171; extr&#234;mes &#187; qui repr&#233;sentent autant de d&#233;fis aux formes les plus classiques de leur domination politique dont l'&#233;rosion s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e avec la persistance de la crise en Europe et son approfondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification et r&#233;percussions de la victoire de Syriza et de la constitution du gouvernement Tsipras-Varoufakis-Kammenos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau grec la majorit&#233; relative de Syriza &#224; la Vouli a profond&#233;ment transform&#233; la donne, tant pour la bourgeoisie que pour les classes populaires et le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute du gouvernement de Georges Papandr&#233;ou en 2011 et la mise en place des &#171; M&#233;morandums &#187;, la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; saign&#233;e par la &#171; Tro&#239;ka &#187; (Commission Europ&#233;enne, BCE et FMI) qui, en accord avec les secteurs les plus concentr&#233;s du capital hell&#233;nique, a impos&#233; au pays une cure aust&#233;ritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix op&#233;r&#233;s ont &#233;t&#233; critiqu&#233;s y compris par certaines des composantes de la Tro&#239;ka, &#227; commencer par le FMI. Ces critiques formelles ne remettent pas en cause le fond de la politique de la Troika, c'est-&#224;-dire le maintien des flux de remboursements des pr&#234;ts contract&#233;s par la Gr&#232;ce aussi bien aupr&#232;s des cr&#233;anciers priv&#233;s que des cr&#233;ances d&#233;tenues par la Troika et les bourgeoisies du centre Europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB de la Gr&#232;ce a ainsi perdu 25% depuis 2010 contre 3% pr&#233;vus par la Tro&#239;ka. Le ch&#244;mage avoisine les 25%, alors qu'il ne devait toucher que 13% de la population active selon les pr&#233;visions de la BCE, &#224; la suite des r&#233;formes impos&#233;es. En d&#233;pit de la restructuration partielle de 2012 de la dette grecque d&#233;tenue par les cr&#233;anciers priv&#233;s, cette derni&#232;re repr&#233;sente aujourd'hui 175% du PIB, contre 154% en 2013. Elle est essentiellement d&#233;tenue par la Troika et les principales bourgeoisies europ&#233;ennes, l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les choix politiques op&#233;r&#233;s par les principaux d&#233;tenteurs de la dette Grecque n'aient pas eu les r&#233;sultats escompt&#233;s par leurs pr&#233;visions, elles ont permis, en derni&#232;re instance, de &#171; maintenir la Gr&#232;ce au sein de la Zone euro, &#233;viter la contagion et de geler la situation pour permettre au reste de l'Europe de se mettre &#224; l'abri &#187;. Pour la population hell&#233;nique, ces politiques ont eu des cons&#233;quences sociales d&#233;sastreuses que la bourgeoisie grecque n'a pas h&#233;sit&#233; &#227; amplifier, profitant ainsi d'un ch&#244;mage de masse pour exercer une pression &#224; la baisse sur les salaires qui ont diminu&#233;, non sans une lutte intense des travailleurs grecs depuis ces trois derni&#232;res ann&#233;es, de pr&#232;s de 25% en moyenne, avec une baisse de 14% du salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence, notamment, de continuit&#233; et de d&#233;bouch&#233; politiques aux luttes qui ont &#233;t&#233; men&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es, cette situation a renforc&#233; l'id&#233;e selon laquelle une politique &#171; anti-aust&#233;ritaire &#187;, sans rupture avec le syst&#232;me, pourrait non seulement &#234;tre souhaitable mais possible dans le cadre des institutions existantes et du jeu de l'alternance politique, et ce par le biais d'une victoire &#233;lectorale de Syriza dont le programme r&#233;formiste originel est all&#233; en se mod&#233;rant continument depuis 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 36,4%, le vote Syriza n'a pas &#233;t&#233; un raz-de-mar&#233;e comparable aux scores obtenus par les socialistes grecs lors des scrutins de 1981 (48%) ou de 1985 (45%), le discours de Syriza &#233;tant y compris moins &#227; gauche que celui du PASOK de l'&#233;poque, qui avait pu faire campagne sur la ligne &#171; hors de l'OTAN et de la CEE &#187; et du &#171; pouvoir du peuple &#187;. Cependant, l'&#233;lectorat populaire et la jeunesse ont port&#233; leurs voix sur Syriza en janvier 2015, sans pour autant que dans les principaux bastions de la gauche et du mouvement ouvrier grecs, ce score ne se renforce consid&#233;rablement par rapport aux r&#233;sultats obtenus lors de l&#233;gislatives de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation atteste d'un changement de l'&#233;tat d'esprit des masses grecques qui pourrait tr&#232;s rapidement &#233;voluer. Affaibli par la crise et apr&#232;s avoir particip&#233; &#224; la trentaine de gr&#232;ves et de mobilisations g&#233;n&#233;rales appel&#233;es par GSEE et ADEDY, ayant cependant manqu&#233; de perspectives dans la continuit&#233; pour &#234;tre en mesure de faire plier les gouvernements en place (Papandr&#233;ou en 2009-2011, Papad&#237;mos en 2011-2012 et Samaras en 2012-2015), le monde du travail et de la jeunesse a tendanciellement d&#233;laiss&#233; la rue pour porter sa radicalit&#233; et ses attentes sur le terrain des urnes. Cette d&#233;mobilisation relative p&#232;se, aujourd'hui, sur les coordonn&#233;es politiques, ce dont doit tenir compte l'extr&#234;me gauche grecque, &#227; commencer par la coalition anticapitaliste Antarsya et le reste de la gauche extraparlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renoncements, mod&#233;rantisme et capitulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Syriza, sur le plan politique, sa direction majoritaire soud&#233;e autour de Tsipras a consid&#233;rablement mod&#233;r&#233; le programme r&#233;formiste originel de la formation, tout en restructurant fortement le parti, pour redimensionner le plus possible le poids de la Plateforme de Gauche et les sensibilit&#233;s les plus radicales. Ces pr&#233;cautions n'ont pas emp&#234;ch&#233; Tsipras et son c&#233;nacle de s'autonomiser ult&#233;rieurement plus encore du parti en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions relatives existant au niveau europ&#233;en (et y compris au sein du gouvernement allemand de Gro&#223;e Koalition) entre partisans de Sch&#228;uble et ceux de la mod&#233;ration des mesures d'aust&#233;rit&#233;, de m&#234;me que le jeu de r&#244;les ayant domin&#233; les n&#233;gociations entre les ministres de l'Economie europ&#233;ens, l'Eurogroupe et Ath&#232;nes, en la personne de Tsipras et Varoufakis, ont contribu&#233; &#227; masquer la capitulation ratifi&#233;e par le premier ministre grec le 23 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la forme, le fait d'avoir rebaptis&#233; la &#171; Tro&#239;ka &#187; en &#171; Institutions &#187;, que les &#171; M&#233;morandums &#187; soient d&#233;sormais qualifi&#233;s &#171; d'accords &#187; et que les &#171; cr&#233;anciers &#187; soient devenus des &#171; pr&#234;teurs &#187; ne changent pas grand-chose &#224; l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain &#233;conomique, le document de six pages qui a &#233;t&#233; adopt&#233; par le gouvernement grec ratifie, dans ses grandes lignes, l'ensemble des options aust&#233;ritaires ayant pr&#233;valu jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain social, les mesures &#171; humanitaires &#187; promises par le gouvernement dans le cadre du Programme de Thessalonique (et qui n'ont rien de tr&#232;s r&#233;formistes au sens o&#249; elles sont simplement cens&#233;es r&#233;tablir certains droits ayant &#233;t&#233; r&#233;duits en miettes par les M&#233;morandums) sont doublement corr&#233;l&#233;es, &#224; la fois &#224; la poursuite des aides europ&#233;ennes (et par la constitution d'un exc&#233;dent primaire), et non &#227; une ponction sur les revenus du capital grec et &#233;tranger, mais &#233;galement &#224; la poursuite du calendrier des d&#233;bats parlementaire. Cela permet au gouvernement, d'une part, de brandir la menace d'une rupture avec l'UE comme une menace sur les mesures progressistes qu'il est cens&#233; adopter, mais &#233;galement de temporiser (par rapport &#224; la question des potentiels mouvements salariaux, sur les questions de logement ou d'expulsion ou encore d'acc&#232;s aux services &#233;l&#233;mentaire), ainsi que de conforter l'id&#233;e selon laquelle c'est bien par les instances repr&#233;sentatives et d&#233;l&#233;gatives, et non pas &#227; travers la mobilisation directe, qu'il est possible d'obtenir satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document de six pages envoy&#233; &#224; l'Eurogroupe et adopt&#233; par l'ensemble des pays europ&#233;ens, y compris ceux dont les Parlements &#233;taient cens&#233;s le valider, &#227; commencer par l'Allemagne, n'est en fait que la quatri&#232;me renonciation de Tsipras, mais suffisamment importante pour qu'on puisse la qualifier de capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier recul avait trait au caract&#232;re du programme propos&#233; lors du Congr&#232;s de Thessalonique, &#224; l'automne 2014, et d&#233;j&#224; fortement en retrait par rapport aux promesses les plus sociales qui avaient pu &#234;tre faites par le pass&#233;. Les deux reculs suivant avaient trait au jeu institutionnel du r&#233;gime grec. Tsipras a pr&#233;f&#233;r&#233; former une coalition contre-nature avec les Grecs Ind&#233;p&#234;ndants, un parti de droite dure, souverainiste, anti-ouvrier et x&#233;nophobe (hypoth&#232;se prise en consid&#233;ration depuis au moins deux ans, &#227; travers la multiplication de rencontres bilat&#233;rales), plut&#244;t que de constituer un gouvernement minoritaire ou d'appeler &#227; de nouvelles &#233;lections. Dans les deux cas, y compris du point de vue de Syriza, cela d&#233;note une profonde d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de la capacit&#233; de mobilisation des classes populaires en soutien aux propositions port&#233;es. La troisi&#232;me reculade a eu trait &#224; l'&#233;lection du pr&#233;sident, une charge honorifique mais importante qui &#233;choit traditionnellement &#227; un membre du premier parti politique d'opposition. l&#224; aussi, et contre l'avis de sa propre aile gauche et de personnalit&#233;s respect&#233;es de la gauche grecque, tel que l'ancien r&#233;sistant Manolis Glezos, Tsipras a promu la candidature de Prokopis Pavlopoulos, ex-Commissaire europ&#233;en et surtout ancien ministre de l'Int&#233;rieur et de la s&#233;curit&#233; pendant les &#233;meutes de 2008 &#224; la suite de l'assassinat par la police du jeune lyc&#233;en Alekos Grigoropoulos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement grec renforce son assise, en d&#233;pit de la volte-face&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action de la base &#233;lectorale du gouvernement et, plus largement, des milieux populaires grecs, est sans commune mesure avec la lev&#233;e de bouclier que les reculades de Tsipras et de ses partisans ont soulev&#233; au sein m&#234;me de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on concordante, les sondages indiquent que 68% de la population appuie la d&#233;marche du gouvernement aupr&#232;s de l'Eurogroupe (un chiffre qui monterait &#227; 85% au sein de l'&#233;lectorat de Syriza, voire 67% pour ceux du KKE, pourtant anti-UE) et 23% seulement la d&#233;sapprouveraient. Tsipras b&#233;n&#233;ficie, par ailleurs, d'un taux de popularit&#233; de 48%, soit dix points de plus que fin janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation indique combien la d&#233;mobilisation sociale, apr&#232;s la s&#233;quence de luttes et de gr&#232;ves des ann&#233;es 2008-2012 a pu &#234;tre forte. Ce recul, qui n'a rien de permanent, s'explique par la duret&#233; des coups qui ont &#233;t&#233; port&#233;s aux classes populaires et qui ont consid&#233;rablement affaibli leur capacit&#233; de r&#233;action, en absence de projet alternatif et non institutionnel de renversement des politiques aust&#233;ritaires. La situation actuelle, cependant, ne pr&#233;juge pas de l'&#233;volution de l'&#233;tat d'esprit de ces m&#234;mes secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsipras dit avoir gagn&#233; du temps pour commencer &#227; mettre en &#339;uvre ses &#171; politiques humanitaires &#187;, et son ministre de l'&#233;conomie d&#233;clare transformer, &#224; la Vouli, les &#171; promesses &#233;lectorales et les slogans des manifestants en textes de loi &#187;. Cependant, l'ex&#233;cutif va rapidement devoir rendre des comptes &#224; l'issue des quatre mois conc&#233;d&#233;s par Bruxelles et il est probable qu'une nouvelle man&#339;uvre dilatoire, aupr&#232;s des partenaires europ&#233;ens mais, surtout, aupr&#232;s de la base sociale de Syriza, ne lui sera pas permise. Reste &#227; savoir maintenant si cela se traduira par une d&#233;saffection politique qui se portera vers la droite ou, &#224; l'inverse, par un regain de l'initiative et des pratiques de luttes sociales et ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Col&#232;re au sein de Syriza mais faiblesse des mobilisations &#224; la suite des accords du 23 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, le positionnement de l'arc des organisations ou segments d'organisation oppos&#233;s &#224; la capitulation de Tsipras sera essentiel pour penser la capacit&#233; du monde du travail grec et de la jeunesse &#227; r&#233;agir sans se tromper d'ennemi ni de combat (quoique les &#233;lections de janvier n'aient pas renforc&#233; la droite dure, pr&#233;sente au gouvernement, ni les fascistes d'Aube Dor&#233;e, qui ont cependant maintenu des scores importants dans leurs bastions). C'est ce qui leur permettra, surtout, de trouver des perspectives et des d&#233;bouch&#233;s politiques en cas de retour sur le devant de la sc&#232;ne des mobilisations, &#224; la diff&#233;rence de la s&#233;quence pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de Syriza, la &#171; Plateforme de Gauche &#187;, anim&#233;e par Lafazanis, ministre des Infrastructures, ainsi que la Plateforme Communiste (TMI), ont fait entendre leur voix, &#224; la fois lors du Comit&#233; Central des 28 f&#233;vrier-1er mars comme lors de la r&#233;union houleuse du groupe parlementaire de Syriza par Tsipras apr&#232;s l'envoi par le gouvernement du texte d'accord. Tasos Koronakis, le candidat de Tsipras, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu &#224; la t&#234;te de Syriza, mais 41% du CC du parti a vot&#233; contre l'accord pass&#233; avec Bruxelles. Sans que l'on sache, en d&#233;pit des fuites, le niveau de bronca existant au sein du groupe parlementaire de Syriza, jusqu'&#224; 70 d&#233;put&#233;s (soit pr&#232;s de la moiti&#233; des 149 &#233;lus &#224; la Vouli) auraient protest&#233;, &#233;galement, contre le texte du 23 f&#233;vrier. Cependant, &#224; l'image de ce qui pouvait se passer au d&#233;but des ann&#233;es 1980 au sein de l'aile gauche du PASOK, les oppositionnels critiquent avec virulence, mais, en derni&#232;re instance, par discipline, assurent leur pr&#233;sence lors des votes au Parlement et refusent de rompre avec Tsipras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la seconde des forces les plus importantes de la gauche hellenique, &#227; savoir le KKE, la direction communiste grecque poursuit son orientation sectaire du point de vue des mobilisations. Le KKE a ainsi refus&#233; de construire un large front unique de l'ensemble des secteurs militants oppos&#233;s aux reculades de Tsipras d&#232;s le 24 f&#233;vrier, appelant, de son c&#244;t&#233;, &#227; des rassemblements le vendredi 27. Le KKE poursuit, sur le plan politique, la logique de division des forces contestataires qu'il pratique sur le terrain syndical &#227; travers son courant PAME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant sur la base d'une telle unit&#233; d'action qu'il serait possible d'&#233;baucher une alternative aux renonciations qui pourraient &#234;tre tr&#232;s lourdes de cons&#233;quences, sur le plan objectif comme subjectif, si rien ne se profilait en termes de luttes et de d&#233;bouch&#233; politique anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, c'est un fait que les mobilisations des 24 f&#233;vrier, appel&#233;es par la gauche extra-parlementaire, et celles du 28 f&#233;vrier, convoqu&#233;es par le KKE, n'ont mobilis&#233; que quelques milliers de personnes dans tout le pays. C'est un autre t&#233;moignage du degr&#233; d'appui, du moins passif, dont jouit Tsipras actuellement. Cette mise entre parenth&#232;se de la radicalit&#233; de rue, aujourd'hui fragment&#233;e, et cette faiblesse de l'opposition &#227; Tsipras sont pourtant la clef de voute de la capacit&#233; d'une potentielle relance des mobilisations. C'est &#227; cela que doivent travailler les r&#233;volutionnaires, en toute ind&#233;pendance politique et organisationnelle de Syriza, et c'est leur combat que nous devons, ici, relayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, plus que jamais, du c&#244;t&#233; du peuple grec, contre Hollande, Macron et les banquiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression m&#233;diatique et dans une logique d'adaptation id&#233;ologique court-termiste (m&#234;me si elle se veut sous-tendue par une analyse strat&#233;gique de la phase actuelle), certains camarades se r&#233;f&#233;rant &#224; la P1 dans le NPA ont voulu faire des courants comme Syriza ou Podemos des &#171; nouveaux r&#233;formismes &#187; et, parfois, dans le cas d'Olivier Besancenot, des structures &#171; post-parti &#187; (l'instar de la formation de Pablo Iglesias), des mod&#232;les &#227; suivre. Ces &#171; nouveaux r&#233;formismes &#187;, dont la sp&#233;cificit&#233; seraient qu'ils n'auraient pas partie li&#233;e au vieux mouvement ouvrier, seraient moins ossifi&#233;s, plus perm&#233;ables aux pressions et, par cons&#233;quents, susceptibles d'&#234;tre des acc&#233;l&#233;rateurs de rupture avec le syst&#232;me. C'est, en substance, ce qu'&#233;crit Fran&#231;ois Sabado dans son dernier article de fin janvier, &#171; La fin d'une &#233;poque &#187;, publi&#233; dans Contretemps &#224; la veille de notre dernier Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les exp&#233;riences de Syriza et Podemos, hors gauche traditionnelle, expriment &#233;galement le potentiel de r&#233;organisation politique contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; &#187;, y affirme Sabado. C'est tr&#232;s loin d'&#234;tre le cas. Il &#233;tait d&#233;j&#224; possible d'en avoir la certitude apr&#232;s la victoire de Syriza aux &#233;lections en Attique, la principale r&#233;gion de Gr&#232;ce. Les gages de bonne conduite qui y ont &#233;t&#233; donn&#233;s par R&#233;na Dourou, proche de Tsipras, de m&#234;me que les critiques ayant rapidement fait surface quant &#227; son style extr&#234;mement dirigiste, montraient d&#233;j&#224; &#227; quel point Syriza n'est en rien un &#171; nouveau &#187; r&#233;formisme qui faciliterait de possibles ruptures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on beaucoup plus classique, car la p&#233;riode internationale que nous traversons l'est &#233;galement, une p&#233;riode faite d'accentuation des tensions internationales en g&#233;n&#233;ral et inter-imp&#233;rialistes &#233;galement, de crise &#233;conomique profonde et de processus r&#233;volutionnaires longs, faits de flux et reflux, la Gr&#232;ce r&#233;v&#232;le combien le r&#244;le des r&#233;volutionnaires internationalistes est double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, tout en d&#233;non&#231;ant les pressions imp&#233;rialistes qui pr&#233;tendaient pouvoir passer outre les d&#233;cisions d&#233;mocratiques prises fin janvier, nous devons nous situer r&#233;solument du c&#244;t&#233; du peuple grec contre ses ennemis, notamment ext&#233;rieurs, non seulement &#227; Bruxelles mais &#233;galement ici, en France, dans la mesure o&#249; la Commission n'est que l'&#233;manation-coordination des diff&#233;rentes bourgeoisies imp&#233;rialistes europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'implique en aucun cas de se situer en soutien &#227; Tsipras. Confondre soutien au peuple grec, soutien &#227; Syriza et soutien &#227; Tsipras impliquerait, au bas mot, alimenter des illusions selon lesquelles le r&#233;formisme, le plus &#233;cul&#233; comme le plus pr&#233;tendument nouveau, est une &#233;tape incontournable dans le d&#233;veloppement des affrontements n&#233;cessaires qu'il faudra mener pour transformer le rapport de force, qui reste, aujourd'hui, d&#233;favorable &#227; notre classe &#224; l'&#233;chelle mondiale et en Europe en particulier. Le r&#233;formisme, en effet, est un instrument de d&#233;compression politique et social auquel les secteurs les plus lucides de la bourgeoisie sont capables d'avoir recours lorsque cela leur convient. Dans un autre cas de figure, le soutien &#227; Tsipras en lieu et place d'appui au peuple grec sert de tremplin &#224; la reconstruction, en France, &#227; travers les &#171; Chantiers de l'espoir &#187; qui sont n&#233;s dans le sillage du meeting de la salle Japy du 19 janvier, d'une &#171; Gauche plurielle &#187; bis, dont le centre de gravit&#233; serait plus ou moins aubryste, plus ou moins &#233;colo ou plus ou moins m&#233;lenchonien, et dont l'extr&#234;me gauche serait appel&#233; &#227; n'&#234;tre une b&#233;quille, r&#244;le que certains sont pr&#234;ts &#227; accepter, voire ont d&#233;j&#224; accept&#233;, en rentrant au Front de Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique anticapitaliste et r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis des enjeux actuels en Gr&#232;ce suppose que le NPA d&#233;veloppe dans les prochains mois une r&#233;elle campagne internationaliste de soutien aux luttes et aux mobilisations du peuple grec, de m&#234;me que pour l'annulation des 42 milliards de dette contract&#233;e par la Gr&#232;ce aupr&#232;s de cr&#233;diteurs fran&#231;ais, publics comme priv&#233;s. C'est la seule voie, par ailleurs, pour d&#233;masquer compl&#232;tement le jeu d'un Hollande ou d'un Renzi qui souhaiteraient s'appuyer sur les pressions exerc&#233;es par la Gr&#232;ce pour revoir &#224; la marge la coordination aust&#233;ritaire europ&#233;enne et pour renforcer leur orientation vis-&#224;-vis des options merk&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la meilleure voie pour pr&#233;parer et renforcer le parti en tant que sujet autonome, capable d'&#234;tre &#224; l'initiative de front uniques de mobilisation, de fa&#231;on &#227; ce que les r&#233;volutionnaires puissent construire, dans les mois &#227; venir, un discours radicalement anti-syst&#232;me qui soit audible et n'apparaisse pas comme la version gauchie des projets port&#233;s par les partisans, en derni&#232;re instance, des compromissions voire des reculades. Ces le&#231;ons grecques, par ailleurs, valent &#233;galement, dans un cadre analytique qui sera &#227; d&#233;velopper, pour la situation que conna&#238;t l'Etat espagnol o&#249; Podemos s'appr&#234;te &#227; arriver en premi&#232;re place, voire &#227; remporter les scrutins &#233;lectoraux du printemps et de l'automne &#227; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;06/03/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Frondeurs, protestataires et m&#233;contents : cuisine parlementaire et tambouille politicienne </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
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		<dc:subject>Francia : La construcci&#243;n una izquieda obrera y revolucionaria en el NPA</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A droite, le retour &#171; officiel &#187; de Sarkozy nous pr&#233;pare une bonne vieille guerre des chefs. Ce n'est pas sans rassurer Hollande et Valls, dans un sens : une fa&#231;on d'oublier leurs soucis avec la gauche de leur majorit&#233; ; des soucis tr&#232;s relatifs, par ailleurs, car de l'autre c&#244;t&#233; de l'&#233;chiquier politique, les &#171; frondeurs &#187;, les saillies de Martine Aubry et les vell&#233;it&#233;s, &#224; la gauche du gouvernement, de mettre sur pied une nouvelle majorit&#233; rose-rouge-verte ou de nouveaux attelages politiques VI&#232;me r&#233;publicains nous r&#233;servent tout autant que Sarko des plats r&#233;chauff&#233;s dont on a d&#233;j&#224; go&#251;t&#233; de par le pass&#233;. Mais pour se pr&#233;parer au combat dont nous avons besoin, la &#171; gauche de la gauche &#187; ou la gauche de gouvernement ne nous sont pas d'une grande utilit&#233;, bien au contraire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton8544-74c59.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;A droite, le retour &#171; officiel &#187; de Sarkozy nous pr&#233;pare une bonne vieille guerre des chefs. Ce n'est pas sans rassurer Hollande et Valls, dans un sens : une fa&#231;on d'oublier leurs soucis avec la gauche de leur majorit&#233; ; des soucis tr&#232;s relatifs, par ailleurs, car de l'autre c&#244;t&#233; de l'&#233;chiquier politique, les &#171; frondeurs &#187;, les saillies de Martine Aubry et les vell&#233;it&#233;s, &#224; la gauche du gouvernement, de mettre sur pied une nouvelle majorit&#233; rose-rouge-verte ou de nouveaux attelages politiques VI&#232;me r&#233;publicains nous r&#233;servent tout autant que Sarko des plats r&#233;chauff&#233;s dont on a d&#233;j&#224; go&#251;t&#233; de par le pass&#233;. Mais pour se pr&#233;parer au combat dont nous avons besoin, la &#171; gauche de la gauche &#187; ou la gauche de gouvernement ne nous sont pas d'une grande utilit&#233;, bien au contraire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a bien quelque chose qu'il faut prendre au s&#233;rieux chez les frondeurs du PS, ce n'est pas tant leur d&#233;termination politique que ce qu'ils refl&#232;tent. C'est en effet la premi&#232;re fois depuis les gouvernements Rocard, Cresson puis B&#233;r&#233;govoy entre 1988 et 1993, qu'un premier ministre socialiste ne dispose que d'une majorit&#233; relative &#224; l'Assembl&#233;e, non pas en raison d'&#233;lections l&#233;gislatives adverses que d'une majorit&#233; fragment&#233;e. Le r&#233;gime V&#232;me r&#233;publicain, cens&#233; donner une forte assise aux gouvernements en place en leur &#233;vitant d'avoir &#227; subir les al&#233;as de majorit&#233;s parlementaires mouvantes, comme sous la III&#232;me ou la IV&#232;me, commence &#227; faire eau, et la nomination de l'ex-premier flic de France &#227; Matignon n'y changera rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abstention et mascarade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue politicien, en revanche, les d&#233;s &#233;taient pip&#233;s d'avance et Valls savait d'entr&#233;e de jeu que ces grands turbulents que sont les frondeurs allaient simplement s'abstenir, se gardant bien de mettre en danger son gouvernement. La recette est vieille comme l'Union de la gauche, puisque c'est ce que pratiquaient les d&#233;put&#233;s communistes sous Mitterrand apr&#232;s 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, et c'est int&#233;ressant, une partie des d&#233;put&#233;s PS, class&#233;s &#171; &#227; gauche &#187; dans la presse sans que cela ne veuille dire grand-chose en derni&#232;re instance, commencent &#227; juger que leur propre survie politique est plus compromise par la politique actuelle du gouvernement que par la cacophonie qu'ils peuvent produire. Cette situation de nervosit&#233;, qui t&#233;moigne de la crainte de ces Messieurs et Dames de se prendre une racl&#233;e en cas d'&#233;lections, anticip&#233;es ou non, les m&#232;ne &#227; essayer de se d&#233;marquer de Valls-Hollande pour tenter de faire bonne figure aupr&#232;s de leurs &#233;lecteurs ou de feindre d'avoir &#171; arrach&#233; &#187; des concessions de gauche. Il n'est pas certain, cependant, que les annonces gouvernementales d'augmenter les petites pensions de moins de 1200 euros mensuelles de 40 euros annuels, de porter le Minimum vieillesse de 792 &#227; 800 euros, ou la promesse de supprimer la premi&#232;re tranche de l'imp&#244;t sur le revenu pour les m&#233;nages modestes suffisent &#227; faire revenir vers les socialistes des &#233;lecteurs d&#233;gout&#233;s. Ces modifications &#224; la marge (la veille d'une loi de finance qui promet de nouvelle coupes) et la crainte de perdre leur train-de-vie actuel ont suffit en tout cas pour faire revenir &#224; la raison des &#171; frondeurs &#187; qui vont continuer leur petite gu&#233;guerre sans rien remettre en cause sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#234;te de l'Huma : &#171; vive les frondeurs &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui rend encore plus illusoire la ligne actuelle du PCF, un coup invit&#233; &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; du PS &#227; La Rochelle avec les &#233;colos et les radicaux pour parler de l'union de la gauche, invitant &#227; son tour &#224; la F&#234;te de l'Huma les d&#233;put&#233;s frondeurs pour causer de ce qui serait une union &#171; vraiment &#227; gauche &#187;, tout ce petit monde a les yeux riv&#233;s sur de nouvelles combinaisons parlementaires, assez peu probables au jour d'aujourd'hui, qui pourraient accoucher d'un hypoth&#233;tique gouvernement rose-rouge-vert. Patrick Le Hyaric a d&#233;clar&#233; en cl&#244;ture de la F&#234;te de l'Huma que la gauche &#233;tait &#171; malade [et avait organis&#233;] la liquidation apr&#232;s-vente du discours du Bourget de la guerre &#224; la finance &#187;. Les promesses, comme disait Pasqua, n'engage que ceux qui les re&#231;oivent et ceux qui font mine d'y croire. Le PCF continue &#227; penser, apr&#232;s le programme commun de 1972 qui a servi &#227; Mitterrand pour se mettre le pied &#224; l'&#233;trier de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, apr&#232;s l'exp&#233;rience d&#233;sastreuse d'Union de la gauche entre 1981 et 1984 et celle de la Gauche plurielle entre 1997 et 2002, qu'une &#171; gauche bis &#187;, avec une Martine Aubry &#227; Matignon ou des communistes pourvus de maroquins minist&#233;riels changeraient quelque chose &#224; la situation actuelle. Cela changerait surement quelque chose aux finances du parti, mais rien pour les classes populaires. Aubry le dit en priv&#233; par ailleurs : &#171; les objectifs de Valls sont bons, c'est la m&#233;thode qui est &#227; changer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lenchon &#224; la recherche d'une nouvelle politique. Sera-t-elle plus correcte que par le pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'on parle d'Aubry, passons maintenant &#227; M&#233;lenchon, qui a &#233;t&#233; son coll&#232;gue entre 2000 et 2002 sous Jospin, le premier ministre qui a privatis&#233; plus que la droite ne l'avait fait auparavant, celui des lois de flexibilisation du march&#233; du travail sous couvert de 35 heures et des interventions imp&#233;rialistes contre la Serbie-Kosovo en 1999 et contre l'Afghanistan en 2001. Echaud&#233; par les mauvais coups des apparatchiks du PCF qui ont coll&#233; aux basques du PS pour les municipales du printemps dernier, l'apparatchik du Parti de Gauche a d&#233;cid&#233; de se retirer de la copr&#233;sidence du Front de Gauche qui, de toute fa&#231;on, n'existe plus que sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lenchon, donc, reprend son antienne sur la VI&#232;me R&#233;publique et, attir&#233; par les scores de Podemos de l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es, dit vouloir cr&#233;er un mouvement du m&#234;me type en France. Sur la VI&#232;me R&#233;publique, le probl&#232;me n'est pas une question de num&#233;ration mais de contenu de classe. Certes, la R&#233;publique gaulliste est un r&#233;gime antid&#233;mocratique et monarchisant, mais reste &#227; savoir si on la remplacera par un r&#233;gime r&#233;publicain repl&#224;&#162;tr&#233; ou si on entend combattre pour une d&#233;mocratie plus large pour tou-te-s les travailleur-euse-s et jeunes de l'Hexagone, quels que soient leurs papiers, ce qui faciliterait la lutte pour en finir avec la toute puissance du patronat et pas simplement &#171; le pouvoir de la finance &#187;. Sur la question d'un &#171; Podemos &#227; bonnet phrygien &#187;, version fran&#231;aise de la formation espagnole, la question repose d'une part sur les limites de ce nouvel avatar de la &#171; gauche de la gauche r&#233;formiste &#187;, comme l'a &#233;t&#233; &#227; une &#233;poque Syriza [mettre en r&#233;f. L'article de Seb et le dernier article de Phil sur Syriza au gouvernement provincial dans l'Attique]. L'autre probl&#232;me, mais pour M&#233;lenchon, cette fois-ci, c'est qu'il n'a pas exist&#233; un France de mouvement comparable &#227; celui des Indign&#233;s et qui donnerait une base r&#233;elle au nouveau projet m&#233;lenchonien. D'autre part, quand explosion il y a eu, comme en Bretagne, l'automne dernier, le s&#233;nateur du PG s'est retrouv&#233; avec la bureaucratie syndicale, &#227; Carhaix, en soutien au gouvernement, au lieu de manifester avec les travailleurs et la population en col&#232;re, &#227; Quimper. Au S&#233;nat, avant les cong&#233;s d'&#233;t&#233;, les &#171; amis &#187; communistes de M&#233;lenchon ont jou&#233; peu ou prou le m&#234;me r&#244;le au cours de la gr&#232;ve de la SNCF, demandant aux cheminots de revenir &#231;&#224; la raison. Les vell&#233;it&#233;s de Melenchon de se poser en &#171; r&#233;novateur &#187; de la politique hexagonale finissent l&#224; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre l'aust&#233;rit&#233; ou contre le gouvernement &#171; de gauche &#187; ? Quel mouvement du monde du travail et de la jeunesse pour faire reculer Hollande-Valls-Macron ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les courants qui gravitent ou qui gravitaient autour du Front de Gauche entendent apporter leur pierre &#224; l'&#233;difice de cette nouvelle reconfiguration politicienne de la gauche de la gauche. Participer &#224; l'organisation la plus large et unitaire possible d'une riposte de l'ensemble du monde du travail et de la jeunesse contre les attaques du gouvernement, les licenciements et la r&#233;pression ? Aucunement. L'id&#233;e serait de transformer le Collectif du 12 avril et du &#171; Collectif 3A &#187; ou Collectif Anti-Aust&#233;rit&#233;. [mettre les articles / txt du dossier NPA]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris : loin d'&#234;tre un outil pour la lutte, ce collectif est le cadre d'un rassemblement organique et permanent d&#233;fendant un programme anti-n&#233;olib&#233;ral qui serait le lieu, pour certain, de possibles lancements de candidatures &#233;lectorales ou de tambouille politicienne pour constituer, dans le cadre de cette r&#233;publique ou d'une autre, une force rassemblant la gauche radicale et la gauche mod&#233;r&#233;e &#171; vraiment &#227; gauche &#187; dans une logique, en derni&#232;re instance, front-populiste. Au lieu de lutter pour un v&#233;ritable front unique ouvrier de l'ensemble des organisations syndicales et politiques dispos&#233;es &#227; avancer dans la lutte contre la politique pro-Medef du gouvernement, la direction du NPA fait office de caution de gauche de ce nouveau cartel d'organisations. M&#233;langeant les drapeaux de l'anticapitalisme &#227; ceux de l'anti-n&#233;olib&#233;ralisme, la direction du NPA troque le cadre n&#233;cessaire de ce qui devrait &#234;tre l'unit&#233; d'action en vue de la mobilisation des masses et la liquidation de notre propre programme derri&#232;re les alliances politiques avec les r&#233;formistes. Que la direction du NPA soit de cette logique ne peut que desservir les int&#233;r&#234;ts politiques du monde du travail et de la jeunesse. S'il y a un mouvement large &#227; construire, pour pr&#233;parer la contre-offensive, il ne saurait &#234;tre pens&#233; pour &#234;tre compatible avec des combinaisons politiciennes mais devrait na&#238;tre sur des bases claires, contre la politique du gouvernement, contre le Pacte de Responsabilit&#233;, contre les licenciements, pour les salaires et le pouvoir d'achat et contre les aventures militaires de l'Elys&#233;e, car seul un v&#233;ritable mouvement de classe fera reculer les Hollande, les Valls et les Macron, seul un v&#233;ritable mouvement de classe permettra d'&#233;viter qu'un Sarkozy ou qu'une Le Pen ne soient vus comme la moins mauvaise des solutions face &#224; l'&#233;c&#339;urement ressentie par les classes populaires au vu de ces deux ann&#233;es de pr&#233;sidence socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26/09/14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Il faut un p&#244;le ouvrier et populaire, ind&#233;pendant et antibureaucratique pour continuer le combat contre les licenciements en Bretagne</title>
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		<dc:date>2013-12-01T00:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Patrick Clech</dc:creator>


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		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Christian Troadec et les autres porte-paroles autoproclam&#233;s des Bonnets Rouges bretons ont r&#233;ussi leur pari.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Bretagne" rel="tag"&gt;Bretagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7295-163b4.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christian Troadec et les autres porte-paroles autoproclam&#233;s des Bonnets Rouges bretons ont r&#233;ussi leur pari. A l'appel, dans leur grande majorit&#233;, d'organisation culturelles et politiques bretonnes, avec en arri&#232;re-fond le patronat du secteur agricole (FDSEA 29) et la CGPME des C&#244;tes d'Armor, le rassemblement de Carhaix du 30 novembre a rassembl&#233; plus de monde encore qu'&#224; Quimper en d&#233;but de mois et largement plus que lors des manifestations syndicales du 23 r&#233;clamant &#171; un volet social &#187; au &#171; Pacte d'avenir pour la Bretagne &#187; du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai rencontr&#233; ce matin, pr&#233;s de la haie de mon champ&#8230; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres ne concordent pas mais tant la pr&#233;fecture que les organisateurs donnent une participation plus &#233;lev&#233;e que le 2 novembre, avec 20.000 personnes selon Ouest France. Pour ceux qui connaissent le site des vieilles charrues, il &#233;tait en effet noir de monde. Quels que soient les calculs que l'on reprend, il s'agit de chiffres consid&#233;rables pour le Centre-Bretagne, m&#234;me si le rassemblement a drain&#233; au-del&#224; du Finist&#232;re et des C&#244;te d'Armor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sc&#232;ne, les artistes bretons se sont succ&#233;d&#233;s, laissant place, par la suite, aux discours. Gilles Servat a bien entendu repris &#171; La Blanche Hermine &#187;, entonn&#233;e en ch&#339;ur par le public. Mais &#171; pr&#233;s de la haie &#187; du champ du site de Kerampuil il n'y avait pas que &#171; des marins, des ouvriers et des paysans &#187;, mais aussi des patrons, petits et gros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; des politiciens et des patrons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant un public tr&#232;s majoritairement populaire, venu en famille, c'est Troadec qui en ouverture a le mieux r&#233;sum&#233; l'orientation que le Collectif des Bonnets Rouges tente de donner &#224; la col&#232;re dont le Finist&#232;re a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre ces derni&#232;res semaines : &#171; Demat d'an holl. Nous sommes plus nombreux qu'&#224; Quimper. Entre 30 000 et 35 000. Nous voulons que les routes restent gratuites en Bretagne. Nous voulons une soci&#233;t&#233; de solidarit&#233;. Notre &#233;conomie doit &#233;voluer mais dans un cadre harmonieux. Il faut jeter le carcan jacobin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit-l&#224; les traits de fabrique &#171; made in Breizh &#187; du chef d'entreprise Troadec, dirigeant du petit Mouvement Bretagne et Progr&#232;s et qui joue sur tous les tableaux : avec ses amis les patrons et en fonction de ses pr&#233;tentions &#233;lectorales, en vue des municipales du printemps prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours que continuent &#227; tenir les organisateurs des Bonnets Rouges devant une foule nombreuse et tr&#232;s largement issue des couches populaires bretonnes est tout aussi confus et polyclassiste qu'&#224; Quimper. Mais la diff&#233;rence par rapport aux mobilisations ant&#233;rieures, c'est que le Collectif des Bonnets Rouges &#227; tout fait pour, cette fois-ci, mobiliser &#171; &#227; froid &#187; et pour d&#233;localiser le rassemblement loin des lieux de pouvoir et de d&#233;cision politiques et &#233;conomiques, afin d'&#233;viter tout d&#233;bordement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;gionalisme de contrebande m&#226;tin&#233; de conciliation de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise est loin d'&#234;tre finie en Bretagne et que les plans sociaux sont encore sur la table dans les bureaux des patrons, parler de &#171; cadre harmonieux &#187; et jeter la faute &#227; Paris, ou encore de &#171; solidarit&#233; &#187; en continuant &#227; m&#233;nager le patronat local, voil&#224; qui est non seulement parfaitement utopique (en plus d'&#234;tre r&#233;actionnaire), mais qui fleure bon l'op&#233;ration politicienne de r&#233;gionalistes. L'enjeu pour Troadec, Thierry Merret, de la FDSEA, et leurs acolytes, c'est de refroidir la col&#232;re sociale mais, au passage, d'en chevaucher le d&#233;but de dynamique pour mieux peser sur la sc&#232;ne bourgeoise r&#233;gionale, qu'elle soit politique, &#233;lectorale ou &#233;conomique, au sein des chambres de commerce et d'industrie et du mouvement coop&#233;ratif agricole des gros exploitants. Vieilles recettes pour un projet &#233;cul&#233; et qui a montr&#233; sa faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limites du r&#233;gionalisme r&#233;formiste : le cas d'Esquerra Republicana en Catalogne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y compris l&#224; o&#249; le sentiment national est encore plus fort, voire majoritaire, comme en Catalogne Sud, l'ensemble des politiciens r&#233;formistes, m&#234;me plus radicaux que Troadec, finissent toujours par oublier leurs discours &#171; de gauche &#187; et par se subordonner &#224; la bourgeoisie locale, plus ou moins autonomiste et r&#233;gionaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas aujourd'hui d'Esquerra Republicana Catalana (ERC), anciennement class&#233;e comme &#171; gauche radicale catalane ind&#233;pendantiste &#187; et qui si&#232;ge aujourd'hui avec la majorit&#233; (centre-droit) qui est &#224; la t&#234;te de la Generalitat de Catalogne, aux c&#244;t&#233;s d'Artur Mas. C'est cette majorit&#233; qui applique les m&#234;mes plans d'aust&#233;rit&#233; et qui couvre les m&#234;mes plans sociaux que dans le reste de l'Etat espagnol. Le cas de la lutte des ouvriers de Panrico, &#227; Santa Perp&#232;tua, pr&#233;s de Barcelone, est assez r&#233;v&#233;lateur &#227; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ERC a attendu des ann&#233;es avant de sortir du bois et assumer pleinement son projet bourgeois, en laissant de c&#244;t&#233; toute r&#233;f&#233;rence un tant soit peu radicale au r&#233;formisme social. Troadec et le Mouvement Bretagne et Progr&#232;s se placent d'entr&#233;e de jeu sur le terrain du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Volet social &#187; ou &#171; r&#233;gional &#187; : deux projets bourgeois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au rassemblement de Carhaix, on trouve les bureaucraties syndicales qui ont qu&#233;mand&#233; au gouvernement un &#171; volet social &#187; &#227; son &#171; Pacte d'Avenir pour la Bretagne &#187;, un plan fait de subsides destin&#233;es au patronat pour prendre le relais des aides bruxelloises. C'&#233;tait l'enjeu des quatre manifestations bretonnes du 23 novembre et une des raisons principales expliquant pourquoi elles n'ont que si faiblement mobilis&#233;. Jean-Marc Ayrault, de son c&#244;t&#233;, est tout heureux de pouvoir disposer d'interlocuteurs et ne se cache pas de vouloir faire adopter au plus vite le &#171; Pacte &#187;. Par del&#224; le coup m&#233;diatique cependant, il y a fort &#227; parier que le fait de mettre sur le papier deux ou trois promesses et faire un gros ch&#232;que aux patrons ne fera pas oublier aux travailleurs et aux jeunes la situation dramatique que traverse la Bretagne. On peut donc penser que les mobilisations sont loin d'&#234;tre finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les deux projets, l'un &#171; jacobin &#187;, pour reprendre le lexique des r&#233;gionaliste, et l'autre &#171; bretonnant &#187;, celui de Troadec et ses amis, sont tout aussi bourgeois l'un que l'autre. Mieux, ils se compl&#232;tent, car Troadec et Merret entendent bien peser, en derni&#232;re instance, dans les n&#233;gociations. Ils n'ont ni l'envie ni l'intention que la col&#232;re bretonne contre les licenciements et la crise ne d&#233;bouche sur une remise en cause des v&#233;ritables responsables de la situation et dont l'&#233;cotaxe (imp&#244;t injuste et aucunement &#233;cologiste, soit dit en passant) n'est aucunement la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construire un p&#244;le ouvrier et populaire, ind&#233;pendant et antibureaucratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre et jusqu'&#224; pr&#233;sent, le mouvement ouvrier, les travailleur-euse-s qui ont affront&#233; les gardes-mobiles sur les piquets de gr&#232;ve et &#227; Pont-de-Buis, celles et ceux qui veulent d&#233;fendre les emplois et vivre et travailler au pays sont comme pris entre deux feux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes le 30 novembre plusieurs centaines de travailleur-euse-s, de jeunes et de militant-e-s ont constitu&#233; &#227; Carhaix, &#224; l'appel des Collectifs pour l'emploi du centre Bretagne et de Brest, un p&#244;le ouvrier, pr&#233;s de la gare &#227; 13h, avant de rejoindre Kerampuil. Avec des d&#233;l&#233;gations de Gad, de Marine-Harvest, de Tilly-Sabco, de la CGT Marins du Grand Ouest, du Syndicat des Travailleurs Bretons, de Breizhistance et du NPA 29, le mot d'ordre que l'on pouvait lire sur leur banderole &#233;tait on ne peut plus clair : &#171; d&#233;cider, vivre et travailler en Bretagne en interdisant les licenciements ! Frankiz, Labour, Bara ! [Libert&#233;, Travail, Pain !] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question, cependant, c'est que pour d&#233;fendre jusqu'au bout cette perspective, il faudrait un p&#244;le parfaitement ind&#233;pendant du patronat. Quoi qu'en dise Olivier Le Bras, le repr&#233;sentant FO de Gad, il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; &#171; les patrons du CAC 40 et les patrons avec des entreprises familiales [en Bretagne] qui d&#233;fendent les emplois &#187;. On l'a vu avec la famille Doux, on le voit avec la famille Peugeot : qu'elles soient &#227; capital familial ou anonyme, dans une entreprise les patrons (tous les patrons), d&#233;fendent leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un tel p&#244;le ne devrait pas &#234;tre seulement ouvrier et populaire, mais &#233;galement antibureaucratique. C'est le second aspect essentiel pour &#234;tre en capacit&#233; de tisser des liens avec les travailleurs qui souhaitent des perspectives autres que celles offertes par l'Intersyndicale bretonne et pour maintenir la plus compl&#232;te ind&#233;pendance par rapport au gouvernement et ses relais syndicaux qui, de tables rondes en n&#233;gociations, m&#232;nent le mouvement ouvrier dans le mur. La CFDT au niveau r&#233;gional aura beau jeu de &#171; d&#233;noncer la manipulation patronale des Bonnets Rouges &#187; aussi longtemps qu'un p&#244;le antibureaucratique n'aura pas vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est uniquement de cette fa&#231;on que l'aile marchante du mouvement breton, les Collectifs pour la sauvegarde de l'Emploi du Centre-Bretagne et de Brest pourront gagner en structuration et offrir une perspective pour en d&#233;coudre &#224; la fois contre les politiques parisiennes mais &#233;galement contre les patrons et les politiciens bourgeois locaux qui cherchent &#227; faire de la col&#232;re l&#233;gitime un tremplin pour leurs int&#233;r&#234;ts de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rajouter un &#171; volet social &#187; au &#171; Pacte pour l'avenir pour la Bretagne &#187;, c'est &#231;a la perspective ?</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/Rajouter-un-volet-social-au-Pacte-pour-l-avenir-pour-la-Bretagne-c-est-ca-la</link>
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		<dc:date>2013-11-25T00:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eliane Le Floch, Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Bretagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Samedi 23 novembre, c'&#233;tait &#227; nouveau journ&#233;e de mobilisation en Armorique. Bien moins nourries que le 2 novembre &#227; Quimper, les manifestations ont regroup&#233; 8.000 personnes qui ont d&#233;fil&#233; &#224; l'appel de l'Intersyndicale bretonne.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7297-d126f.jpg?1696134350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 23 novembre, c'&#233;tait &#227; nouveau journ&#233;e de mobilisation en Armorique. Bien moins nourries que le 2 novembre &#227; Quimper, les manifestations ont regroup&#233; 8.000 personnes qui ont d&#233;fil&#233; &#224; l'appel de l'Intersyndicale bretonne. Retour sur les raisons de cette mobilisation et les perspectives &#227; venir, non pas tant pour rajouter un volet soi-disant socialau &#171; Pacte d'avenir pour la Bretagne &#187; (et ses patrons, surtout), mais pour bloquer une bonne fois pour toutes la machine &#224; licencier, l'aust&#233;rit&#233; et les mauvais coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 23 novembre quatre manifestations simultan&#233;es organis&#233;es par l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, SUD, FSU ont rassembl&#233; environ 8000 personnes avec un peu moins d'un millier de personnes &#227; St-Brieuc, 1500 &#227; Lorient, 2500 &#227; Rennes et surtout 3000 &#227; Morlaix, sous-pr&#233;fecture du Finist&#232;re, le d&#233;partement le plus saign&#233; par la vague de licenciements et de fermetures de ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois semaines, la manifestation des Bonnets Rouges (et pas seulement) &#227; Quimper posait la question de l'&#233;cotaxe qui &#233;tait venue se surajouter &#227; celle des licenciements. Une partie des directions syndicales, dont la CGT, la FSU et Sud, ainsi que le Front de Gauche avaient d&#233;sert&#233; et appel&#233; le m&#234;me jour &#227; une manifestation &#227; Carhaix, unemobilisation qui dans le meilleur des cas pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#171; comme une manif bis, ou alors, dans le pire des sc&#233;narios, comme une manif de quasi soutien au gouvernement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; R&#233;solument du c&#244;t&#233; des travailleur-euse-s en lutte, pour un programme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date du 23 aurait pu &#234;tre l'occasion, en tout cas, de battre le fer tant qu'il est chaud, et de donner une suite aux mobilisations du 2 novembre, notamment celle de Quimper. Las.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre manifestations atomis&#233;es&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation devait &#234;tre au d&#233;part r&#233;gionale et concentr&#233;e sur Rennes. Elle a &#233;t&#233; par la suite segment&#233;e en quatre mobilisations, sur quatre villes diff&#233;rentes, pour soi-disant permettre au maximum de personnes d'y participer. Ce que visaient les directions syndicales, au vu du caract&#232;re explosif de la situation bretonne, c'&#233;tait surtout d'&#233;viter tout &#171; d&#233;bordement &#187; dont elles n'auraient pas la maitrise, comme lors de la gr&#232;ve des marins-p&#234;cheurs en 1994 et leur passage &#227; Rennes. Un scenario susceptible de se r&#233;p&#233;ter dans le contexte actuel breton si l'on a en t&#234;te les affrontements de Pont-de-Buis du 26 octobre, le ras-le-bol exprim&#233; largement &#227; Quimper la semaine suivante ou le fait que les portiques &#233;cotaxes encore debout dans la r&#233;gion sont pass&#233;s de 15&#8230; &#227; 9. Tout cela avait de quoi inqui&#233;ter les majorit&#233;s PS et leurs alli&#233;s du Conseil r&#233;gional, des Conseils g&#233;n&#233;raux et de la mairie de Rennes. On comprend que les centrales syndicales aient fait un geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui &#233;vitaient soigneusement de poser la question de l'interdiction des licenciements&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement s'&#233;tait empress&#233;, apr&#232;s le 2 novembre, de rameuter les &#171; partenaires sociaux &#187; &#227; Rennes pour discuter du lancement de son &#171; Plan d'avenir pour la Bretagne &#187;. Les directions syndicales, qui sont accourues, se sont content&#233;es de demander l'ajout d'un &#171; volet social &#187; &#227; ce plan d'aide au patronat. Elles ont donc &#233;galement utilis&#233; la manifestation du 23 pour relayer leur strat&#233;gie de &#171; dialogue &#187;. Alors que les plans sociaux sont encore sur la table, l'Intersyndicale exigeait seulement une rallonge de 15 millions au &#171; Pacte d'avenir &#187;, le fameux &#171; volet social &#187;, ne disant rien sur le contr&#244;le de ces fonds qui, s'ils sont d&#233;bloqu&#233;s, iront directement dans les poches du patronat.Rien non plus sur l'interdiction des licenciements, que l'appel de l'Intersyndicale d&#233;crit comme &#171; in&#233;vitables &#187;, alors que c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment ce qui est ressorti des prises de position les plus radicalis&#233;s des ouvriers en lutte du secteur agroalimentaire ces derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, FO, dont l'appareil est fortement influenc&#233; par le POI dans plusieurs d&#233;partements bretons et qui ne r&#233;clamait jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'une suspension des licenciements jusqu'en janvier, faisait partie de l'Intersyndicale dans un premier temps. Elle s'en est par la suite retir&#233;e, face &#224; la faiblesse de l'appel. Au niveau d&#233;partemental &#227; Rennes, FO &#233;tait tout de m&#234;me pr&#233;sente, ayant d&#233;clar&#233; manifester non pas en soutien au gouvernement &#227; travers le Pacte d'Avenir (sous-entendu comme l'Intersyndicale) mais &#171; uniquement contre les licenciements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui explique les raisons d'une mobilisation qui aurait pu &#234;tre bien sup&#233;rieure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'une telle atomisation, &#224; la fois g&#233;ographique et des organisations de salari&#233;s, &#233;tait donc loin de motiver quiconque. Ce que l'on a pu observer dans les manifs du 23, du coup, c'&#233;tait plut&#244;t la tactique du &#171; un militant, un drapeau &#187;&#8230; ce qui donne une mobilisation tr&#232;s color&#233;e mais n'emp&#234;che pas les ch&#244;meurs et futurs ch&#244;meurs de broyer du noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant &#227; ce niveau que l'on ait pu compter sur les doigts d'une main les cort&#232;ges des ouvriers en lutte ou qui ont &#233;t&#233; en lutte ces derni&#232;res semaines. Aucun de chez Tilly-Sabco, Gad ou Marine Harvest. A Rennes seuls des ouvriers de Zeiss, Parker et PSA &#233;taient pr&#233;sents. A Morlaix, un salari&#233; de Tilly-Sabco d&#233;guis&#233; en poulet &#233;tait l'unique repr&#233;sentant des boites mobilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif, pour les directions syndicales, &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de reprendre la main par rapport &#224; la col&#232;re ouvri&#232;re et populaire et canaliser le tout vers une logique de &#171; dialogue &#187; qui a eu les cons&#233;quences catastrophiques que l'on sait avec l'Accord National Interprofessionnel au printemps et la r&#233;forme des retraites de cet automne. C'est cette logique qui a jou&#233; &#227; plein, et non celle de donner des perspectives de mobilisation pour r&#233;pondre, du point de vue des salari&#233;s, des classes populaires et de la jeunesse, &#224; la situation que vit la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les &#171; Bonnets rouges &#187; dans tout &#231;a ? L'accord de Troadec dans le dos des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;j&#224; revenus, dans l'article tirant un premier bilan des affrontements et des mobilisations de Pont-de-Buis et Quimper&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, voir note 1.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur le Comit&#233; pour la d&#233;fense de l'emploi en Bretagne mis sur pied &#227; Carhaix qui a notamment soutenu les salari&#233;s de Marine Harvest lors de leur gr&#232;ve. Christian Troadec, maire de gauche de Carhaix, avait alors pass&#233; un accord sur un coin de table avec Thierry Merret, pr&#233;sident de la branche finist&#233;rienne de la FNSEA, le syndicat patronal des exploitants agricoles pour cr&#233;er le collectif &#171; Vivre, d&#233;cider et travailler en Bretagne &#187; a pris corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant de court le comit&#233; d&#233;j&#224; actif sur la question de l'emploi, l'accord Troadec-Merret a permis de faire passer en premi&#232;re ligne de la manifestation du 2 novembre &#227; Quimper la question de l'&#233;cotaxe au d&#233;triment de celle des licenciements. Les &#171; bonnets rouges &#187;, &#171; g&#233;n&#233;reusement &#187; distribu&#233;s par le patron d'Armor Lux &#227; Pont-de-Buis, permettaient de donner une unit&#233; &#227; ce collectif interclassiste et aux objectifs politiques flous m&#234;me si ce sont surtout les secteurs ouvriers, populaires et de la jenesse qui ont utilis&#233; le symbole dans le Finist&#232;re pour dire leur col&#232;re sociale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans le dos des travailleurs et pour ses int&#233;r&#234;ts de boutique que Troadec, figure de proue du courant r&#233;formiste r&#233;gionaliste Mouvement Bretagne et Progr&#232;s, maire de Carhaix et seul conseiller g&#233;n&#233;ral de gauche &#227; se situer en dehors de la majorit&#233; PS-Verts-UdB qui si&#232;ge &#227; Quimper, a donc conclu cet accord avec Merret . Il a aussi pu constater comment une telle orientation permettait &#224; la droite bretonne de faire ses choux gras du mouvement et &#227; certains secteurs patronaux d'en tirer profit pour faire oublier leur responsabilit&#233; directe dans la vague de licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'application de l'&#233;cotaxe ayant &#233;t&#233; suspendue, Troadec assure &#224; la radio que c'est &#227; nouveau le th&#232;me du maintien de l'emploi qui sera au c&#339;ur de la mobilisation appel&#233;e &#227; Carhaix le 30 novembre. Eni&#232;me volte-face du personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Bretagne, c'est l'Hexagone&#8230; Imposer, contre le dialogue social avec le gouvernement, un mouvement d'ensemble !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation dans l'Ouest de la France et particuli&#232;rement dans le Finist&#232;re est assez symptomatique de l'explosivit&#233; de la situation sociale hexagonale mais aussi des premi&#232;res difficult&#233;s des directions syndicales &#227; canaliser la col&#232;re comme elles l'ont fait au cours des luttes les plus importantes des deux derni&#232;res d&#233;cennies. Ayant perdu la main pendant quelques semaines, elles essayent aujourd'hui de la r&#233;cup&#233;rer en rejouant le jeu de la concertation que le gouvernement met en &#339;uvre depuis son &#233;lection et qui m&#232;ne les salari&#233;s dans l'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Hollande et Ayrault ont besoin de relancer le dialogue avec les syndicats pour &#233;pauler leur nouveau &#171; grand chantier fiscal &#187;, destin&#233; &#227; faire oublier tous les mauvais coups qui ont &#233;t&#233; distribu&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent en essayant de mettre en place une concertation qui a au moins le grand m&#233;rite, &#224; leurs yeux, de faire gagner du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, en Bretagne, un &#233;cueil d&#233;doubl&#233; par rapport &#227; ce qui se joue au niveau national. Plus sp&#233;cifiquement, si nous voulons avancer contre le rouleau-compresseur des licenciements et de l'aust&#233;rit&#233;, il faut que le mouvement ouvrier soit en capacit&#233; de s'imposer comme la force motrice des mobilisations, en parfaite ind&#233;pendance des syndicats patronaux locaux, qu'il s'agisse de la FNSEA, du Medef et de la CGPME. C'est la condition pour proposer des perspectives pour l'ensemble de la population laborieuse, que les coups ass&#233;n&#233;s par le gouvernement et la crise prennent &#224; la gorge, que ce soit du c&#244;t&#233; des petits artisans, des patrons-p&#234;cheurs, des petits commer&#231;ants et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, en Bretagne comme ailleurs, il faut que les secteurs en lutte et ceux qui les appuient soient en mesure d'imposer dans les mobilisations un agenda radicalement alternatif &#227; celui de la concertation et du dialogue que pr&#244;nent les directions syndicales et qui ne visent qu'&#224; n&#233;gocier les conditions dans lesquelles le Medef et le gouvernement veulent nous faire payer la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat continue &#227; faire tomber ses plans sociaux et la situation de l'emploi est de plus en plus dure. Il suffit de songer la situation que vivent les salari&#233;s deFagorbrandt, La Redoute, Goodyear, Kem One, TNT Express, PSA, EADS, Michelin ou encore de Mory-Ducros, la plus grosse faillite depuis douze ans.Mais du c&#244;t&#233; des salari&#233;s, le ras-le-bol et la col&#232;re sont aussi l&#224; . Si l'on ne veut pas que cette situation fasse le lit du repli et de la r&#233;signation pour le monde du travail, voire pire, que les classes populaires et la jeunesse soit instrumentalis&#233;e par l'extr&#234;me-droite, alors il faut que l'extr&#234;me-gauche prenne se responsabilit&#233;s et soit en capacit&#233; de proposer et de construire une politique de coordination des luttes, pour l'interdiction des licenciements, pour le partage du travail entre tous et la nationalisation sous contr&#244;le des travailleurs des entreprises qui licencient, un programme que ni &#171; la gauche de la gauche &#187; et encore moins les directions syndicales ne veulent d&#233;fendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; R&#233;solument du c&#244;t&#233; des travailleur-euse-s en lutte, pour un programme d'urgence, ouvrier et populaire pour la Bretagne ! &#187;, 09/11/13, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Resolument-du-cote-des-travailleur-euse-s-en-lutte-pour-un-programme-d-urgence-ouvrier-et-populaire-pour-la-Bretagne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Resolument-du-cote-des-travailleur-euse-s-en-lutte-pour-un-programme-d-urgence-ouvrier-et-populaire-pour-la-Bretagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, voir note 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A nous d'organiser la riposte aux attaques du Medef et au chantage patronal !</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/A-nous-d-organiser-la-riposte-aux-attaques-du-Medef-et-au-chantage-patronal</link>
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		<dc:date>2013-03-25T13:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Ma petite entreprise, elle ne conna&#238;t pas la &#8230; &#187; Le vieil adage des &#171; entrepreneurs-et-fiers-de-l'&#234;tre &#187; cadre de moins en moins avec la r&#233;alit&#233; au vue de la profondeur de la crise qui secoue le syst&#232;me capitaliste depuis 2008 et qui s'est install&#233;e pour durer.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3462 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L500xH288/arton431-237d2.jpg?1702638476' width='500' height='288' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Jean-Patrick Clech&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ma petite entreprise, elle ne conna&#238;t pas la &#8230; &#187; Le vieil adage des &#171; entrepreneurs-et-fiers-de-l'&#234;tre &#187; cadre de moins en moins avec la r&#233;alit&#233; au vue de la profondeur de la crise qui secoue le syst&#232;me capitaliste depuis 2008 et qui s'est install&#233;e pour durer. Un peu partout sur le continent, et pas seulement en Europe du Sud, ce sont des centaines de milliers de PME qui ont mis la clef sous la porte au cours de ces cinq derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'Hexagone, 62.000 entreprises devraient jeter l'&#233;ponge cette ann&#233;e, contre un peu plus de 60.000 l'an pass&#233;. Les centaines de milliers d'emplois &#224; la clef partis en fum&#233;e sont une partie de ces 10 millions de travailleurs sans emploi suppl&#233;mentaires que compte l'Europe selon les statistiques officielles de Bruxelles, qui &#233;voquent le chiffre de 26 millions de ch&#244;meurs d&#233;but 2013. Mais la question va au-del&#224; des PME. M&#234;me les grands patrons pleurent mis&#232;re et se plaignent &#224; longueur de journ&#233;e, avec au final une succession de PSE, de licenciements, de pression sur les salaires et sur l'emploi. Le dernier chantage en date est celui orchestr&#233; par la direction de Renault (avec la complicit&#233; active de la CFDT et de FO) contre les travailleurs du groupe : &#171; travailler plus, et &#227; n'importe quelle condition, ou alors d&#233;gagez ! &#187;, voil&#224; , en quelque sorte, la teneur du discours que tient Carlos Ghosn aux employ&#233;s de la marque au losange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question, ce n'est pas de faire une distinction entre de bons petits patrons qui travailleraient d'arrache-pied afin d'&#233;viter la crise, rognant sur leurs r&#233;mun&#233;rations y compris, et d'autres qui se contenterait de se goinfrer &#227; grands renfort de parachutes dor&#233;e, entre des patrons innovants et d'autres qui n'auraient pas su s'adapter, entre ceux qui sont de vrais capitaines d'industrie et ceux qui ne seraient que des requins de la sp&#233;culation, entre ceux qui proposeraient des solutions &#171; gagnant-gagnant &#187; aux employ&#233;s et ceux qui n'auraient qu'un seul objectif : d&#233;graisser sans motif valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En phase de crise les patrons ou les comit&#233;s directoires des grandes boites ne sont pas plus des vautours qu'en phase d'expansion. En temps de crise en revanche, ils appliquent &#224; la lettre la froide logique du capital qui demande que pour maintenir un taux de profit d&#233;cent &#227; moyen terme, il faut restructurer, nettoyer et rationnaliser. L'objectif n'est pas tant, comme on l'entend souvent chez les r&#233;formistes, de satisfaire les app&#233;tits des m&#233;chants actionnaires. Que le terme actionnaire aille de pair avec celui de machine &#227; fric, cela va de soit. Mais plus globalement, face &#224; la concurrence au sein m&#234;me d'une branche ou plus g&#233;n&#233;ralement du syst&#232;me, les capitalistes utilisent la crise pour se repositionner en vue de se pr&#233;parer &#227; une nouvelle phase de reprise. Ceux qui trinquent, cela va de soi pour ces Messieurs, ce sont les entreprises qui ont les reins les moins solides, les moins dynamiques. Mais dans cette grande empoignade, tout ce beau monde est d'accord sur la variable d'ajustement en derni&#232;re instance : le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;crit nulle part que ce devrait &#234;tre aux travailleurs, du priv&#233; comme du public, de l'industrie comme des services, de payer les pots cass&#233;s et de se plier &#224; la froide logique du capital. Rester sur ce terrain c'est dans le &#171; meilleur &#187; des cas renoncer &#224; l'ensemble des armes que le monde du travail a &#227; sa disposition pour combattre la guerre de classe que nous livre le patronat avec la complicit&#233; du gouvernement socialiste qui cherche m&#234;me &#227; y int&#233;grer les directions syndicales pour avoir leur aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A nous de v&#233;rifier les dires des patrons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t qu'ils perdent de l'argent ? Qu'ils sont en mal de tr&#233;sorerie ? Pendant ce temps, dans le secret des couloirs des conseils d'administration, on s'organise pour scinder les diff&#233;rentes branches d'un groupe entre une activit&#233; rentable et une autre qui le serait moins, pour red&#233;finir, comme l'on dit, le &#171; p&#233;rim&#232;tre &#187; de telle ou telle activit&#233;, pour rendre tel ou tel site de production d&#233;ficitaire La d&#233;mocratie, m&#234;me bourgeoise, ne s'aventure pas sur ce terrain. C'est le domaine du secret le plus absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s sont g&#233;n&#233;ralement plac&#233;s devant le fait accompli. La mine grave, le porte-parole du groupe attend g&#233;n&#233;ralement tel ou tel CCE plus ou moins extraordinaire pour dire aux &#171; repr&#233;sentants &#187; et aux cam&#233;ras : &#171; l'entreprise va mal, il va falloir faire des efforts &#187;. Mais c'est avant tout aux travailleurs eux-m&#234;mes de v&#233;rifier tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire commander tel ou tel audit, pour contrer telle ou telle &#233;tude concoct&#233;e par le patronat pour se couvrir et l&#233;gitimer les restructurations. Trop souvent d'ailleurs, les groupes d'expertise comptable r&#233;put&#233;s proches de syndicats comme SECAFI, dans le cas de la CGT, analysent la situation des groupes avec exactement les m&#234;mes crit&#232;res de rentabilit&#233; que les capitalistes (gestion, march&#233;s, rentabilit&#233;, concurrence, etc.). Inutile de dire que la conclusion est vici&#233;e &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, pour les travailleurs, &#233;lus &#224; la base, dans chaque atelier ou bureau, au niveau de l'entreprise, d'avoir acc&#232;s &#224; l'ensemble des informations d'une entreprise ou d'un groupe, en levant le secret commercial, avec au besoin, l'appui d'auditeurs, d'experts comptables ou d'avocats qui sont au service du mouvement ouvrier,. C'est la seule fa&#231;on de montrer comment et les PSE et les licenciements ou r&#233;ductions d'effectifs sont soit injustifi&#233;s soit de d&#233;voiler par quelles m&#233;canismes les difficult&#233;s des entreprises ont &#233;t&#233; organis&#233;es pour justifier qu'il fallait trancher dans le vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le des travailleurs sur les services et la production&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les travailleurs doivent &#233;galement avoir leur mot &#227; dire sur la fa&#231;on dont la production ou la gestion d'une entreprise ou d'un groupe est assur&#233;e. En phase de crise plus encore que par &#171; temps normal &#187;, la gestion capitaliste implique des r&#233;percussions directes sur les conditions de travail en termes de sous-effectifs, de pression sur les salaires, d'augmentation des cadences, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'ensemble du groupe Goodyear par exemple, on sait que la production absolue, ces derni&#232;res ann&#233;es, n'a pas diminu&#233;, m&#234;me si la direction fait sciemment tourner son usine d'Amiens &#227; un tiers de ses capacit&#233;s. Cela veut dire que d'un c&#244;t&#233; on fait pointer les ouvriers pour huit heures et on organise la baisse de la production et, de l'autre, sur d'autres sites, au Luxembourg ou ailleurs, on surcharge les travailleurs pour maintenir la production de pneus e l'&#233;tat. Sur le groupe PSA, l'ensemble des travailleurs peut noter, au quotidien, comment les cadences et les exigences, loin de baisser, s'intensifient, et ce alors que les effectifs ont fondu comme neige au soleil. Cela n'emp&#234;che pas les directions de site d'organiser des r&#233;unions d'information &#227; tour de bras pour mettre la pression sur les salari&#233;s en leur disant que le site doit &#234;tre encore plus productif par rapport &#227; tel ou tel autre, faute de quoi le risque serait la fermeture. Dans les services publics encore, c'est la m&#234;me chose. Que l'on on parle des urgences de l'APHP, de la SNCF ou encore de l'Education, les travailleurs essaient d'assurer tant bien que mal le m&#234;me service dans des conditions de travail d&#233;grad&#233;es par rapport &#227; il y a quelques ann&#233;es, RGPP (ou MAP, comme l'appelle Ayrault maintenant) oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux travailleurs de s'organiser, dans les bureaux, les services, les ateliers, les chantiers, pour contr&#244;ler eux-m&#234;mes la production ou les services. Il n'est &#233;crit nulle part qu'il faudrait que l'on continue &#227; se tuer &#224; la t&#226;che pour un salaire qui ne suit pas l'&#233;volution du co&#251;t de la vie alors que l'on connait tous un voisin, un ami ou un proche qui, lui, se tue &#227; chercher un emploi. Contr&#244;ler la production ou les services, c'est imposer l'embauche de tous les pr&#233;caires, CDI et int&#233;rimaires d&#233;j&#224; pr&#233;sent sur une entreprise. C'est, &#233;galement, imposer la r&#233;partition du travail sur l'ensemble des sites ou des lieux de travail d'un m&#234;me groupe ou d'une m&#234;me administration sans perte de salaire. C'est imposer aux patrons et aux dirigeants que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, des salari&#233;s, priment sur ceux des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, que ce soit l'ouverture des livres de compte et l'acc&#232;s int&#233;gral &#224; l'ensemble des informations d'une entreprise ou encore &#234;tre en capacit&#233; d'imposer un contr&#244;le capable de freiner la pression patronale, tout ceci ne peut s'obtenir que si les travailleurs sont organis&#233;s par en bas, le plus largement et massivement possible, sans distinction de statut, de contrat ou m&#234;me d'affiliation syndicale, sur le lieu de travail &#227; travers des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier, de bureau ou de service, &#227; travers regroup&#233;s en comit&#233;s d'usine, de boite ou d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Expropriation, sous contr&#244;le des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les patrons ne c&#232;dent pas et veulent fermer l'entreprise, les salari&#233;s en lutte doivent revendiquer le maintien de la production, la reprendre directement et exiger l'expropriation, sous leur propre contr&#244;le, de l'entreprise. Cela ne veut pas dire renouer avec l'exp&#233;rience des nationalisations sous Mitterrand (qui avait en fait commenc&#233; sous Giscard), c'est-&#224;-dire de nationaliser les entreprises soi-disant en difficult&#233;, apr&#232;s que les patrons aient mis leur tr&#233;sorerie au chaud pour que ce soit &#224; l'Etat (et le contribuable) d'organiser les restructurations et remettre par la suite ces groupes dans le giron du priv&#233; pour une bouch&#233;e de pain, comme cela est arriv&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980 et 1990. Il est hors de question de renouer avec la vieille recette r&#233;formiste consistant &#227; socialiser les pertes pour mieux privatiser, dans un second temps, les profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exproprier signifie nationaliser sans aucune forme d'indemnit&#233; et l'Etat doit s'engager &#227; prendre en charge l'approvisionnement et les d&#233;bouch&#233;s. En &#233;troite collaboration, au besoin, avec d'autres couches de salari&#233;s dispos&#233;s &#227; travailler au service des int&#233;r&#234;ts collectifs, que ce soient des cadres, des ing&#233;nieurs ou des techniciens, les travailleurs sont parfaitement capables d'assurer la continuit&#233; de la production ou d'un service et m&#234;me de penser, si n&#233;cessaire, &#224; la reconversion productive du secteur au service des int&#233;r&#234;ts et des n&#233;cessit&#233; sociales. Il n'est &#233;crit nulle part, encore une fois, que l'on ne pourrait pas produire des m&#233;dicaments &#227; bas prix dans une entreprise pharmaceutique nationalis&#233;e sous contr&#244;le des salari&#233;s pour la sant&#233; publique, ou encore des pneus pour les transports collectifs et des voitures non-polluantes pour un syst&#232;me social et public de covoiturage en zone p&#233;riurbaine ou rurale, pour ne prendre que quelques exemples. Si l'expropriation d'une usine n'est pas suffisante pour la faire tourner, c'est l'ensemble du bassin que l'Etat devrait exproprier, avec les sous-traitants, ou au besoin tout le groupe comme dans le cas d'ArcelorMittal dans la sid&#233;rurgie ou PSA dans l'automobile, voire m&#234;me toute la branche industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, si l'Etat (soi-disant au service de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral) a su voler au secours des banques en 2008-2009 et verser des milliards aux grands patrons en &#233;change de vagues promesses sur le maintien des emplois (qu'ils n'ont pas respect&#233; un seul instant), il est l&#233;gitime de poser la question de l'expropriation et de la nationalisation sous le contr&#244;le des salari&#233;s pour &#233;viter la catastrophe annonc&#233;e par la presse &#233;conomique : des centaines de milliers d'emplois d&#233;truits &#227; court terme en France, avec son cort&#232;ge de pauvret&#233; et de pr&#233;carit&#233; pour autant de familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en lutte sont tout &#227; fait capables de reprendre un tel programme si patiemment, mais avec conviction et audace chaque fois que la situation le permet, les r&#233;volutionnaires le d&#233;fendent syst&#233;matiquement. Pour ce faire, il est essentiel que les r&#233;volutionnaires soient capables de pr&#233;parer le terrain et jauger, pas &#227; pas, la situation, de fa&#231;on &#227; prendre comme point de d&#233;part les cas les plus explicites de sp&#233;culation, lock-out maquill&#233; en ch&#244;mage technique, diminution des b&#233;n&#233;fices pour mieux baisser les salaires, etc. La profondeur de la crise va d&#233;montrer &#227; elle seule de plus en plus comment un tel programme peut prendre corps chez les travailleurs ; comment, &#227; mesure o&#249; les attaques des capitalistes vont pleuvoir et se renforcer, cette issue pourrait se g&#233;n&#233;raliser et ouvrir la voie &#224; la question d'un pouvoir des travailleurs apparaissant alors comme l'alternative la plus souhaitable et possible pour le salariat. Comme le souligne Trotsky au d&#233;but des ann&#233;es 1930 en envisageant l'hypoth&#232;se du contr&#244;le ouvrier de la production, &#171; engag&#233; sur [cette voie], le prol&#233;tariat sera in&#233;vitablement pouss&#233; &#224; la prise du pouvoir et des moyens de production. Les probl&#232;mes du cr&#233;dit, des mati&#232;res premi&#232;res, du march&#233; am&#232;nent sans retard la question du contr&#244;le en dehors des limites des entreprises isol&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est, nous semble-t-il, l'alternative programmatique qui est capable de proposer une issue au monde du travail dans son ensemble face &#224; la plus profonde des crises qu'il a &#227; subir depuis les ann&#233;es de la Grande D&#233;pression. En en phase de crise plus encore qu'en phase &#171; normale &#187;, c'est l'une des deux classes en conflit qui se sauve. Face aux solutions r&#233;formistes ou pseudo-keyn&#233;siennes qu'avancent les directions syndicales et politiques de gauche, &#227; grand renfort de &#171; loi &#187; et de &#171; combat juridique &#187; et de &#171; mobilisation pour mieux faire pression &#187;, autant d'armes qui vont s'av&#233;rer insuffisantes dans la prochaine p&#233;riode pour faire face &#224; l'offensive d'ampleur qui s'annonce, les travailleurs ont besoin de reprendre une orientation qui soit &#227; m&#234;me de les positionner favorablement, dans le rapport de force, pour contrer les attaques du patronat et du gouvernement, pour r&#233;sister, et pour obtenir de premi&#232;res victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15/03/13&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre tous les licenciements, quels qu'ils soient !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La petite musique qu'on commence &#227; entendre ces derniers temps, c'est qu'il y aurait des licenciements justifi&#233;s et d'autres qui le seraient moins : des licenciements boursiers, ou dans des entreprises qui feraient des profits, qui seraient inacceptables, et d'autres, dans des boites en difficult&#233;, contre lesquels il n'y aurait rien &#227; faire. Mais si ce genre de logique peut avoir sa raison d'&#234;tre chez les bien pensants ou les r&#233;formistes, les travailleur-se-s, eux, doivent la combattre pied &#227; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu, ne serait-ce que pour poser la n&#233;cessit&#233; du &#171; tous ensemble &#187;, c'est bien de refuser tous les licenciements et toutes les fermetures. Du point de vue du r&#233;sultat &#8211; ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233;, isolement, perte de logement, d&#233;pression,&#8230;- la diff&#233;rence entre des licenciements qui seraient &#171; justifi&#233;s &#187;, par ce que l'entreprise rencontrerait des difficult&#233;s r&#233;elles dans un contexte de crise et de comp&#233;titivit&#233; internationale, et des licenciements li&#233;s &#224; la volont&#233; d'augmenter le taux de rentabilit&#233;, n'a pas lieu d'&#234;tre. Ni m&#234;me celle qui opposerait les licenciements d&#233;cid&#233;s par tel ou tel actionnaire ou fonds de pension anonymes ou &#233;trangers, et ceux qui seraient orchestr&#233;s par des industriels bien de chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que les entreprises organisent, quand &#231;a leur convient, leurs propres difficult&#233;s financi&#232;res, sachant mettre &#224; l'abri leur tr&#233;sorerie dans les paradis fiscaux ou les banques hexagonales. On sait aussi qu'il n'y a aucune diff&#233;rence entre les vautours de la finance, comme Butler, le patron de Virgin, sp&#233;cialis&#233;s dans la reprise &#171; d'entreprises en difficult&#233; &#187;, et ceux qui, comme la famille Peugeot, dont la fortune accumul&#233;e d&#233;passait les 1,3 Milliards d'Euros en 2012, font des profits sur le dos des travailleurs depuis deux si&#232;cles, pendant la Premi&#232;re Guerre, avec Vichy et les nazis (quoiqu'en dise la l&#233;gende), puis avec la IV&#232;me R&#233;publique et ses guerres coloniales jusqu'&#224; aujourd'hui. En tout &#233;tat de cause, ce n'est pas aux travailleur-se-s de payer pour une crise qui n'est pas la leur, dont ils ne sont pas responsables, mais que le patronat et le gouvernement essaient de leur facturer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien tous les licenciements qu'il faut contester, ceux qui d&#233;coulent de PSE comme ceux qui sont maquill&#233;s sous couverts de fin de contrat des int&#233;rimaires et des CDD, ceux qui concernent les travailleurs du priv&#233; comme ceux du public qui ont connu une v&#233;ritable saign&#233;e sous la p&#233;riode Sarkozy avec des centaines de milliers de suppression au nom de la RGPP ( R&#233;forme G&#233;n&#233;rale des Politiques Publiques) et qui se poursuit aujourd'hui sous Hollande sous le nom de MAP, &#171; Modernisation de l'Action Publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien tous les licenciements qu'il va falloir interdire et, pour cela, les travailleur-se-s ne pourront compter sur leurs propres forces, sur leurs propres mobilisations, sans aucune illusion &#227; avoir, ni dans les pseudo-promesses de campagne du candidat Hollande, pas plus que dans les projets de loi que tel ou tel d&#233;put&#233; &#171; de la gauche du PS &#187; pourrait d&#233;poser dans les prochaines semaines et qui ne sera jamais adopt&#233; par le Parlement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A bas les accords de Flexis&#233;curit&#233; sign&#233;s par le Medef et les directions syndicales !</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/A-bas-les-accords-de-Flexisecurite-signes-par-le-Medef-et-les-directions-syndicales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.estrategiainternacional.org/A-bas-les-accords-de-Flexisecurite-signes-par-le-Medef-et-les-directions-syndicales</guid>
		<dc:date>2013-01-22T17:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Crisis capitalista mundial</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Gagnant-gagnant &#187;. C'est ainsi que les m&#233;dias ont pr&#233;sent&#233; la n&#233;gociation sur la &#171; s&#233;curisation de l'emploi &#187; qui s'est conclue le 11 janvier et a &#233;t&#233; ratifi&#233;e par les trois principales organisations patronales et trois des cinq conf&#233;d&#233;rations convi&#233;es &#227; discuter de ce qui devait &#234;tre &#171; un compromis historique &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Movimiento-Obrero" rel="tag"&gt;Movimiento Obrero&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Crisis-capitalista-mundial" rel="tag"&gt;Crisis capitalista mundial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3324 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L500xH310/arton390-20df7.jpg?1702638476' width='500' height='310' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Patrick Clech&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Gagnant-gagnant &#187;. C'est ainsi que les m&#233;dias ont pr&#233;sent&#233; la n&#233;gociation sur la &#171; s&#233;curisation de l'emploi &#187; qui s'est conclue le 11 janvier et a &#233;t&#233; ratifi&#233;e par les trois principales organisations patronales et trois des cinq conf&#233;d&#233;rations convi&#233;es &#227; discuter de ce qui devait &#234;tre &#171; un compromis historique &#187;. &#171; Gagnant-gagnant &#187; pour le patronat et le gouvernement mais sur le dos des salari&#233;s, aurait-il fallu pr&#233;ciser, car cet accord, sign&#233; notamment par la CFDT, ouvre la porte &#227; un recul social majeur pour le monde du travail. Il bouleverse les rapports de forces sociaux, jusque-l&#224; cristallis&#233;s &#227; travers les conventions collectives de branche, pour transf&#233;r&#233; le centre de d&#233;cision aux entreprises. Pour ce qui est de la CGT et FO, qui n'ont pas sign&#233; l'accord apr&#232;s avoir particip&#233; tout du long au cirque des n&#233;gociations, il reste &#227; savoir ce qu'elles entendent faire pour emp&#234;cher la loi de voir le jour. Le rapport de force &#227; cr&#233;er, pour cela, se jouera dans les entreprises, et dans la rue, et non en essayant de convaincre, comme l'ont &#233;voqu&#233; Thibaut, Lepaon et Mailly, tel ou tel d&#233;put&#233; de &#171; l'aile gauche &#187; du PS, de d&#233;poser un amendement pour am&#233;nager l'accord lorsque le texte de loi sera discut&#233; en mars prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ou t'es d'accord ou t'es vir&#233; &#187;. Nouvel article 1 du Code du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu global de l'accord est plac&#233; sous le signe de l'alternative &#171; ou tu es d'accord avec ta baisse de salaire, l'acc&#233;l&#233;ration des cadences, l'augmentation de la charge de travail, ou bien c'est P&#244;le Emploi &#187;. C'est, en substance, le discours que pourront tenir d&#233;sormais de fa&#231;on tout &#227; fait l&#233;gale les patrons d&#232;s qu'ils diront faire face &#227; des &#171; difficult&#233;s du contexte &#233;conomique &#187;. Le c&#339;ur du texte, constitu&#233; de 28 articles, repose en effet sur deux volets : flexibiliser &#227; volont&#233; et licencier plus facilement. Il suffit de passer en revue quelques uns des principaux articles pour s'en convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des licenciements huil&#233;s et des salari&#233;s corv&#233;ables &#227; merci&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des licenciements, la proc&#233;dure aboutissant &#227; un PSE sera encore plus all&#233;g&#233;e qu'&#224; pr&#233;sent, r&#233;duisant l'ampleur des recours pouvant &#234;tre d&#233;pos&#233;s. Lorsque l'on sait la facilit&#233; avec laquelle Mittal a r&#233;ussi &#227; man&#339;uvrer, on peut s'imaginer ce que seront les plans sociaux &#224; l'avenir. Il en va de m&#234;me en cas de licenciement individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de reconfiguration des rapports au sein m&#234;me de l'entreprise, le panorama est tout aussi effrayant. Les entreprises arguant faire face &#227; &#171; de graves difficult&#233;s conjoncturelles &#187; pourront baisser les salaires et/ou augmenter le temps de travail pour une dur&#233;e de deux ans &#227; condition de s'engager &#224; &#8230; ne pas licencier. Il suffira, l&#224; encore, de l'accord du ou des syndicat(s) majoritaires. A nouveau, les salari&#233;s oppos&#233;s &#227; ce type d'accord auront tout &#227; fait le droit de gagner la sortie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La soi-disant taxation des contrats courts (sauf l'int&#233;rim, les CDD de remplacement et le travail saisonnier)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des &#171; contrats courts &#187;, dont la CFDT notamment avait fait son cheval de bataille, on est dans le domaine de la poudre aux yeux. Les cotisations d'assurance-ch&#244;mage de certains CDD seront major&#233;es, certes, ce qui a fait pousser des hauts-cris au patronat. Il n'en va pas de m&#234;me en revanche pour l'int&#233;rim, les CDD li&#233;s &#227; des remplacements ou &#227; des activit&#233;s saisonni&#232;res, &#227; savoir les secteurs le plus exploit&#233;s et le plus expos&#233;s du prol&#233;tariat et qui repr&#233;sentent une fraction non-n&#233;gligeable des travailleurs pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les travailleurs, les queues de cerise (et encore)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux autres points sur lesquels les patrons ont fait achopper la discussion tellement les mesures leur semblaient confiscatoires avaient trait aux droits des travailleurs au ch&#244;mage et &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de la compl&#233;mentaire sant&#233;, &#224; laquelle l'UPA notamment &#233;tait oppos&#233;e. Dans le cas des droits dits &#171; rechargeables &#187; pour les ch&#244;meurs, ces soi-disant nouveaux droits seront li&#233;s aux n&#233;gociations sur la convention d'assurance-ch&#244;mage qui devrait s'ouvrir courant 2013 et &#171; &#227; condition de ne pas aggraver le d&#233;s&#233;quilibre financier de l'Unedic &#187;, d&#233;j&#224; passablement mis &#227; mal par tous les passe-droits, abattements et autres exemptions dont b&#233;n&#233;ficient les employeurs. Pour ce qui est de la compl&#233;mentaire sant&#233;, ce sera de toute fa&#231;on au salari&#233;, qui se sera encore plus us&#233; la sant&#233; au travail, d'en payer la moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de dire que l'accord a beau pr&#233;voir que dans les entreprises de plus de 5.000 salari&#233;s, il pourrait y avoir jusqu'&#224; deux postes d'administrateurs &#233;lus au sein des travailleurs avec voix d&#233;lib&#233;rative, il est clair pour tout le monde que cet accord est une machine de guerre contre les salari&#233;s. Il vise &#227; d&#233;manteler des pans entiers du Code du travail qui cristallisait &#227; sa fa&#231;on la mani&#232;re dont le patronat avait recul&#233;, pour mieux sauver la paix sociale au final, &#224; la suite des offensives ouvri&#232;res et populaires de 1936, de l'apr&#232;s-Guerre et de 1968. Alors certes il manque encore au patronat toute une batterie d'instruments pour remettre en cause bien d'autres acquis et conqu&#234;tes, de fa&#231;on &#227; en arriver au niveau d'atomisation des rapports de travail instaur&#233;s par exemple en Allemagne au cours des gouvernements sociaux-d&#233;mocrates de Schr&#246;der. Mais la nouveaut&#233; pour les accords de flexis&#233;curit&#233;, c'est que cette attaque se fait aujourd'hui, comme en Allemagne avec l'Agenda 2010, avec la complicit&#233; active des syndicats les plus accommodants, dans la perspective de les int&#233;grer plus encore &#224; la cogestion des &#171; couts &#187; et comme courroies de la politique patronale au sein de l'entreprise. L'enjeu, c'est aussi d'int&#233;grer toujours plus les syndicalistes &#224; la gestion du capital et &#224; l&#233;gitimer et valider les choix des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la social-d&#233;mocratie est plus efficace que la m&#233;thode Sarko&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Hollande, c'est une victoire pour l'Ex&#233;cutif. C'est la d&#233;monstration que dans la phase actuelle le Medef peut faire davantage confiance aux socialistes pour avancer dans l'offensive contre les acquis sociaux et les conditions de travail et de vie des salari&#233;s qu'&#224; la strat&#233;gie bonapartisante de Sarkozy, dont le co&#251;t social et politique &#233;tait au final quasiment plus &#233;lev&#233; par rapport &#224; l'enjeu des contre-r&#233;formes propos&#233;es. Il suffit de songer au conflit des retraites. Mais encore une fois, si Sarkozy avait fait des &#171; accords de comp&#233;titivit&#233; &#187; son v&#339;u le plus cher, Hollande l'a r&#233;alis&#233; quelques mois apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir. Comme pour la &#171; TVA sociale &#187;, vilipend&#233;e par les socialistes au cours de la campagne, le gouvernement ne l'a m&#234;me pas fait rentr&#233;e par la petite porte, mais avec tambours et trompette, au minist&#232;re du Travail, sous l'&#233;gide de Michel Sapin, fier de son coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour ce qui est de l'efficacit&#233; de ces accords de &#171; s&#233;curisation de l'emploi &#187;, qu'elle se fasse &#224; la sauce Sarkozy ou &#224; la sauce socialiste, l'annonce de Renault de compression des effectifs sur l'ensemble des sites du groupe est l&#224; pour montrer combien il s'agit d'un jeu de dupes pour les salari&#233;s. Non seulement, pour prendre un exemple dans l'automobile, les travailleurs de Sandouville savent d&#233;sormais qu'ils pourront &#234;tre transf&#233;r&#233;s &#227; Douai selon le bon vouloir des chefs et de la direction, mais en plus ils pourraient toucher moins, travailler plus et avec en prime des postes supprim&#233;s (en l'occurrence 7.500) dans les ateliers, dans les bureaux, sur les technicentres, c'est-&#224;-dire une charge de travail encore sup&#233;rieure pour celles et ceux qui restent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement sait qu'il joue gros et les directions syndicales aussi&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes cette victoire ne r&#233;sout pas la question pour les socialistes de la popularit&#233; de leur pr&#233;sident, qui continue &#227; stagner sous la barre des 40% d'opinion favorable. Il est ind&#233;niable cependant que l'accord renforce la position du gouvernement. La CFDT a jou&#233; tout son r&#244;le et est en passe de gagner ses galons de &#171; meilleur ami des patrons &#187; et des socialistes. Mais le probl&#232;me majeur, c'est que les directions syndicales non-signataires sont &#233;galement responsables du renforcement du tandem Hollande-Ayrault, quoiqu'elles en disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En participant du d&#233;but &#224; la fin au cadre des n&#233;gociations, la CGT et FO ont valid&#233; leur l&#233;gitimit&#233;. Que des syndicats n&#233;gocient, lorsqu'il s'agit de discuter d'am&#233;liorations, m&#234;me &#224; la marge et mineures, des conditions de travail, de vie ou des salaires, il n'y a rien de plus naturel dans une logique syndicaliste. Mais dans le cadre des discussions sur la fl&#233;xis&#233;curit&#233; (qui, soit dit au passage, a longtemps &#233;t&#233; un des cr&#233;dos de la centrale de Montreuil), la diff&#233;rence majeure est que les syndicats dans leur ensemble ont discut&#233; la base de ce qui ne pouvait &#234;tre qu'une aggravation des conditions d'exploitation pour les salari&#233;s. Refuser le cadre de la n&#233;gociation sur cette base aurait &#233;t&#233; la moindre des choses. Cela n'aurait pas emp&#234;ch&#233; l'UPA, la CGPME et le Medef de signer avec la CFDT et ses amis. Mais cela aurait au moins servi &#227; entamer les conditions dans lesquelles le gouvernement crie aujourd'hui &#224; la victoire politique sur le dos des travailleurs. Si en plus on rajoute &#227; cela l'offensive imp&#233;rialiste au Mali, au sujet de les organisations syndicales gardent un mutisme qui s'apparente &#227; de la complicit&#233;, on comprend au final les ronds-de-jambes de Parisot, f&#233;licitant &#227; qui mieux-mieux Hollande pour sa gestion de la crise ses derni&#232;res semaines, et pourquoi les meilleurs amis du gouvernement sont, au final, des directions syndicales qui toutes, &#224; leur fa&#231;on, contribuent &#224; le renforcer peu ou prou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout n'est pas r&#233;gl&#233; pour le gouvernement cependant. Plusieurs observateurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est dans les entreprises et dans la rue que &#231;a va se passer, pas au Palais Bourbon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose aujourd'hui c'est comment lutter contre cet accord ? Pour les directions de la CGT et de FO, l'enjeu serait d'aller faire le tour des parlementaires de &#171; l'aile gauche &#187; du PS ou du FdG pour leur demander de modifier le texte qui, selon Ayrault, devrait &#234;tre retranscrit tel quel dans la loi. Pour Didier Le Reste, ancien chef des cheminots c&#233;g&#233;tistes et actuel responsable du &#171; Front des Luttes &#187; au sein du FdG, &#171; seule une interaction du mouvement syndical et du monde politique incarn&#233; par le FdG et ses parlementaires [permettra] d'&#233;lever le niveau de rapport de forces face &#224; la crise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; N&#233;gocier la casse du CDI, c'est non ! &#187;, L'Humanit&#233;, 11-13/01/13.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et bien non : aucun amendement, m&#234;me substantiel, ne permettra de rendre cet accord un tant soit peu favorable aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs et de la jeunesse. En ne pr&#233;sentant des &#171; solutions &#187; &#224; la crise qui ne sont que des modifications &#224; la marge de l'offensive que nous subissons, la direction de la CGT finit par se retrouver dans une situation dans laquelle elle est forc&#233;e &#227; n&#233;gocier des miettes. La seule solution, pour les &#171; accords de flexis&#233;curit&#233; &#187;, ce serait de les enterrer. Pour ce faire, c'est uniquement la mobilisation des travailleurs, par en bas, qui aura la capacit&#233; de faire ravaler son texte au gouvernement et au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, sous un gouvernement &#171; socialiste &#187; d&#233;j&#224; , on avait voulu avancer les premiers &#233;l&#233;ments concrets de pr&#233;carisation du travail. A l'&#233;poque, c'est la pression de la base qui avait fait reculer l'ensemble des conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris la CFDT. Le fait qu'elle ait aujourd'hui sign&#233;, aux c&#244;t&#233; de la centrale chr&#233;tienne et celle de l'encadrement et des petits chefs, ne veut pas pour autant dire qu'il n'y ait pas de m&#233;contentement, et surtout que plus rien ne peut se faire aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens que l'ensemble des &#233;quipes syndicales combatives, &#227; commencer par celles qui sont implant&#233;es dans des boites qui se bagarrent, auraient leur mot &#227; dire. Elles pourraient intervenir avec forces d'abord pour exiger des centrales qui se disent oppos&#233;es &#224; l'accord comme la CGT et FO, ou des structures qui disent y &#234;tre contraires comme la FSU et Sud Solidaires, qu'elles soient cons&#233;quentes et appellent &#227; une r&#233;elle opposition. Ces &#233;quipes pourraient aussi pr&#233;parer elles-m&#234;mes les cadres de la mobilisation, d&#232;s aujourd'hui. Ce serait la meilleure des fa&#231;ons non seulement pour qu'il y ait la possibilit&#233; de se battre en mars. Ce serait &#233;galement un outil pour construire cette coordination des boites en lutte contre les licenciements et les fermetures qui fait aujourd'hui tant d&#233;faut. L'extr&#234;me gauche, &#227; commencer par notre parti, aurait tout son r&#244;le &#227; jouer dans cette dynamique &#227; mettre en &#339;uvre, dans la plus grande unit&#233;, mais &#233;galement la plus ferme exigence &#224; l'&#233;gard des directions du mouvement syndical. Au moment o&#249; Le Pen essaie d'occuper le terrain, en d&#233;non&#231;ant un &#171; d&#233;tricotage du Code du travail &#187;, alors que l'on sait combien l'extr&#234;me droite est la pire ennemie des travailleurs et du mouvement syndical, c'est l'occasion d'avancer une politique audacieuse contre ce gouvernement ami des patrons, de l'aust&#233;rit&#233; et qui bombarde le Mali, mais &#233;galement une orientation qui serait radicalement alternative &#227; celle de tous ceux qui, &#224; la gauche de la gauche, ont une position ambigu&#235; sur ces trois volets, voire un positionnement complice. Le temps presse et les combats urgents de demain se pr&#233;parent d&#232;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20/01/13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout n'est pas r&#233;gl&#233; pour le gouvernement cependant. Plusieurs observateurs ont n&#233;anmoins not&#233; qu'une fois pass&#233;es les rodomontades actuelles, il sera assez difficile au gouvernement de d&#233;fendre, au Parlement, les 28 articles de l'accord comme l'expression la plus l&#233;gitime du monde syndical, d'autant plus qu'au moment de la discussion, il est fort probable que tant la CFTC que la CFE-CGC auront perdu leur statut en vertu de la loi Fillon de 2008 sur la repr&#233;sentativit&#233;, &#227; savoir le petit cercle des syndicats &#227; m&#234;me de pouvoir signer des accords nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; N&#233;gocier la casse du CDI, c'est non ! &#187;, L'Humanit&#233;, 11-13/01/13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un gouvernement au service du patronat et des syndicats au service du gouvernement</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/Un-gouvernement-au-service-du-patronat-et-des-syndicats-au-service-du-gouvernement</link>
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		<dc:date>2012-12-09T22:10:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
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		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce qui s'est discut&#233; une bonne partie de l'&#233;t&#233; et en ce d&#233;but d'automne, dans les couloirs minist&#233;riels et les salons de l'Elys&#233;e, c'est le calendrier des contre-r&#233;formes, qui sont dans les cartons depuis l'&#233;lection de Hollande, ainsi que leurs modalit&#233;s d'application. Depuis la rentr&#233;e, en effet, le gouvernement ne fait plus vraiment myst&#232;re de ses intentions et a tout mis sur la table.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Politica" rel="tag"&gt;Pol&#237;tica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3273 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L460xH306/arton360-84bd6.jpg?1692771206' width='460' height='306' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Jean-Patrick Clech&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce qui s'est discut&#233; une bonne partie de l'&#233;t&#233; et en ce d&#233;but d'automne, dans les couloirs minist&#233;riels et les salons de l'Elys&#233;e, c'est le calendrier des contre-r&#233;formes, qui sont dans les cartons depuis l'&#233;lection de Hollande, ainsi que leurs modalit&#233;s d'application. Depuis la rentr&#233;e, en effet, le gouvernement ne fait plus vraiment myst&#232;re de ses intentions et a tout mis sur la table.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choc, pacte et impact : la valse &#227; trois temps des mauvais coups socialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'un c&#244;t&#233; l'aust&#233;rit&#233;, m&#234;me si elle ne dit pas son nom. De l'autre, c'est la question du march&#233; du travail et du d&#233;mant&#232;lement consciencieux du cadre actuel, pour mieux coller &#227; ce qui se fait Outre-Rhin ou de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes en termes de flexibilisation, de pr&#233;carisation et de fragmentation des contrats de travail [1]. Ce n'est sans doute pas un hasard si les contre-r&#233;formes du march&#233; du travail ont &#233;t&#233; men&#233;es tambour battant, il y a quelques ann&#233;es, lorsque la &#171; gauche &#187; &#233;tait au gouvernement dans les deux pays, sous le gouvernement Schr&#246;der en Allemagne et avec le premier gouvernement Prodi en Italie. Ce n'est pas anodin non plus si, dans les deux cas, les attaques ont &#233;t&#233; port&#233;es avec le soutien sans faille de la bureaucratie syndicale, respectivement de la DGB et de la CGIL-CISL-UIL. C'est l&#224; le troisi&#232;me volet de la strat&#233;gie qu'est en train de d&#233;ployer Hollande. Dans les modalit&#233;s d'application de ces r&#233;formes, il y a &#233;galement la m&#233;thode et les socialistes comptent bien s'appuyer sur les directions syndicales pour faire passer les mauvais coups en faveur du patronat. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; du &#171; compromis historique &#187; que Hollande appelle de ses v&#339;ux. Le Pr&#233;sident sait aussi que le temps lui est compt&#233; pour mener &#227; bien cette politique pro-Medef. Les march&#233;s, pour l'instant, sont sur le qui-vive. Il n'y a bien que notre camp social qui, par-del&#224; des luttes fragment&#233;es contre licenciements, PSE et fermetures de site, se situe bien en de&#231;&#224; de ce qu'exigerait la situation. Mais rien n'est encore jou&#233;. Les attaques et les probables ripostes, d'ampleur bien sup&#233;rieure &#227; ce que l'on conna&#238;t actuellement, n'ont pas encore eu lieu. De l&#224; l'imp&#233;rieuse obligation, &#224; l'extr&#234;me gauche, pour les r&#233;volutionnaires, de s'outiller en cons&#233;quence et de discuter des t&#226;ches pr&#233;paratoires auxquelles nous devons nous atteler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Couacs et atermoiements : une fa&#231;on de pr&#233;parer le terrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes et la droite (avant de se retrouver elle-m&#234;me dans un beau p&#233;trin qui lui cloue temporairement le bec&#8230;) s'en sont donn&#233; &#227; c&#339;ur joie au cours des derni&#232;res semaines en parlant de couacs, de faux-pas et d'erreurs de communication du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait, bien s&#251;r, de l'expression des dissensions entre les diff&#233;rentes ailes de la majorit&#233;, au sens large du terme, &#224; la fois majorit&#233; de gouvernement et majorit&#233; de soutien plus ou moins intermittente &#224; l'Assembl&#233;e et au S&#233;nat. Elles n'ont pas toujours &#233;t&#233;, il est vrai, &#224; l'unisson sur la mani&#232;re et le calendrier &#227; adopter pour mettre en musique ces contre-r&#233;formes. Mais ces diff&#233;rents couacs apparents &#233;taient &#233;galement et surtout, de la part du gouvernement, autant de ballons d'essai, histoire de prendre le pouls de la situation et d'anticiper d'&#233;ventuelles r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison de &#171; l'absence de tabous &#187; r&#233;currente chez Jean-Marc Ayrault, pour reprendre une expression ch&#232;re au Premier ministre. C'est la raison pour laquelle, au d&#233;tour d'une interview pour Le Parisien, il a pu avouer que, pour lui, les 35 heures n'&#233;taient pas un horizon ind&#233;passable (dans le sens, on l'aura compris, non pas d'une r&#233;duction mais d'un allongement de la semaine de travail). C'est la raison &#233;galement pour laquelle il a pu &#233;voquer le retour de l'apprentissage &#227; quatorze ans, adopt&#233; sous Villepin, &#224; la suite de la r&#233;volte des banlieues, puis abrog&#233; par Fillon d&#232;s 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien de mieux qu'un bon rapport &#171; de gauche &#187; pour poursuivre une bonne politique &#171; de droite &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme rien n'avait &#233;t&#233; laiss&#233; au hasard, quoi que veuille faire croire la communication du &#171; pr&#233;sident normal &#187;, le terrain avait &#233;t&#233; au pr&#233;alable labour&#233; par diff&#233;rents &#171; experts &#187; de gauche, &#224; l'analyse soi-disant incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que d&#232;s le 2 juillet, Didier Migaud, Pr&#233;sident de la Cour des comptes, rend son rapport sur la situation des finances de l'Etat, command&#233; par Ayrault le 18 mai, juste apr&#232;s la constitution du gouvernement. Migaud n'&#233;trille pas du tout la gestion pr&#233;c&#233;dente, comme auraient pu le penser certains parlementaires de la &#171; gauche &#187; du PS. Il recommande, en revanche, une hausse de la CSG et de la TVA et la poursuite de la baisse des effectifs dans la Fonction Publique (savoir la RGPP). Il s'agit, selon Le Monde du 3 juillet, &#171; d'un audit qui rend in&#233;vitable une politique de rigueur &#187;, comme s'il y avait fatalit&#233;. Mais comment reprocher &#227; Migaud de forcer le trait, lui, l'ancien d&#233;put&#233; PS, nomm&#233; par Sarkozy &#224; la t&#234;te de la v&#233;n&#233;rable institution de la rue Cambon ? Rien de mieux, donc, qu'un bon rapport de gauche, pour poursuivre une bonne politique de droite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me acte de la mascarade a &#233;t&#233; constitu&#233; par la remise du rapport Gallois. Dans le cas de Louis Gallois, on est encore dans la m&#234;me configuration communicationnelle que pour Migaud. Il a l'avantage d'&#234;tre &#171; un vrai patron &#187;, qui &#171; conna&#238;t &#187; de l'int&#233;rieur son petit monde de l'entreprise, mais ce n'est ni un Jean-Marie Messier, ni un Arnaud Lagard&#232;re, ni un Vincent Bollor&#233;. Il est, lui aussi, de &#171; gauche &#187;. Son expertise serait donc au-del&#224; de tout soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La copie est rendue cinq mois, jour pour jour quasiment, apr&#232;s le rapport Migaud. Le Monde, toujours en pointe, feint la surprise en titrant &#171; Comp&#233;titivit&#233; : le rapport qui d&#233;range &#187;, comme si les conclusions n'&#233;taient pas &#233;crites &#224; l'avance. Gallois, dans son rapport, r&#233;clame un v&#233;ritable &#171; choc de comp&#233;titivit&#233; &#187;. Ayrault, qui ne veut pas para&#238;tre en reste, annonce d&#232;s le lendemain dans les colonnes des Echos du 7 novembre : &#171; Nous allons plus loin que le rapport Gallois &#187;. Il fut un temps o&#249; il fallait lire Le Populaire pour d&#233;crypter la politique des sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais. D&#233;sormais, c'est directement dans la presse du patronat qu'ils s'expriment. Le seul b&#233;mol par rapport &#224; l'ancien patron de la SNCF, c'est qu' Ayrault en appelle &#227; un &#171; pacte &#187; et non &#227; un &#171; choc &#187;. L'impact, au final, pour les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires, sera le m&#234;me. C'est la m&#233;thode qui change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt milliards de cadeaux annuels suppl&#233;mentaires au patronat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un simple coup d'&#339;il &#227; ce qui est retenu dans ce &#171; Pacte pour la croissance, la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi &#187;, qui structurera la politique gouvernementale dans les prochains mois si rien n'est fait pour le stopper, suffit &#227; dessiner les contours de l'offensive &#227; venir ; le rapport Gallois n'est qu'un premier amuse-bouche pour le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure phare de ce que propose le gouvernement, c'est le cr&#233;dit d'imp&#244;t de vingt milliards accord&#233; aux entreprises. Ce transfert direct au compte du patronat va venir s'ajouter aux quelques 170 milliards de cadeaux annuels que l'Etat fait au Medef et aux entreprises sous forme d'exon&#233;rations diverses et vari&#233;es, niches et cadeaux fiscaux de toute sorte. Ce n'est pas Sarkozy qui est &#224; l'origine de l'ardoise, mais bien la Gauche plurielle de Jospin qui n'a pas h&#233;sit&#233;, entre 1997 et 2002, &#227; recourir &#227; grande &#233;chelle &#227; cette politique des vases communicants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le gouvernement affirme vouloir faire passer le d&#233;ficit de 4,4 &#227; 3% du PIB l'an prochain. Le manque &#227; gagner pour l'Etat, Bercy et Ayrault l'ont d&#233;j&#224; trouv&#233; du c&#244;t&#233; d'un rel&#232;vement de deux des trois taux actuels de TVA. La manoeuvre laisse un arri&#232;re-go&#251;t d'escroquerie. Qui disait, pendant la campagne, que la fameuse TVA sociale de Sarkozy &#233;tait &#171; inopportune, injuste, infond&#233;e et improvis&#233;e, (&#8230;) la comp&#233;titivit&#233; [n'&#233;tant] qu'un faux pr&#233;texte &#187; ? Hollande, bien entendu, qui s'&#233;tait fait pendant la campagne le grand pourfendeur de cette mesure ; l'un des seuls textes de la Sarkozye qu'il ait d'ailleurs abrog&#233; lors de son arriv&#233;e &#224; l'Elys&#233;e. Les dix milliards restants seront rabot&#233;s sur les d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand l'imposition des riches rapporte de l'argent aux riches&#8230;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Romain Lamel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce devait &#234;tre &#171; la &#187; mesure anti-riches du gouvernement de Fran&#231;ois Hollande, celle qui devait montrer qu'il &#233;tait vraiment un homme de gauche : imposer &#227; 75 % les revenus sup&#233;rieurs &#227; 1 million d'euros. On savait d&#233;j&#224; que cela ne toucherait que quelques milliers de foyers, que cela ne rapporterait que 0,2 milliard d'euros &#224; l'Etat, contre 10 milliards environ d'augmentation pr&#233;vue de la TVA, que cette mesure serait provisoire. Mais, une &#233;tude attentive montre l'&#233;tendue de la supercherie : par peur que le Conseil Constitutionnel censure la mesure comme confiscatoire, le gouvernement a mis en place un &#171; plafonnement global &#227; 75 % &#187;, un bouclier fiscal version Fran&#231;ois Hollande, qui co&#251;terait&#8230;.667 millions d'euros soit trois fois plus que le fameux imp&#244;t anti-riches. On voit toute l'&#233;tendue de l'arnaque de l'&#233;lection de mai 2012, non seulement les promesses de Fran&#231;ois Hollande n'avaient qu'un caract&#232;re extr&#234;mement symbolique mais en plus, ces mesures symboliques ne sont m&#234;me pas mises en &#339;uvre jusqu'au bout !&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le hollandisme est un sarkozysme (mais plus pernicieux)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si besoin &#233;tait, le pacte Hollande-Gallois serait une illustration non seulement de la continuit&#233; mais y compris de l'aggravation de la politique men&#233;e lors du pr&#233;c&#233;dent quinquennat par Sarkozy. Avec Hollande, on est pass&#233; &#224; la vitesse sup&#233;rieure, ou du moins s'y pr&#233;pare-t-on. Deux &#233;l&#233;ments suppl&#233;mentaires pour s'en convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des &#233;l&#233;ments de langage communiqu&#233;s aux membres du gouvernement pour d&#233;fendre la ligne Ayrault sur la comp&#233;titivit&#233;, on se croirait au bon vieux temps de la Sarkozye, lorsque Luc Chatel, l'ancien VRP de Mme Bettencourt chez l'Or&#233;al, &#233;tait en charge de la communication de Fillon et des siens : &#171; Le gouvernement a fait le choix du courage apr&#232;s dix ans de gabegie et d'incurie (&#8230;). Il pr&#233;sente un plan d'ensemble dont l'enjeu majeur est l'emploi &#187;. L'emploi est &#227; chercher &#224; la loupe, car la plupart des commentateurs notent, &#224; l'image de Mathieu Plane, &#233;conomiste &#224; l'OFCE, que &#171; les entreprises devraient surtout profiter [des mesures Ayrault] pour am&#233;liorer leur tr&#233;sorerie et moins pour investir en innover, alors que les capacit&#233;s de production sont encore sous-utilis&#233;es &#187;. M&#234;me son de cloche du c&#244;t&#233; de Jean-Claude Laffet, de Natixis, qui souligne combien &#171; le cr&#233;dit d'imp&#244;t va permettre de r&#233;pondre au probl&#232;me majeur du manque de profitabilit&#233; des entreprises &#187;. Lorsque l'on sait par exemple, que le titre Bollor&#233; a flamb&#233; de 40% depuis la fin ao&#251;t, il y a des coups de pacte qui se perdent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 novembre, au matin des grandes mobilisations en Europe du Sud contre l'aust&#233;rit&#233;, Ayrault a assum&#233; ses choix politiques en affirmant sur France Info qu'il d&#233;fendait &#171; une politique rigoureuse pour bien ma&#238;triser nos comptes publics [bien diff&#233;rencier de] l'aust&#233;rit&#233;, [c'est-&#224;-dire] la baisse des pensions, des prestations familiales, des milliers de suppressions d'emplois de fonctionnaires &#187;. &#171; Et ce n'est pas ce que nous pratiquons &#187;, a-t-il ajout&#233; pour finir. Inutile de lire dans le marc de caf&#233; pour savoir que la marge est &#233;troite entre politique rigoureuse, politique de rigueur et aust&#233;rit&#233;. Ayrault aurait mieux fait de rajouter en conclusion de son intervention &#171; ce n'est pas ce que nous pratiquons pour l'instant et &#227; grande &#233;chelle &#187;. Car si l'on s'en tient &#224; la d&#233;finition stricte du terme &#171; aust&#233;rit&#233; &#187; donn&#233; par le Premier ministre, c'est d&#233;j&#224; ce qui a lieu, avec par exemple le gel du point d'indice des fonctionnaires depuis trois ans et l'instauration d'une journ&#233;e de carence, un recul au niveau des prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hollandisme, en fin de compte, n'est rien d'autre qu'un sarkozysme, d'un nouveau type, plus pernicieux. Il repr&#233;sente la continuit&#233;, sous d'autres formes et avec d'autres m&#233;thodes, de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie fran&#231;aise en temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clins d'&#339;il, appels du pied et d&#233;claration d'amour : les socialistes et le Medef&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande a donc choisi de mettre en &#339;uvre, sur toute la ligne, la politique du Medef. Apr&#232;s les clins d'&#339;il au patronat au cours de la campagne, apr&#232;s les appels du pied succ&#233;dant aux sorties inconvenantes et mal polies sur la famille Peugeot du d&#233;but de l'&#233;t&#233; (on songera &#224; la pr&#233;sence de Ayrault et de ses ministre &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Medef au mois d'ao&#251;t &#227; Jouy-en-Josas), c'est finalement &#227; une v&#233;ritable d&#233;claration d'amour que s'est livr&#233; Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Montebourg : Dis-moi qui tu fr&#233;quentes et je te dirai qui tu es !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;RL&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Durant la primaire socialiste de 2011, Arnaud Montebourg proposait la mise sous tutelle des banques. Une telle d&#233;claration avait fait bondir Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; qui n'avait pas h&#233;sit&#233; &#227; comparer la proposition de l'actuel ministre du Redressement productif &#227; &#171; ce qu'ont fait les bolcheviks en 1917 &#187;. Cop&#233; (encore une fois&#8230;) avait tort. La revue L'Usine nouvelle a &#233;tudi&#233; la trajectoire sociale des membres du cabinet que Montebourg a constitu&#233;. Scoop : pas un seul bolchevik, de pr&#233;s ou de loin ! Parmi eux, on trouve une directrice de la strat&#233;gie de Saint-Gobain, un manager de PSA, un conseiller du pr&#233;sident d'EADS, un consultant de la Banque de France, un membre du directoire de la compagnie financie&#204;&#8364;re Saint Honore&#204; , la secre&#204; taire ge&#204; ne&#204; rale du Comite&#204; interministe&#204; riel de restructuration industrielle&#8230; L'ensemble des &#233;lites (industrielle, financi&#232;re, administrative) sont repr&#233;sent&#233;es. Dans un minist&#232;re charg&#233; de g&#233;rer la vague de plans sociaux que le patronat essaie d'imposer, la composition sociale du cabinet ne saurait &#234;tre plus claire. Par del&#224; ses marini&#232;res et les envol&#233;es de Montebourg sur les &#171; nationalisations temporaires &#187;, lorsqu'il faudra trancher en faveur des travailleurs ou du patronat, pour qui va trancher ce cabinet minist&#233;riel ? S'il fallait une preuve, une de plus, que ce gouvernement est au service du patronat, la voici. Dis-moi qui tu fr&#233;quentes et je te dirai qui tu es !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence Parisot, la patronne du Medef, ne s'y est pas tromp&#233;e. Elle a d'abord commenc&#233; par envoyer ses fantassins au front, en la personne des &#171; pigeons &#187;, d&#233;but octobre. Puis, fin octobre, &#231;a a &#233;t&#233; le tour de la grosse cavalerie, avec la d&#233;claration belliqueuse des 98 grands patrons membres de l'Association Fran&#231;aises des Entreprises Priv&#233;es (AFEP), qui regroupe la majorit&#233; des groupes du CAC 40. Parisot peut en effet se d&#233;clarer finalement satisfaite de la r&#233;ussite de son op&#233;ration Blitzkrieg. &#171; Nous avons &#233;t&#233; entendus &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233; &#224; la suite des confidences d'Ayrault dans Les Echos. &#171; Nous pensons tr&#232;s clairement que les principes &#233;nonc&#233;s par le gouvernement vont dans la bonne direction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, comme les patrons ne sont jamais contents, elle dit regretter l'intrusion des administrateurs salari&#233;s dans les conseils d'administration des grands groupes. Qu'elle se rassure tout de m&#234;me et demande leur avis &#227; ses homologues allemands de Bosch, Siemens ou Volkswagen AG : la pr&#233;sence d'administrateurs salari&#233;s issus de la bureaucratie syndicale dans les conseils n'a jamais &#233;t&#233; un obstacle pour fragmenter, fragiliser et pr&#233;cariser le prol&#233;tariat. Elle d&#233;plore &#233;galement que le gouvernement n'ait arros&#233; ses amis que de dix milliards d'euros suppl&#233;mentaires, &#224; la place des vingt annonc&#233;s. Mais l&#224; encore, &#231;a fait partie de la propagande. Le patronat dans son ensemble, Medef et CGPME confondus, exulte apr&#232;s avoir gagn&#233; cette premi&#232;re manche, au c&#244;t&#233; du gouvernement, contre le monde du travail. Il n'y a bien que ses secteurs les plus r&#233;actionnaires (CroissancePlus) ou poujadistes (l'Union Professionnelle Artisanale) qui trouvent quelque chose &#227; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hollande, c'est le gouvernement du &#171; compromis historique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la grande nouveaut&#233;, c'est que le gouvernement Hollande est plus qu'un gouvernement au service du patronat, &#224; l'image de celui de Sarkozy, l'homme du Fouquet's et du yacht de Bollor&#233;. Le gouvernement Hollande, c'est avant tout le gouvernement qui appelle de ses v&#339;ux au &#171; compromis historique &#187;. C'est l'orientation d&#233;fendue par Hollande depuis la mi-novembre, lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8216;Compromesso storico' : la &#171; gauche &#187;, les syndicats contre les travailleurs et la jeunesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'expression utilis&#233;e par Hollande a &#233;t&#233; choisie avec soin. Les mots ont un sens et les formules une histoire, notamment en politique. Par &#171; compromis historique &#187;, Hollande fait r&#233;f&#233;rence &#224; la politique mise en &#339;uvre par le PC italien d'Enrico Berlinguer au cours des ann&#233;es 1970, ann&#233;es au cours desquelles s'est produit &#171; le mouvement social le plus large et irr&#233;ductible jamais produit par le monde occidental de l'apr&#232;s-guerre &#187;. Alors peut-&#234;tre que l'ancien militant d'extr&#234;me gauche et romancier (en cavale&#8230;) Cesare Battisti, &#224; l'origine de l'expression, exag&#232;re un peu, mais il est s&#251;r qu'au cours de cette p&#233;riode la p&#233;ninsule vit un processus de crise sociale, politique et &#233;conomique de grande envergure, et les prol&#233;taires et la jeunesse refusent d'en payer la facture. C'est les ann&#233;es du &#171; mai rampant &#187;. Face &#227; cette situation d'insubordination g&#233;n&#233;ralis&#233;e, le PC propose &#224; la D&#233;mocratie Chr&#233;tienne, son concurrent historique, au gouvernement depuis l'Apr&#232;s-guerre, ses bons et loyaux services. Berlinguer sait qu'avec son syndicat, la CGIL, il peut jouer un r&#244;le central pour g&#233;rer cette situation et r&#233;tablir l'ordre dans les usines, &#224; l'universit&#233;, dans les &#233;coles. Car le PCI n'a aucun int&#233;r&#234;t &#227; voir les ann&#233;es 1970 tourner au processus r&#233;volutionnaire. Le PCI est Communiste sur le papier, Italien dans les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend au final, et contre-r&#233;volutionnaire dans sa pratique contre le mouvement social, qu'il tente tour-&#224;-tour de chevaucher, de canaliser puis de briser en deux. PCI et CGIl n'h&#233;siteront pas &#227; collaborer avec les flics et la magistrature pour faire arr&#234;ter les militants et casser la dynamique ouvri&#232;re. Ce que Hollande appelle de ses v&#339;ux, ce n'est pas, bien &#233;videmment, la collaboration d'une force pour brider une pouss&#233;e ouvri&#232;re qui n'existe pas (encore). Mais il souhaite que les syndicats (ou la plupart d'entre eux) collaborent &#224; la mise en place des r&#233;formes, pour cog&#233;rer la crise avec un vernis de gauche, et agissent, en derni&#232;re instance, non seulement comme garde-fous face aux possibles retours de flamme ouvriers et populaires, mais &#233;galement, au besoin, comme police du capital au sein m&#234;me du monde du travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; compromis historique &#187;, c'est l'une des clefs de vo&#251;te de l'orientation de l'Ex&#233;cutif qui souhaite arriver avant la fin de l'ann&#233;e &#227; un compromis sur la question du march&#233; du travail en associant &#171; organisations syndicales et patronales [qui] doivent nouer un compromis historique (&#8230;) [avec pour objectifs de] donner aux salari&#233;s et aux entreprises plus de souplesse et plus de protection face aux al&#233;as de la conjoncture &#187;. Dans la fiction de l'&#233;galit&#233; du monde bourgeois, lorsque l'on met sur un pied d'&#233;galit&#233; travail et capital&#8230; c'est g&#233;n&#233;ralement les salari&#233;s qui trinquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la victoire de Hollande, &#224; laquelle ils ont d'ailleurs largement contribu&#233;, les syndicats ont tout fait pour &#233;viter le plus possible de mettre en difficult&#233; le gouvernement. Bien entendu, cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas pu ni d&#251; appeler &#227; manifester et &#227; se mobiliser, que ce soit le 29 septembre, le 30 ou encore le 14 [2]. Mais la logique qui a pr&#233;sid&#233; &#224; leurs appels, c'est toujours celle d'&#234;tre associ&#233;s, d'influencer, infl&#233;chir ou assouplir la politique du gouvernement. C'est bel et bien la ligne que d&#233;fendent, depuis la rentr&#233;e, les principales organisations syndicales, &#227; commencer bien entendu par la CFDT (qui veut garder la place de partenaire et interlocuteur privil&#233;gi&#233; du gouvernement), FO, mais aussi la FSU et la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du Pacte pour la croissance, la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi de Hollande-Ayrault est assez r&#233;v&#233;lateur &#227; ce sujet. De son c&#244;t&#233;, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que s'est &#171; f&#233;licit&#233; des mesures de comp&#233;titivit&#233; &#187; regrettant tout de m&#234;me que l'entr&#233;e en vigueur du cr&#233;dit d'imp&#244;t ne soit pas &#171; conditionn&#233; par des contreparties en termes de qualit&#233; de l'emploi &#187;. Jean-Claude Mailly, pour FO, a &#233;t&#233; beaucoup plus clair. A l'image de Parisot, il est lui aussi &#171; satisfait &#187;. Il en arrive &#227; se f&#233;liciter qu'il n'y ait &#171; ni baisse massive des cotisations, ni rel&#232;vement fort de la TVA ou de la CSG &#187; (ce qui est une parfaite contre-v&#233;rit&#233;) allant m&#234;me jusqu'&#224; &#233;voquer &#171; un ballon d'oxyg&#232;ne de la part de l'Etat aux entreprises qui n'aura pas d'impact sur la S&#233;curit&#233; sociale &#187;. Comme quoi, les patrons ne sont jamais mieux servis que&#8230; non pas par les syndicats patronaux, mais par les directions bureaucratiques des syndicats de salari&#233;s. La CGT, il est vrai, s'est montr&#233;e beaucoup moins enthousiaste,. Cela ne l'a cependant pas pouss&#233;e &#227; proposer des mesures concr&#232;tes pouvant aller vers un d&#233;but d'opposition au braquage annonc&#233; d'Ayrault en faveur du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second volet de la politique de contre-r&#233;forme que veut mettre en place le gouvernement, a &#233;t&#233; annonc&#233; lors de la conf&#233;rence sociale de juillet et r&#233;it&#233;r&#233; mi-novembre par Hollande, lors de sa conf&#233;rence de presse. Il a trait &#224; la r&#233;forme du march&#233; du travail que l'Ex&#233;cutif entend mettre en place avec l'aval des partenaires sociaux, c'est-&#224;-dire dans le cadre d'un v&#233;ritable &#171; compromis historique &#187;. Dans un premier temps, le dialogue social pr&#233;ventif, organis&#233; par les minist&#232;res de tutelle, avait pour but de renforcer l'attentisme post&#233;lectoral. Avec le &#171; compromis actif &#187;, c'est &#227; une v&#233;ritable trahison que Hollande appelle. Il n'est pas s&#251;r que toutes les directions marchent dans la combine, au regard notamment du prix &#227; payer en termes d'image aupr&#232;s d'une base militante qui est certes d&#233;boussol&#233;e parfois, mais qui n'a pas l'intention de laisser partir ses acquis avec le sourire en prime. l&#224; encore, l'intention n'est pas d'essayer de frapper un grand coup comme aurait pu le faire Sarkozy, mais d'associer le plus possible les directions syndicales, d'abord &#224; la logique de la n&#233;gociation puis &#224; la signature, pour mieux mettre au pas les r&#233;calcitrants. C'est ce qui a d&#233;j&#224; commenc&#233;, par voie de presse notamment, autour de l'affaire Ark&#233;ma de Pierre-B&#233;nite dans la banlieue lyonnaise. La CGT de l'entreprise et les salari&#233;s se sont oppos&#233;s, pendant trois semaines de conflit, au chantage &#224; la comp&#233;titivit&#233; que veut imposer le premier groupe chimiste fran&#231;ais sur son site rhodanien qui est sans doute l'un des plus combatif dans l'Hexagone [3]. C'est aujourd'hui la section CGT d'Ark&#233;ma qui est montr&#233;e du doigt, comme si c'&#233;taient les travailleurs et leur syndicat &#224; la base qui devaient porter le chapeau des menaces de licenciement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;conomiste un tant soit peu s&#233;rieux sait pertinemment qu'il n'y a pas de diff&#233;rence sensible entre le salaire moyen horaire en Allemagne et en France, pour ne prendre que les deux exemples ressass&#233;s &#224; l'envi par les m&#233;dias. Ce qui joue en revanche, pour la sacro-sainte comp&#233;titivit&#233;, c'est l'ensemble des filets de s&#233;curit&#233;, des acquis sociaux et des modalit&#233;s contractuelles qui subsistent en France, alors qu'elles ont largement vol&#233; en &#233;clats, Outre-Rhin. C'est notamment sous Schr&#246;der, &#227; travers la mise en place de l'Agenda 2010, avec la collaboration de la DGB, que des attaques majeures ont &#233;t&#233; port&#233;es, au plus grand b&#233;n&#233;fice du patronat allemand. L'&#233;tape suivante pour Hollande, c'est l'atomisation du march&#233; du travail, que le patronat appelle de ses v&#339;ux, et &#224; laquelle aucun gouvernement n'a encore os&#233; s'atteler. Seul un gouvernement &#171; de gauche &#187; est capable de la mettre en musique, avec dans un premier temps l'implication de l'ensemble des syndicats dans une n&#233;gociation dont les d&#233;s sont pip&#233;s &#224; l'avance. Par la suite, Hollande sait pertinemment qu'il pourra au besoin, marginaliser telle ou telle organisation, f&#233;d&#233;ration ou union d&#233;partementale ou locale qui ren&#226;clerait, comme a pu le faire le patronat italien avec la FIOM (metallos de la CGIL) par exemple [4], ou comme on a pu le voir, &#227; petite &#233;chelle, avec &#171; l'affaire Ark&#233;ma &#187;. En cas d'absence d'accord (ou d'accord partiel), Hollande a annonc&#233; qu'il prendrait &#171; ses responsabilit&#233;s &#187;. Nul doute &#227; avoir l&#224; -dessus. Il prendra la responsabilit&#233; de mettre en place ce que le patronat lui aura demand&#233;. En attendant de pouvoir disposer d'un cadre national, les patrons de l'automobile commencent d&#233;j&#224; &#227; anticiper la logique, avec les accords que Renault veut mettre en place ou ceux qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; sign&#233;s &#227; SevelNord (PSA) par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une base sociale qui s'&#233;corne&#8230; d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de maintenir &#171; le dialogue &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique ne se fait pas sans un coup politique certain. En t&#233;moigne par exemple le r&#233;tr&#233;cissement acc&#233;l&#233;r&#233; de la base sociale ayant port&#233; Hollande au pouvoir. L'antisarkozysme qui avait servi de ciment n'est aujourd'hui plus suffisant au moment o&#249; Hollande poursuit et amplifie le projet de d&#233;tricotage &#227; grande &#233;chelle des acquis sociaux du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction de l'assise sociale du gouvernement n'est pas sans poser probl&#232;me. Ce n'est pas impun&#233;ment que l'on stagne &#227; 44% d'opinion favorable au bout de six mois pass&#233;s &#224; l'Elys&#233;e, surtout lorsque l'on doit disposer de marges de man&#339;uvre cons&#233;quentes pour attaquer. C'est bien pour cela qu'au niveau directement social, c'est la logique du dialogue et du compromis &#224; laquelle participent toutes les directions syndicales qui permet &#227; Hollande et Ayrault d'avancer sans coup f&#233;rir pour l'instant. Ce n'est pas un hasard, par exemple, si la conflictualit&#233; est beaucoup plus forte pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; les relais de la gauche sont les plus faibles (dans la jeunesse, dans les milieux &#233;colos radicaux) ou alors parfaitement align&#233;s sur le gouvernement (sans feindre &#171; l'opposition constructive &#187; &#224; l'image du PCF de Loire Atlantique). On songera bien entendu au cas assez paradigmatique de la r&#233;sistance contre &#171; l'Ayraultport &#187; de Notre-Dame-des-Landes [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de l&#224; que d&#233;coule l'ambigu&#239;t&#233; du positionnement de la &#171; gauche du gouvernement &#187;, en l'occurrence du FdG, avec le PCF et le Parti de Gauche surtout, tiraill&#233;e entre un &#171; soutien sans participation &#187; qui ne dit pas son nom, comme a pu le prouver le vote du collectif budg&#233;taire fin juillet, et un &#171; ni gouvernement, ni opposition &#187; qui a le m&#233;rite de ne pas insulter l'avenir, quel qu'il soit. C'est pour cela qu'on a pu voir encore derni&#232;rement un M&#233;lenchon, &#224; l'image des bureaucrates syndicaux, re&#231;u lui aussi &#224; l'Elys&#233;e, lancer une vol&#233;e de bois vert contre le gouvernement ; ou voir un groupe PCF au S&#233;nat voter contre ou s'abstenir sur tel ou tel volet de la loi de finances cet automne. Par-del&#224; la surench&#232;re, sur la forme, entre un Pierre Laurent, s&#233;nateur, et un M&#233;lenchon, priv&#233; de tribune parlementaire, ce n'est en aucun cas le terrain de l'opposition frontale, d&#233;termin&#233;e et de classe face &#227; ce gouvernement qui se pr&#233;pare. Et c'est l&#224; notre diff&#233;rence fondamentale avec cette &#171; gauche du gouvernement &#187; ; une diff&#233;rence sur laquelle l'extr&#234;me gauche n'insiste pas du tout, alors que ce serait une ligne de force pour mettre sur pied une orientation pr&#233;paratoire pour les luttes qui vont se structurer d'une fa&#231;on ou d'une autre, &#227; mesure que la crise et les attaques vont aller s'intensifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'automne chaud &#224; la ti&#233;deur des tables rondes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois, il &#233;tait parfaitement l&#233;gitime de faire le pari d'un &#171; automne chaud &#187;. De fa&#231;on assez in&#233;dite par rapport aux campagnes pr&#233;c&#233;dentes, occasion g&#233;n&#233;ralement d'une suspension de la conflictualit&#233; sociale et d'une expectative dans le monde du travail, un certain nombre de luttes s'&#233;taient invit&#233;es, d&#232;s le cours du printemps, dans le d&#233;bat pr&#233;sidentiel et pour les l&#233;gislatives. On songera, pour les plus embl&#233;matiques, &#227; Florange, PSA Aulnay, SeaFrance, Doux ou encore G&#233;odis et P&#233;troplus. Il s'agissait-l&#224; autant d'un sympt&#244;me de la profondeur de la crise que d'un certain &#233;tat d'esprit chez les travailleurs menac&#233;s. On pouvait tabler qu'au vu des 400.000 suppressions d'emplois pr&#233;vues (et qui aujourd'hui sont en train de passer) et des mensonges du patronat, qui ont gard&#233; sous le coude les PSE les plus explosifs pour apr&#232;s la campagne pr&#233;sidentielles, on allait assister &#227; de forts mouvements de col&#232;re. Mais le ras-le-bol a, somme toute, &#233;t&#233; passablement contenu, si l'on songe &#227; ce qui s'est pass&#233; &#227; Sanofi, chez Air France, &#227; Doux ou m&#234;me PSA et Arcelor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, on peut expliquer cette situation par le brusque contrecoup du virage de Hollande. Les travailleurs n'avaient certes pas grande illusion dans les promesses de changement de ce nouveau &#171; gouvernement de gauche &#187;, &#233;lu surtout par antisarkozysme. En revanche, Ils ne s'attendaient sans doute pas &#227; autant de brutalit&#233; et de rapidit&#233; dans la mise en musique de l'aust&#233;rit&#233; ni au cynisme avec lequel le gouvernement couvre les licenciements dans le priv&#233;, soufflant le chaud et le froid, allant m&#234;me jusqu'&#224; parler de &#171; nationalisation partielle &#187; dans le cas du site de Florange, pour apr&#232;s se ranger derri&#232;re les positions de Mittal. On ne peut pas non plus comprendre cette situation sans la politique de n&#233;gociations et de tables rondes que valident les conf&#233;d&#233;rations syndicales, alors m&#234;me qu'il n'y a rien &#227; n&#233;gocier, pas m&#234;me de &#171; grain &#227; moudre &#187; pour reprendre l'expression de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Force Ouvri&#232;re entre 1963 et 1989, Andr&#233; Bergeron, qui n'avait rien d'un r&#233;volutionnaire mais &#233;tait au moins un bureaucrate syndical un peu pragmatique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, &#224; la diff&#233;rence de la vague de luttes contre les licenciements et les fermetures de 2008-2009, il y a la conscience qu'il faut sauver les emplois et refuser toute logique d'indemnit&#233;s de d&#233;part. Chacun sait maintenant, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience de ces derni&#232;res ann&#233;es, que personne ne se sauvera, pas m&#234;me avec un ch&#232;que de plusieurs dizaines de milliers d'euros en poche. C'est tout juste assez pour vivre avec sa famille quelque temps, mais pas assez pour survivre, et c'est surtout un instrument de destruction de ce que le monde du travail a de plus pr&#233;cieux : sa socialit&#233;, sa solidarit&#233;, sa dignit&#233;, sans lesquelles la vie est souvent insoutenable. C'est ce que disent aujourd'hui de nombreux militants de chez Conti, qui &#233;taient &#224; la pointe des combats en 2008-2009 pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de 2008-2009, on aurait pu imaginer, &#224; la lumi&#232;re de cette exp&#233;rience, la mise en place d'un d&#233;but de coordination des bo&#238;tes menac&#233;es et des bo&#238;tes et entreprises en lutte, &#227; commencer par les plus paradigmatiques, celles qui faisaient la une de la presse, qui &#233;taient le quotidien des conversations, chez les coll&#232;gues de boulot ou dans les &#233;quipes syndicales. C'&#233;tait notamment le cas de PSA Aulnay, l&#224; o&#249; l'extr&#234;me gauche a de surcro&#238;t un poids d&#233;cisif au sein de la CGT, et o&#249; un bon tiers des travailleurs &#233;taient (et sont encore tr&#232;s certainement) tr&#232;s remont&#233;s contre la famille Peugeot, Philippe Varin et le gouvernement. Mais ce n'est pas ce qui s'est pass&#233;. Rien n'est perdu cependant, par-del&#224; cette premi&#232;re manche qui se ferme.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A Florange comme ailleurs, expropriation, nationalisation, contr&#244;le ouvrier !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les travailleurs d'ArcelorMittal de Florange, depuis des mois maintenant, ne s'avouent pas vaincus et continuent &#227; r&#233;sister [6]. Forts de l'exp&#233;rience de leurs camarades de Gandrange, qui ont fait les frais de la cupidit&#233; de Mittal, ils revendiquent depuis des mois maintenant le maintien de l'activit&#233; sur l'ensemble du site, tant pour le secteur &#171; fili&#232;re chaude &#187; que pour le secteur &#171; fili&#232;re froide &#187;. Leur d&#233;termination &#227; refuser la fermeture partielle du site a conduit &#233;lus locaux et une partie du gouvernement, avec le soutien tacite de Hollande dans un premier temps, &#227; parler de &#171; nationalisation temporaire &#187; face &#224; l'intransigeance de Mittal. Retournement de situation du premier week-end de d&#233;cembre : le gouvernement, tout en reconnaissant que les promesses de Mittal n'engagent que ceux qui y croient, a fait marche arri&#232;re. Monteboug a mang&#233; son chapeau et Ayrault s'est para&#238;t-il mis d'accord avec Mittal &#227; travers un accord qui est sign&#233; au d&#233;triment des salari&#233;s. Mittal ne s'engage sur rien, pas m&#234;me les emplois et promet des investissements qui sont d&#233;j&#224; provisionn&#233;s. Il recule juste par rapport &#224; la fermeture en cas d'absence de repreneur, ce qui se profilait &#227; premi&#232;re vue. Rien n'est jou&#233; &#224; l'heure actuelle et les travailleurs n'ont pas dit leur dernier mot. Le gouvernement, bien entendu, esp&#232;re les convaincre d'accepter l'accord en l'&#233;tat et que les choses rentrent dans l'ordre (celui de la bourgeoisie, il va sans dire). Ce qui est s&#251;r en tout cas, c'est que la d&#233;termination des travailleurs a fait que politiciens et des fractions de la bourgeoisie ont d&#251;, en toute h&#226;te, sortir de leur chapeau la &#171; nationalisation &#187; pour essayer de calmer le jeu, &#224; la fois dans le camp des travailleurs et &#233;galement pour faire semblant de rappeler Mittal &#224; l'ordre. La le&#231;on, en fin de compte, c'est que les travailleurs, par leur lutte, et plus encore si elle se coordonne et se g&#233;n&#233;ralise entre plusieurs sites, voire plusieurs branches, ont la capacit&#233; de brusquer la donne politique. Mais c'est &#227; eux de dicter l'agenda : ils en ont les capacit&#233;s, s'ils s'en donnent les moyens. A Florange comme ailleurs, ce qu'il faut, c'est la nationalisation, sans indemnit&#233; ni rachat (les actionnaires se sont suffisamment gav&#233;s), sous le contr&#244;le des travailleurs. Eux savent comment produire. Eux-seuls ont int&#233;r&#234;t au maintien de la production, de sa reconversion &#233;ventuelle, au profit des besoins de la population, en termes de transports publics ou de logements sociaux. La le&#231;on ne vaut pas que pour Florange. C'est bien &#231;a aussi ce qu'il faut retenir, et que le gouvernement veut tout faire pour nous faire oublier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons du tournant brusque de Hollande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la gauche qui se place dans le cadre du syst&#232;me (plus ou moins m&#226;tin&#233; de &#171; r&#233;volution citoyenne &#187; ou de &#171; refondation d&#233;mocratique &#187;), il y avait dans la campagne deux grandes options. D'un c&#244;t&#233;, ceux qui d&#233;fendaient une politique de l'offre et mettaient en avant la n&#233;cessit&#233; de placer le curseur sur la redistribution, afin de relancer la machine. Nous ne reviendrons pas ici sur le caract&#232;re parfaitement impuissant et l'aspect totalement r&#233;actionnaire du n&#233;o-keyn&#233;sianisme &#224; la M&#233;lenchon, a fortiori lorsqu'il est assaisonn&#233; de protectionnisme hexagonal. De l'autre c&#244;t&#233;, l'option politique plus ferme de r&#233;duction des d&#233;ficits, coupl&#233;e toutefois &#227; une hypoth&#233;tique &#171; relance par la croissance &#187;. C'&#233;tait la ligne d&#233;fendue par Hollande et ses alli&#233;s &#233;colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversion de Hollande au &#171; socialisme de l'offre &#187;, ce n'&#233;tait pas seulement se ranger d&#233;finitivement du c&#244;t&#233; de l'aile la plus droiti&#232;re du social-lib&#233;ralisme europ&#233;en, des Schr&#246;der et des Tony Blair. Ce tournant pr&#233;visible mais op&#233;r&#233; brusquement c'&#233;tait aussi anticiper la d&#233;gradation tr&#232;s probable de la situation hexagonale contre laquelle pourraient commencer &#227; jouer &#171; les march&#233;s &#187; comme on a pu le voir avec les cas de l'Etat espagnol ou de l'Italie, avec un spread qui a atteint, au cours des douze derniers mois, un niveau historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si l'organe central des secteurs les plus lib&#233;raux de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, The Economist, titrait en une de son &#233;dition du 17 novembre que la France &#233;tait &#171; la bombe &#227; retardement au c&#339;ur de l'Europe &#187;. Avec la v&#233;ritable d&#233;claration de guerre que repr&#233;sente le rapport Gallois repris dans sa quasi int&#233;gralit&#233; par le gouvernement, deux illusions sont en train de tomber : celle que Hollande serait, finalement, &#171; moins pire &#187; que Sarkozy et celle qu'il pourrait y avoir, pour la bourgeoisie et le patronat, une autre politique que celle que le gouvernement est en train de mettre en &#339;uvre, contraint et forc&#233; par la crise en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des exp&#233;riences de l'Union de la gauche au gouvernement en 1981 puis sous la Gauche plurielle entre 1997 et 2002, aucune contestation d'ampleur n'a pu na&#238;tre. La raison principale &#227; cela tient au fait que la camisole de force impos&#233;e au mouvement ouvrier et social par les bureaucraties syndicales et par la gauche-b&#233;quille de gouvernement (en l'occurrence le PCF de l'&#233;poque) a syst&#233;matiquement tenu. Aujourd'hui, les principaux bataillons du monde du travail, dans le priv&#233; comme dans le public, sont passablement d&#233;boussol&#233;s, c'est un fait. Dire qu'ils ont &#233;t&#233; d&#233;faits, ce serait une erreur, et prendre les luttes de r&#233;sistance qui ont &#233;t&#233; men&#233;es depuis 1995 (en 2003, en 2006, en 2009 et en 2010), pour des B&#233;r&#233;zina. Comme on a pu le voir tr&#232;s localement en 2009 et encore aujourd'hui, dans les luttes contre les licenciements ou au Salon de l'auto par exemple, il existe plusieurs centaines d'&#233;quipes syndicales et militantes combatives sur les lieux de travail, qui seront contraintes d'entamer une d&#233;fense pied &#227; pied face au rouleau compresseur de la crise qui commence r&#233;ellement &#227; se mettre en branle. Ne pas consid&#233;rer cet &#233;l&#233;ment essentiel de la situation sociale nationale, ne pas se donner les moyens de proposer &#227; ces &#233;quipes et aux milliers de travailleurs radicalis&#233;s qu'elles repr&#233;sentent une orientation politique qui soit aussi transitoire et r&#233;volutionnaire que l'exige le caract&#232;re radical de la crise, c'est aujourd'hui pr&#233;parer les d&#233;faites de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche, &#227; commencer par le NPA, se doit de se pr&#233;parer, aujourd'hui, aux explosions &#227; venir. Cela passe par un basculement du centre de gravit&#233; du parti en direction des entreprises strat&#233;giques du secteur priv&#233; et public et du monde du travail en g&#233;n&#233;ral, mais &#233;galement par une orientation radicalement alternative &#227; celle des directions syndicales et du para-syndicalisme plus ou moins combatif pratiqu&#233; par d'autres, qui accompagne aujourd'hui la pr&#233;paration des licenciements sur Aulnay, ou vise, comme dans le cas de M&#233;lenchon et du FdG, &#227; essayer de pr&#233;parer de meilleures conditions &#227; un hypoth&#233;tique retournement de situation parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas renvoyer les luttes aux calendes grecques&#8230; mais se pr&#233;parer &#227; un calendrier grec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux potentialit&#233;s de la situation, force est de constater que l'extr&#234;me gauche en g&#233;n&#233;ral, m&#234;me lorsqu'elle est en position de diriger des conflits, a &#233;t&#233; tr&#232;s en-de&#231;&#224; des t&#226;ches de d&#233;fense et de pr&#233;paration auxquelles nous devrions nous atteler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut d'une coordination, m&#234;me embryonnaire, des bo&#238;tes en lutte ou menac&#233;es, il faudrait au moins que les secteurs du monde du travail les plus d&#233;termin&#233;s &#224; lutter contre les PSE, pour la sauvegarde des emplois et de l'activit&#233;, contre la rigueur budg&#233;taire et les attaques contre les salaires, soient aussi radicaux dans la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts et dans la politique qu'il seraient d&#233;cid&#233;s &#227; suivre que ne l'ont &#233;t&#233; &#171; les pigeons &#187; ou les 98 patrons de l'AFEP. Ce serait le meilleur levier pour exiger que les directions syndicales rompent imm&#233;diatement tout dialogue et n&#233;gociation avec le gouvernement et le patronat, l&#224; pr&#233;cis&#233;ment o&#249; il n'y a rien &#227; discuter si ce n'est une d&#233;gradation concert&#233;e de nos conditions de travail et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il faudrait d&#233;fendre un programme r&#233;volutionnaire, dans la propagande et dans les bagarres, c'est-&#224;-dire faire le pari du monde du travail, au sens le plus large du terme, non pas comme instrument de pression, ou parasyndicaliste, et encore moins comme sujet messianique. Il s'agit de faire le pari politique et pratique de la classe ouvri&#232;re comme sujet h&#233;g&#233;monique, capable de prendre concr&#232;tement son destin en main, &#227; commencer par ses luttes, capable de s'adresser au reste de la soci&#233;t&#233;, &#227; travers une orientation ambitieuse, transitoire, posant la question de la d&#233;fense de tous ses acquis, &#227; commencer par les postes de travail et la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela implique de poser la question du contr&#244;le, dans l'entreprise, mais &#233;galement plus largement du pouvoir, face au patronat et &#227; un gouvernement qui est &#227; son service. La seule garantie pour que la question de la nationalisation ne soit pas pos&#233;e comme un leurre ou une pseudo-menace face aux app&#233;tits patronaux ou une simple mesure temporaire avant de fermer, c'est de poser la question de qui contr&#244;le les comptes, la production et la gestion de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation hexagonale est encore sous contr&#244;le pour la bourgeoisie, tant au niveau de la fa&#231;on dont elle dicte le rythme des contre-r&#233;formes et des attaques que du point de vue objectif, celui de la crise. Que cette derni&#232;re, cependant, va aller en s'aggravant, il n'y a pas de doute l&#224; dessus. C'est le signal d'ailleurs qu'a lanc&#233; la presse &#233;conomique hexagonale et internationale &#227; Hollande derni&#232;rement. Pour r&#233;pondre &#227; cette configuration, la classe dominante va avoir besoin de mener des attaques encore plus fortes. Le compl&#233;ment de ces attaques en interne, va &#234;tre une exacerbation de l'agressivit&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais (comme de tous les imp&#233;rialismes) vis-&#224;-vis de ses partenaires et concurrents dont les peuples de la p&#233;riph&#233;rie seront les premiers &#227; faire les frais. Il suffit de songer, pour cela, &#224; la situation actuelle au Mali, aux menaces d'intervention militaire orchestr&#233;e par la France, ou encore &#224; l'activisme diplomatique de Hollande qui vient de reconna&#238;tre le soi-disant gouvernement syrien libre, peupl&#233; pourtant des m&#234;mes djihadistes soutenus par le Qatar que Paris dit vouloir combattre en Afrique de l'Ouest [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est de savoir dans quelle situation se trouveront les r&#233;volutionnaires lorsque la France commencera r&#233;ellement &#227; traverser une situation &#224; la grecque ou &#224; l'espagnole, hypoth&#232;se qui semblait improbable il y a quelques mois et qui aujourd'hui est loin d'&#234;tre exclue, du moins dans les prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la crise de l'Europe du capital, disposera-t-on d'une gauche r&#233;volutionnaire qui combattra ouvertement pour les Etats-Unis Socialistes d'Europe, la seule solution progressiste pour les travailleurs, la jeunesse et les peuples, ou sera-t-on face &#224; la fausse alternative d'une d&#233;fense r&#233;publicaine et hexagonale de la France face &#224; la mondialisation et une Europe sociale, projet aussi vague qu'utopique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'exacerbation des tensions, &#224; la fragmentation raciste et x&#233;nophobe au sein m&#234;me de notre classe, face aux pouss&#233;es r&#233;actionnaires, sera-t-on capable d'opposer des groupes d'autod&#233;fense sur la base des organisation ouvri&#232;res et populaires, ou se contentera-t-on de demander, comme la gauche r&#233;publicaine, la dissolution de Civitas ou du GUD, sans m&#234;me aborder une situation &#224; la grecque o&#249; le d&#233;fi que pose Aube Dor&#233;e aux organisations est encore plus grave que celui que posent aujourd'hui les apprentis nazillons fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la poursuite des plans sociaux et aux attaques contre l'emploi, aura-t-on une extr&#234;me gauche qui sera &#227; m&#234;me d'opposer aux licenciements la perspective concr&#232;te de leur interdiction par la mobilisation, la coordination, l'occupation et la mise en production sous contr&#244;le des travailleurs des entreprises qui ferment ou qui licencient, ou ces mots d'ordre resteront-ils sur le papier, substitu&#233;s par une politique de cogestion des licenciements, quand il ne s'agit pas de chercher la voie d'une loi d'interdiction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au discr&#233;dit qui p&#232;se sur les partis de la bourgeoisie, de gauche comme de droite d'ailleurs, une dynamique &#224; l'&#339;uvre en Europe et dont on voit clairement les signes avant-coureurs en France, aura-t-on une extr&#234;me gauche qui posera la question d'un v&#233;ritable pouvoir des travailleur, auto-organis&#233;s et mobilis&#233;s, ou cherchera-t-on &#227; &#234;tre une simple force d'appoint pour ceux qui souhaitent seulement une nouvelle majorit&#233; parlementaire, un &#171; gouvernement anti-crise &#187;, sur la base d'une reconfiguration des groupes au Palais Bourbon, pour gouverner &#171; dans les dix ans &#227; venir &#187; comme le souhaite M&#233;lenchon et le FdG ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question aujourd'hui est de savoir si, au vu des luttes pass&#233;es, des &#233;quipes syndicales qui continuent &#227; se bagarrer et de l'explosivit&#233; de la situation, il &#233;mergera en France, dans les ann&#233;es &#227; venir, une force communiste et r&#233;volutionnaire, un parti de notre classe, qui soit &#224; la hauteur des enjeux pos&#233;s par la p&#233;riode et qui puisse &#234;tre &#227; m&#234;me d'organiser les bataillons les plus r&#233;solus et radicaux de notre classe face aux d&#233;tachements les plus d&#233;cid&#233;s de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La montre joue pour la bourgeoisie et le calendrier, tel qu'il se profile, ne d&#233;pend pas de nous. Ce qui d&#233;pend de nous en revanche, c'est de jeter les bases d'une telle organisation communiste de combat et d'&#234;tre les plus nombreuses et nombreux possible &#227; relever le d&#233;fi des t&#226;ches pr&#233;paratoires. Il ne s'agit pas d'une simple question de quantit&#233;, mais &#233;galement de localisation, par rapport aux bastions d&#233;cisifs du prol&#233;tariat industriel, des services et de l'administration, l&#224; o&#249; l'&#233;conomie peut commencer &#227; hoqueter, &#227; &#234;tre paralys&#233;e, l&#224; o&#249; l'on peut prendre le patronat et l'Etat &#224; la gorge, comme ils s'appr&#234;tent &#224; le faire avec nous. C'est dans cette perspective que nous menons notre orientation, en esp&#233;rant que le NPA sera partie prenante de ce &#171; tournant &#187; n&#233;cessaire pour l'extr&#234;me gauche hexagonale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;03/12/12&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Les bourgeoisies allemande et italienne ont un tour d'avance sur le patronat hexagonal. Dans les deux cas, et ce n'est sans doute pas un hasard, c'est la &#171; gauche &#187; au gouvernement qui a commenc&#233; &#227; entamer la destruction m&#233;thodique du cadre national du contrat de travail instaur&#233; sous la pression des luttes sociales et cristallis&#233; autour du pacte social d'apr&#232;s-guerre. En Italie, c'est sous le premier gouvernement Prodi, avec le &#171; paquet Treu &#187;, que le march&#233; du travail a commenc&#233; &#227; &#234;tre d&#233;mantel&#233;. En Allemagne, c'est Schr&#246;der qui s'en est charg&#233;, dans le cadre de &#171; l'Agenda 2010 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] A ce sujet voir notamment &#171; Des dizaines de milliers de personnes dans la rue le 30 septembre &#187;, 02/10/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Dire-non-a-l-au...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Dire-non-a-l-au...&lt;/a&gt;, V. Duse et P. Alcoy, &#171; Le 9 octobre au salon de l'auto. Des lacrymos mais surtout une grosse envie de lutter &#187;, 11/10/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Des-lacrymos-ma...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Des-lacrymos-ma...&lt;/a&gt;, N. Michel, &#171; Participation importante des &#233;quipes syndicales &#224; la journ&#233;e du 9 octobre &#187;, 12/10/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Et-maintenant-o..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Et-maintenant-o..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] On se r&#233;f&#233;rera notamment &#224; la pleine page des Echos, &#171; Pierre-B&#233;nite, l'histoire d'une impasse &#224; la fran&#231;aise &#187;, Les Echos, 03/12/12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir &#227; ce sujet M. Zerbino, &#171; Chantage &#224; l'emploi et d&#233;gradation des conditions de travail dans l'automobile. Retour sur les accords de comp&#233;titivit&#233; chez Fiat en Italie &#187;, 16/11/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Retour-sur-les-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Retour-sur-les-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Voir &#227; ce sujet N. Michel et F. Robertovic, &#171; La lutte contre &#8216;l'ayraultport' de Notre-Dame-des-Landes. Un caillou dans la chaussure de Hollande ou un pav&#233; contre le gouvernement ? &#187;, 29/11/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/La-lutte-contre..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/La-lutte-contre..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir notamment L. Varlet, &#171; ArcelorMittal, les sid&#233;rurgiste lorrains s'invitent dans la campagne. Non &#224; la fermeture du site de Florange &#187;, 21/03/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Non-a-la-fermet..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Non-a-la-fermet..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] [Sur le Mali et la politique fran&#231;africaine des socialistes, voir notamment L. Guillaume et M. Macna, &#171; Fran&#231;ois Hollande et la Fran&#231;afrique. Retour sur quatre mois de gestion &#8216;socialiste' de l'imp&#233;rialisme &#187;, 10/11/12 &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Retour-sur-quat..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Retour-sur-quat..&lt;/a&gt;. et L. Guillaume, &#171; Ing&#233;rence diplomatqiue et projet d'intervention militaire au Nord-Mali &#187;, 30/11/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Ingerence-diplo..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Ingerence-diplo..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>PSA Aulnay : Il est encore possible de gagner !</title>
		<link>https://www.estrategiainternacional.org/PSA-Aulnay-Il-est-encore-possible-de-gagner</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Jean-Patrick Clech</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
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		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject>France : PSA en lutte</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'annonce d'une restructuration du groupe PSA incluant la suppression de 8000 emplois et la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, tomb&#233;e avant les vacances d'&#233;t&#233;, n'&#233;tait pas vraiment une surprise. Plusieurs mois auparavant, des membres de la CGT du site avaient d&#233;j&#224; pris connaissance du projet de fermeture du site d'Aulnay, et l'avaient fait savoir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Movimiento-Obrero" rel="tag"&gt;Movimiento Obrero&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.estrategiainternacional.org/PSA-en-lutte" rel="tag"&gt;France : PSA en lutte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3165 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L500xH291/arton5757-cb150.jpg?1702638476' width='500' height='291' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Daniela Cobet et Vincent Duse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'annonce d'une restructuration du groupe PSA incluant la suppression de 8000 emplois et la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, tomb&#233;e avant les vacances d'&#233;t&#233;, n'&#233;tait pas vraiment une surprise. Plusieurs mois auparavant, des membres de la CGT du site avaient d&#233;j&#224; pris connaissance du projet de fermeture du site d'Aulnay, et l'avaient fait savoir. La fermeture d'une usine terminale du secteur automobile serait une premi&#232;re en France depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es et constituerait un test r&#233;ussi pour le patronat fran&#231;ais et europ&#233;en. Il s'agit donc d'une digue, et si elle saute c'est toute une s&#233;rie d'autres usines qui fermeront derri&#232;re. Les patrons d'autres groupes automobiles l'annoncent d&#233;j&#224; . &#171; Si quelqu'un commence &#227; restructurer, cela obligera tout le monde &#227; suivre... &#187;, avait dit, en mars dernier, Carlos Ghosn, le pr&#233;sident de Renault. Selon une &#233;tude du cabinet Roland Berger dat&#233;e du 5 septembre, dix usines pourraient dispara&#238;tre en Europe dans les deux ou trois ans &#227; venir, et avec elles 80 000 emplois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3106 spip_documents'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/IMG/pdf/RP6-PSA-WEB.pdf&#034; title='PDF - 1.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.estrategiainternacional.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776695895' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le choix du site d'Aulnay n'est en ce sens pas un fait de hasard. Alors que des sp&#233;cialistes pensent que ce serait plus &#171; logique &#187;, du point de vue de la productivit&#233;, de fermer le site de Madrid, c'est celui de la Seine-Saint-Denis qui a &#233;t&#233; retenu. Car au-del&#224; des chiffres il y a des raisonnements politiques. L'usine d'Aulnay a &#233;t&#233; pendant ces derni&#232;res ann&#233;es un bastion de combativit&#233; au sein du secteur automobile, avec une CGT forte, tenue par l'extr&#234;me-gauche. Si le patronat r&#233;ussit &#227; briser la r&#233;sistance des travailleurs l&#224; o&#249; elle est cens&#233;e &#234;tre la plus dense, il pourra d&#233;clencher une offensive plus importante, assis sur un rapport de force nettement favorable. Voil&#224; pourquoi il s'agit d'une bataille strat&#233;gique pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Reste &#227; savoir : cette bataille, est-il possible de la gagner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;but de mobilisation, pour l'instant insuffisant face &#224; l'acharnement patronal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'annonce de la fermeture d'Aulnay et de la suppression de 8000 emplois chez PSA, un certain nombre d'initiatives ont &#233;t&#233; prises par les organisations syndicales : un rassemblement devant le si&#232;ge du groupe, un blocage d'autoroute, une manifestation &#224; l'Elys&#233;e, d'autres &#227; Rennes... Une intersyndicale a &#233;t&#233; constitu&#233;e et un &#171; comit&#233; de pr&#233;paration &#224; la lutte &#187; a &#233;t&#233; mis en place &#227; Aulnay, r&#233;unissant plus de 160 d&#233;l&#233;gu&#233;s d&#233;sign&#233;es dans les ateliers. Au moment o&#249; nous &#233;crivons cet article, deux nouvelles actions sont pr&#233;vues : un meeting dans une cit&#233; o&#249; vivent de nombreux ouvriers de l'usine le 29 septembre, et une action au Salon Mondial de l'Automobile dans le cadre de la journ&#233;e d'action appel&#233;e par les conf&#233;d&#233;rations syndicales le 9 octobre. Tout cela est positif, mais &#233;videmment insuffisant pour arr&#234;ter les plans du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes de PSA Aulnay argumentent que ce n'est pas &#233;vident de mobiliser les salari&#233;-e-s au-del&#224; des rangs traditionnellement les plus combatifs. C'est certainement en partie vrai. Tout le monde comprend qu'il s'agit d'un combat difficile et la direction mise au maximum sur la division entre les salari&#233;s du groupe. D'un c&#244;t&#233; elle propose des &#171; solutions &#187; &#227; d'autres sites qui &#233;taient sur la sellette comme Rennes et Sevelnord (nous y reviendrons) pour laisser celles et ceux d'Aulnay isol&#233;-e-s. De l'autre, elle a pr&#233;par&#233; le terrain pour transf&#233;rer la production actuellement prise en charge par Aulnay vers d'autres sites, notamment celui de Poissy. Ce qui revient &#227; mettre les sites en concurrence, et vise &#227; r&#233;duire l'impact d'une &#233;ventuelle gr&#232;ve &#227; Aulnay. Ensuite, elle fait courir l'information qu'&#224; Poissy, suite au licenciement de nombreux int&#233;rimaires et &#227; un certain nombre de d&#233;parts n&#233;goci&#233;s, &#171; il y aurait de la place &#187; pour 1500 salari&#233;s d'Aulnay (alors m&#234;me que le plan de la direction pr&#233;voit la suppression de 700 postes &#227; Poissy !). Le but de cette man&#339;uvre est de pouvoir opposer les travailleurs soit-disant reclassables &#224; l'int&#233;rieur du groupe &#227; celles et ceux qui ne le seraient pas, la menace de cette &#171; liste noire &#187; devenant un outil pour discipliner les salari&#233;-e-s en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sc&#233;nario, la tentation de privil&#233;gier des issues individuelles au lieu de parier sur un combat collectif est grande. On voit bien que la direction du groupe PSA a pr&#233;par&#233; un &#171; plan de guerre &#187; pour &#233;viter qu'une mobilisation d'ampleur puisse voir le jour contre les suppressions d'emploi et la fermeture du site d'Aulnay. La question est de savoir si les salari&#233;-e-s seront capables, au-del&#224; des d&#233;clarations, de se donner les moyens de retourner la situation pour gagner cette guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Briser l'isolement : vers un comit&#233; de lutte intersites et une gr&#232;ve de tout le groupe !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de l'ampleur des plans du patronat et des enjeux concernant la fermeture du site d'Aulnay, il est &#233;vident qu'une lutte, si forte soit-elle, si elle reste cantonn&#233;e dans une seule usine, ne sera pas capable de faire plier la direction de PSA. Seule l'extension du conflit &#227; d'autres sites du groupe, voir vers un mouvement d'ensemble contre les licenciements qui s'annoncent un peu partout en ce moment, serait capable de cr&#233;er le rapport de force n&#233;cessaire. Cela est d'autant plus possible que l'ensemble des sites de PSA sont touch&#233;s par le plan de la direction, que ce soit sous la forme de suppressions d'emploi, d'une flexibilisation croissante ou de l'augmentation des charges de travail et de la d&#233;gradation des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus embl&#233;matique est celui de &#171; l'accord de comp&#233;titivit&#233; &#187; qui est envisag&#233; sur le site de Sevelnord, r&#233;sultat du chantage patronal pour ne pas fermer ce site. Il comprend : a) un gel des salaires pendant deux ans (ce qui signifie la baisse du pouvoir d'achat), b) une mobilit&#233; forc&#233;e des travailleurs sur d'autres sites, m&#234;me sur des postes &#227; salaire inf&#233;rieur, voir des &#171; pr&#234;ts &#187; de salari&#233;s &#227; d'autres groupes du secteur automobile comme Toyota, c) la fin de l'indemnit&#233; &#227; 90% pour le ch&#244;mage partiel, d) r&#233;duction et mise &#227; disposition de l'employeur des journ&#233;es de RTT, e) temps de rattrapage obligatoire si les objectifs journaliers de production de sont pas atteints, f) baisse des indemnit&#233;s et primes pour le travail samedi ou en &#233;quipe de nuit, entre autres mesures... C'est &#227; dire une attaque frontale contre les conditions de travail et les acquis des salari&#233;s. Cet accord, qui aujourd'hui ne concernerait que le site de Sevelnord, pourrait ensuite &#234;tre &#233;tendu &#227; tous les autres puisque Varin s'est d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; &#171; pr&#234;t &#227; partager ce qui fonctionne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions sont donc r&#233;unies pour proposer une lutte d'ensemble des travailleurs, puisque nous sommes tous attaqu&#233;s. Et c'est bien ce dont les patrons ont peur, puisqu'ils font tout pour diviser. Si les salari&#233;s de PSA ont &#233;t&#233; capables d'organiser des d&#233;brayages simultan&#233;s sur la question de la mutuelle il y a quelques mois, si les raffineurs ont &#233;t&#233; capables d'organiser une gr&#232;ve nationale contre la fermeture du site de Flandres, alors, quand nous sommes tous attaqu&#233;s au m&#234;me moment, pourquoi ne serions-nous pas en mesure d'organiser une riposte coordonn&#233;e &#224; l'&#233;chelle de tout le groupe PSA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades de la CGT PSA Aulnay et de Lutte Ouvri&#232;re argumentent que toute initiative un peu offensive vers l'ext&#233;rieur serait pour l'instant pr&#233;cipit&#233;e, du fait d'une mobilisation qui n'a pas encore r&#233;ussi &#227; toucher une part suffisante des salari&#233;s. Ils affirment que dans le stade actuel, l'appel &#227; une mobilisation coordonn&#233;e entre les sites am&#232;nerait probablement &#227; un &#233;chec, ce qui tendrait &#227; d&#233;grader le rapport de force. Dans le m&#234;me temps, ils sont pourtant les premiers &#227; constater qu'une gr&#232;ve cantonn&#233;e au seul site d'Aulnay ne ferait pas avancer la lutte, puisque comme nous l'avons vu la direction s'est pr&#233;par&#233;e pour faire face &#227; un mouvement de ce type. Leur raisonnement nous am&#232;ne donc &#227; une impasse &#233;vidente. C'est sur ce point que nous souhaitons ouvrir ici un d&#233;bat fraternel avec ces camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car s'il est vrai qu'il n'y a pas pour l'instant un climat de bagarre g&#233;n&#233;ralis&#233; sur les sites du groupe, un certain nombre d'initiatives pourraient &#234;tre prises dans l'imm&#233;diat pour tester les possibilit&#233;s r&#233;elles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Une tourn&#233;e de copains de PSA Aulnay sur tous les sites du groupe, avec l'organisation de meetings/r&#233;unions avec les salari&#233;-e-s pour expliquer la situation et la n&#233;cessit&#233; de se battre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; L'extension du &#171; comit&#233; de pr&#233;paration &#224; la lutte &#187; &#227; tous les sites, avec des comit&#233;s par site r&#233;unissant des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier, syndiqu&#233;s ou pas, et la mise en place d'une coordination intersites. M&#234;me si au d&#233;but les comit&#233;s des autres sites r&#233;uniraient peut-&#234;tre moins de salari&#233;s qu'&#224; Aulnay, ce serait un premier pas vers une lutte coordonn&#233;e et auto-organis&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; La pr&#233;paration d'une journ&#233;e de gr&#232;ve nationale contre toutes les suppressions d'emploi dans le groupe et en solidarit&#233; avec les ouvriers d'Aulnay, contre la fermeture et dans la perspective d'un mouvement de gr&#232;ve reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est certainement plus facile &#227; dire qu'&#224; faire, mais les travailleurs d'Aulnay ont peu de choses &#227; perdre et il s'agit de la seule voie qui puisse emp&#234;cher la fermeture. Et il est &#233;vident que si les travailleurs commen&#231;aient &#227; voir la perspective d'une lutte d'ensemble, vraiment capable de faire plier la direction, ils seraient encourag&#233;s &#227; s'y engager plus massivement. Car aujourd'hui le manque de perspectives r&#233;elles, d'un v&#233;ritable plan de guerre en mesure d'imposer une d&#233;faite aux patrons, ouvre le terrain &#224; la d&#233;moralisation et &#224; la recherche de solutions individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que de nombreuses mutations vers d'autres sites, notamment de techniciens, sont d&#233;j&#224; en cours et r&#233;duisent jour apr&#232;s jour les effectifs d'Aulnay, en m&#234;me temps que l'id&#233;e de n&#233;gocier des indemnit&#233;s et des conditions de reclassement fait son chemin dans la t&#234;te de nombreux salari&#233;s comme &#233;tant la seule issue possible. Cette situation d&#233;grade chaque jour le rapport de force et r&#233;duit les possibilit&#233;s de victoire, raison pour laquelle un changement de politique devient plus qu'urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aucune confiance dans le gouvernement ! Expropriation de la famille Peugeot !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de pouvoir organiser une mobilisation d'ampleur, l'intersyndicale de PSA Aulnay a jusqu'&#224; pr&#233;sent mis&#233; sur des interpellations au gouvernement pour un gel du plan social, et a m&#234;me pr&#233;sent&#233; l'ouverture de n&#233;gociations tripartites comme une victoire. On devrait pourtant avoir tir&#233; des le&#231;ons de l'histoire r&#233;cente en ce qui concerne l'intervention des gouvernements &#171; de gauche &#187; dans ce type de conflit (Mitterrand face aux licenciements de 1984, Jospin &#227; Vilvoorde). De plus, apr&#232;s quelques d&#233;clarations d'intention d&#233;magogiques avant les vacances d'&#233;t&#233;, Hollande et Montebourg ont d&#233;j&#224; montr&#233; assez clairement qu'ils ne feront rien pour emp&#234;cher la fermeture du site d'Aulnay et les suppressions d'emploi dans l'ensemble du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, le gouvernement fait tout pour mieux faire passer la pilule des attaques contre les salari&#233;s. C'est le sens de la commande d'un rapport d'expert (Sartorius) pour d&#233;montrer la soit-disant in&#233;vitabilit&#233; des r&#233;ductions d'effectifs &#227; PSA. C'est le gouvernement lui m&#234;me qui le dit : &#171; Cette expertise ind&#233;pendante &#233;tait n&#233;cessaire. Elle permet de donner tous les &#233;l&#233;ments, de mani&#232;re &#233;quilibr&#233;e, pour comprendre la situation de PSA et pour contribuer au dialogue social qui d&#233;sormais doit s'ouvrir. Si le rapport ne comporte aucun scoop sur la situation de PSA, il fallait en passer par l&#224; pour restaurer la confiance entre les diff&#233;rents acteurs. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; PSA : la fermeture d'Aulnay n'est plus ''inacceptable'' &#187;, Le Monde, 11 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport permet aussi un changement de discours du gouvernement, qui d&#233;clarait initialement que le plan de PSA &#233;tait &#171; inacceptable &#187;, et d&#233;clare maintenant que &#171; la n&#233;cessit&#233;, dans son principe, d'un plan de r&#233;organisation des activit&#233;s industrielles et de r&#233;duction des effectifs de PSA Peugeot Citro&#235;n n'est malheureusement pas contestable &#187;, que &#171; aujourd'hui, des mesures de redressement sont indispensables &#187; et qu'il s'agit de faire en sorte que le plan soit &#171; limit&#233; au strict n&#233;cessaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce virage du discours du gouvernement devrait nous d&#233;montrer qu'on ne peut avoir aucune confiance envers la m&#233;diation de l'Etat, et donc dans les n&#233;gociations tripartites, et que les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces et leur propre capacit&#233; de mobilisation. Et d'autre part que les &#171; rapports d'experts &#187; sont souvent un pi&#232;ge pour les salari&#233;s, car leurs conclusions sont tir&#233;es selon l'optique des patrons, de la rentabilit&#233; et non pas de la survie de nos familles ! Le rapport Sartorius montre par exemple que si PSA est effectivement en difficult&#233; aujourd'hui, c'est en grande partie &#227; cause des dividendes exorbitants accord&#233;s aux actionnaires pendant des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il constate que dans la p&#233;riode qui va de 1999 &#227; 2011, &#171; le groupe PSA a distribu&#233; des dividendes pour un montant total de 2,8 milliards d'euros, tout en menant simultan&#233;ment un programme de rachat d'actions pour 3 milliards d'euros qui a permis aux actionnaires historiques de remonter au capital du groupe. [...]3 milliards d'euros qui ont &#233;t&#233; consacr&#233;s au rachat d'actions plut&#244;t qu'au d&#233;veloppement du groupe&#034;. Dans un contexte de crise, la distribution de 450 millions d'euros de dividendes au premier semestre 2011, apr&#232;s l'annonce d'un r&#233;tr&#233;cissement du march&#233; et des mauvais r&#233;sultats de PSA, para&#238;t aux yeux des experts &#171; inopportune &#187;. Ce que les experts dissimulent, malheureusement sans se voir opposer aucune critique profonde d'une partie des syndicats, c'est qu'il n'y a rien &#171; d'inopportun &#187; dans la fa&#231;on d'agir des actionnaires, car la logique m&#234;me du capital est de chercher &#227; se placer l&#224; o&#249; il peut &#234;tre le plus rentable, c'est &#227; dire l&#224; o&#249; il peut en retour g&#233;n&#233;rer encore plus de capital. En voyant les tendances &#224; la chute des profits dans le secteur automobile face &#224; la crise, la famille Peugeot a investi ces derni&#232;res ann&#233;es ses b&#233;n&#233;fices dans les vins de Bordeaux, dans les soci&#233;t&#233;s d'autoroutes, les instituts de sondage, les chaines de maisons de retraite... c'est &#227; dire tous les secteurs qui leur semblaient au contraire plus &#171; opportuns &#187; pour leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que le rapport ne conclut &#233;videmment pas, on s'en doute bien, c'est que ce serait aux actionnaires &#171; imprudents &#187; de rendre une partie de l'argent qu'ils ont amass&#233; gr&#226;ce &#224; la sueur des ouvriers, et non aux travailleurs de payer la facture ! C'est pourquoi seul le contr&#244;le des travailleurs eux-m&#234;mes sur les comptes de l'entreprise peut apporter une solution de fond, qui permettrait d'aller chercher l'argent l&#224; o&#249; il est, dans les poches des actionnaires et en particulier de la famille Peugeot, qui poss&#232;de plus de quatre milliards d'euros en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Etat, qui a d&#233;j&#224; pu verser des millions pour sauver les entreprises et les b&#233;n&#233;fices de ces &#171; pauvres patrons &#187;, la seule mesure progressiste que l'on pourrait imposer serait l'expropriation et la nationalisation sous contr&#244;le des travailleurs de tout le groupe PSA. M&#234;me si cette revendication semble aujourd'hui &#233;loign&#233;e du niveau de conscience de la plupart des salari&#233;s, c'est bien la seule solution de fond &#224; la crise du secteur automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire converger les luttes, au-del&#224; du secteur automobile : pour un mouvement national contre les licenciements et le ch&#244;mage !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, m&#234;me si le dossier PSA se trouve sur le devant de la sc&#232;ne, la vague de licenciements d&#233;passe tr&#232;s largement le secteur automobile. A Doux, Air France, Sodim&#233;dical, Sanofi, Plysorol, Ethicon, Carrefour, La Redoute, ainsi que dans bien d'autres entreprises o&#249; les conflits sont moins m&#233;diatis&#233;s, c'est des milliers et des milliers d'emplois qui sont en jeu. Comme en 2008-2009, les conf&#233;d&#233;rations syndicales ne font rien pour les coordonner et les aider &#227; gagner, alors que dans l'isolement ces luttes seront tr&#232;s probablement condamn&#233;es &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, &#224; la diff&#233;rence de la vague pr&#233;c&#233;dente de luttes contre les licenciements et les fermetures d'usine, la plupart des conflits actuels ne posent pas d'embl&#233;e la question des indemnit&#233;s de d&#233;part. C'est s&#251;rement parce que l'exp&#233;rience des ouvriers de Continental, Philips, Molex, etc. a montr&#233; que dans une situation de crise, quand le ch&#244;mage explose, les indemnit&#233;s aussi &#233;lev&#233;e soient-elles s'&#233;puisent tr&#232;s vite pour couvrir les d&#233;penses de familles d&#233;sormais sans revenus. Les luttes actuelles tentent alors souvent de poser la question d'une reprise par les salari&#233;s de l'outil de travail, sous la forme de SCOPs, de fa&#231;on &#227; garder les emplois. Il est vrai que cette issue coop&#233;rativiste repose en grande partie sur une illusion, puisque de petites unit&#233;s de production, avec des travailleurs qui s'auto-exploitent, sont en fait structurellement incapables de faire face &#224; la concurrence des grands monopoles capitalistes dans une situation de crise. Mais ce refus de se limiter &#224; la revendication des indemnit&#233;s (qui par sa nature tend &#227; cantonner la lutte entre les quatre murs de chaque entreprise, puisqu'il s'agit d'arracher de l'argent &#227; un patron en particulier) peut permettre de poser d'avantage la question d'un mouvement d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que PSA Aulnay soit aujourd'hui au centre de la situation a des implications importantes. Non seulement du point de vue des cons&#233;quences qu'une d&#233;faite sur ce conflit pourrait entra&#238;ner pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, ce qui justifie d&#233;j&#224; la n&#233;cessit&#233; de construire un grand front de solidarit&#233;, mais aussi du point de vue des responsabilit&#233;s que cela implique. Car s'il y a une lutte qui serait aujourd'hui en mesure de lancer un appel &#227; f&#233;d&#233;rer toutes les bagarres, &#227; coordonner toutes les actions, dans la perspective d'un grand mouvement national contre les licenciements et le ch&#244;mage, mouvement qui poserait la question de la nationalisation sous contr&#244;le des travailleurs de toute entreprise qui ferme ou licencie et du partage des heures de travail jusqu'&#224; en finir avec le ch&#244;mage, c'est bien la lutte de PSA. Il est encore temps de commencer, mais pour cela il faudra une v&#233;ritable &#171; guerre &#187;, qui mobilise toutes les &#171; arm&#233;es &#187; de notre classe. Ou, dit d'une autre mani&#232;re, il faut d&#233;sormais passer des paroles aux actes...&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PSA Mulhouse, portrait d'une usine &#171; non touch&#233;e &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Vincent Duse, ouvrier et militant CGT &#227; PSA Mulhouse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de Mulhouse est parmi ceux qui seront &#171; pr&#233;serv&#233;s &#187; par le plan de la direction. Il est m&#234;me cens&#233; recevoir une partie de la production de celui d'Aulnay apr&#232;s la fermeture. Quelques techniciens venus d'Aulnay ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#227; d&#233;barquer chez nous, mut&#233;s vers un site &#171; s&#251;r &#187;. Et pourtant on voit bien que cette s&#251;ret&#233; ne concerne pas tout le monde. Car &#227; Mulhouse aussi il faudra bien &#171; faire des efforts &#187; pour r&#233;duire les effectifs. Comme toujours on commence par les plus faibles. Il y a quelques mois c'&#233;tait ceux qui avaient un statut fragile, avec le licenciement sans remplacement de plus de 600 int&#233;rimaires. Actuellement la mode est de toucher les plus fragiles... physiquement. Et oui, maintenant la tendance est au licenciement des malades et des handicap&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. a &#233;t&#233; mut&#233; dans une nouvelle cha&#238;ne en mars. Apr&#232;s 3 jours il fait un malaise. Le jour de son malaise, il re&#231;oit un coup de pression pour ne pas d&#233;clarer son malaise comme un &#171; accident du travail &#187;, mais comme maladie. Puis s'encha&#238;nent les arr&#234;ts maladie dus &#227; des probl&#232;mes cardiaques et une tension trop haute, mais &#233;galement aux pressions pour lui faire tenir rapidement son nouveau poste. Le 30 ao&#251;t il est convoqu&#233; pour ses arr&#234;ts maladie, mais ne peut s'y rendre car sa femme qui attend un troisi&#232;me enfant vient d'&#234;tre envoy&#233;e aux urgences. Aujourd'hui la direction de PSA Mulhouse menace de le licencier en lui reprochant 17 jours d'arr&#234;ts maladie sans justificatif (dont en fait14 sont couverts et un autre &#233;tait un jour de cong&#233; accord&#233; par son chef).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas un cas isol&#233;. I. &#227; 13 ans d'anciennet&#233;. Il &#233;tait surnomm&#233; dans le secteur du montage &#171; Speedy Gonzales &#187; gr&#226;ce &#227; son efficacit&#233; au boulot. Jusqu'&#224; ce qu'en 2006 il contracte une maladie professionnelle du coude et de l'&#233;paule. En juillet 2010 il a un accident du travail. Cet accident du travail entra&#238;ne quelques jours d'arr&#234;ts. Son chef rappelle chez lui pour lui demander d'&#233;courter son &#171; accident du travail avec arr&#234;t &#187;. Apr&#232;s discussion avec son m&#233;decin, il refuse de revenir avant qu'il ne soit gu&#233;ri. Peu de temps apr&#232;s son retour la direction le fait muter &#227; un poste o&#249; on lui fera manipuler des moteurs de 150 kilos, alors qu'il ne p&#232;se que 49 kilos ! Au d&#233;part il n'a qu'une ligne &#227; charger, mais tr&#232;s vite on va lui demander d'en alimenter une deuxi&#232;me, ce qui aura pour cons&#233;quence qu'il sera contraint de travailler m&#234;me sur son temps de pause. Les arr&#234;ts maladie s'encha&#238;nent, les courriers de la direction aussi, puis il doit prendre des antid&#233;presseurs pour tenir. Aujourd'hui I. est en longue maladie sous antid&#233;presseurs. Durant sa maladie il a re&#231;u une visite de l'assistante sociale de Peugeot pour le forcer &#227; d&#233;missionner. Comme cela n'a pas march&#233;, aujourd'hui la direction veut licencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela sans qu'aucun accord de comp&#233;titivit&#233; n'ait &#233;t&#233; mis en place &#227; Mulhouse. Cela donne une id&#233;e de ce &#227; quoi on peut s'attendre si la direction gagne la bataille qui est en cours. Les cons&#233;quences se font sentir bien au del&#224; d'Aulnay. On voit bien qu'il ne nous manque pas de raisons pour rentrer dans une bagarre g&#233;n&#233;rale si elle a lieu !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; PSA : la fermeture d'Aulnay n'est plus ''inacceptable'' &#187;, Le Monde, 11 septembre 2012. Les autres citations de ce sous-titre ont &#233;t&#233; extraites de ce m&#234;me article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Voir notamment &#171; La gauche est de retour aux affaires, mais c'est l'aust&#233;rit&#233; et la rigueur budg&#233;taires qui restent au pouvoir &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/La-gauche-est-d...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/La-gauche-est-d...&lt;/a&gt;, 09/05/12, ainsi que les autres articles sur la situation hexagonale publi&#233;s dans R&#233;volution Permanente n&#176;5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Comme on a pu le voir sur la question du mariage homosexuel ou de l'adoption&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] En ce qui concerne les gaz de schiste, certains permis seulement ayant &#233;t&#233; suspendus, ou le d&#233;tricotage du bouclier fiscal sarkozyste, et l'imposition des plus hauts revenus &#227; 75%, avec un certain nombre de zones d'ombre sur son p&#233;rim&#232;tre d'application&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir sur ces deux sujets G. Lo&#239;c, &#171; Emeutes &#227; Amiens Nord. Solidarit&#233; avec nos fr&#232;res et nos s&#339;urs contre la r&#233;pression du gouvernement PS &#187;, 18/08/12 et &#171; Sarkozy ou Hollande ? Pour les Roms non pus, &#231;a ne fait pas de diff&#233;rence ! &#187;, 11/09/12 &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Sarkozy-ou-Holl..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Sarkozy-ou-Holl..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] En direct de la F&#234;te de l'Huma au journal de 13h de France Inter du 16 septembre, Pierre Laurent, num&#233;ro un du PCF a ainsi comment&#233; les hu&#233;es par lesquelles ses propres militant-e-s avaient re&#231;u les propos de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, soutenant le TSCG : &#171; les gens ne veulent pas contester ou faire &#233;chouer le gouvernement, mais parce qu'ils veulent le faire avancer parfois en le bousculant un peu, en le poussant en avant &#187;. Pousser le gouvernement PSA en avant tient de la gageure. Il n'est pas s&#251;r que les militant-e-s syndicaux et politiques pr&#233;sents &#224; la F&#234;te de l'Huma aient r&#233;ellement envie de pousser en avant le gouvernement, mais plut&#244;t de s'opposer &#227; ses sales coups. Le PCF, de son c&#244;t&#233;, esp&#232;re toujours garder ouverte la porte d'une possible collaboration gouvernementale entrouverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Sur Peillon, voir P. Hodel, &#171; Une rentr&#233;e des classes sous le signe de l'escroquerie &#187;, 06/09/12 &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Une-rentree-des..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Une-rentree-des..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] En sortant de l'Elys&#233;e fin ao&#251;t, G&#233;rard Cazorla, secr&#233;taire CGT du comit&#233; d'entreprise n'a pas h&#233;sit&#233; &#227; d&#233;clarer avec satisfaction : &#171; on a le sentiment que le gouvernement est &#227; nos c&#244;t&#233;s (&#8230;). Le gouvernement est en train d'analyser les solutions que nous avons donn&#233;es pour r&#233;quisitionner la marque et faire qu'elle reste en France. Ils nous ont dit qu'il y a des discussions serr&#233;es avec Unilever [et que l'Etat avait] les moyens de faire plier Unilever [la multinationale dont d&#233;pend l'usine El&#233;phant] &#187; (voir &#171; Des salari&#233;s de Fralib re&#231;us &#224; l'Elys&#233;e. Nouvelle table ronde &#224; la mi-septembre &#187;, Le Monde, 31/08/12). Une chose est s&#251;re pourtant : les deux ann&#233;es de lutte acharn&#233;e des salari&#233;s de G&#233;menos ont montr&#233; que les travailleurs ne pouvaient compter que sur eux-m&#234;mes pour faire plier Unilever, et arracher l'expropriation de l'usine de G&#233;menos sous leur contr&#244;le. En s'en remettant au gouvernement au moment m&#234;me o&#249; celui-ci ne cesse de se dire impuissant, les repr&#233;sentants syndicaux c&#233;g&#233;tistes s&#232;ment des illusions chez les ouvriers, et affaiblissent leur propre combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] On aura compris qu'il s'agit-l&#224; d'une formule l&#233;g&#232;rement mensong&#232;re dont P&#233;cresse est coutumier et qui veut dire &#171; patrons-gagnants-et-prolos-perdants-mais-on-leur-fait-croire-qu-ils-ont-gagn&#233; &#187;, mais ce genre de choses ne se dit pas ouvertement dans la bonne soci&#233;t&#233; et la presse du M&#233;def, &#231;a risquerait de fragiliser un peu plus l'action gouvernementale &#171; socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#171; Plans sociaux : la rentr&#233;e de tous les dangers &#187;, Le Figaro, 27/08/12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] C'est le m&#234;me refrain qu'adopte Claude Bartolone, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e, &#227; propos du dernier collectif budg&#233;taire vot&#233; avant les vacances. &#171; Tout faire reposer sur les m&#233;nages aurait &#233;t&#233; tr&#232;s dangereux pour la consommation et au final pour les entreprises. Ce collectif au final &#233;tait un bon compromis &#187;. D&#233;cidemment, les hommes de Hollande ont le souci du compromis bancal et du mensonge&#8230; Voir &#171; Hollande doit assurer le service apr&#232;s-vente des r&#233;formes &#187;, Les Echos, 07-08/09/12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Voir &#227; ce sujet G. Lo&#239;c, &#171; Combattre le TSCG de Hollande, refuser la diversion de M&#233;lenchon &#187;, 06/09/12, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Combattre-le-TS..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Combattre-le-TS..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Il suffit de songer que juste apr&#232;s le Sommet social de juillet, Thibault n'h&#233;sitait pas &#227; d&#233;clarer : &#171; on est sur un cap nouveau, une d&#233;marche tout &#227; fait diff&#233;rente. Le fait que la place du dialogue social, des interlocuteurs sociaux soit confirm&#233;e, montre un volontarisme politique &#224; l'&#233;gard des organisations de salari&#233;s sans comparaison avec ce que nous avons v&#233;cu ces cinq derni&#232;res ann&#233;es. Il y a de nouveaux points d'appui pour se faire entendre sur toute une s&#233;rie de sujets. Plusieurs des rendez-vous cit&#233;s dans l'agenda du Premier ministre reprennent des demandes pr&#233;cises que nous avons formul&#233;es &#187;, tout en regrettant, tout de m&#234;me, que le &#171; loup&#233; &#227; ce stade, c'est qu'il n'y a aucune disposition pour faire face &#224; l'urgence, aux plans de restructuration et aux fermetures de sites. Je regrette qu'il n'y ait pas de mesures rapides &#227; ce propos &#187;. Loup&#233; est un euph&#233;misme. Mesures rapides, &#227; ce stade-l&#224; , &#233;tait parfaitement hors-propos&#8230; Voir &#171; Dialogue social juillet 2012 : le fond et la forme du dialogue social ont chang&#233; &#187;, 13/07/12, &lt;a href=&#034;http://www.cgt.fr/-Conference-socia..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cgt.fr/-Conference-socia..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] D&#233;claration de Pascal Debay, 30/08/09.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] D'autre part, vouloir embarquer les salari&#233;-e-s sur le chemin de la d&#233;fense d'une &#171; industrie fran&#231;aise &#187;, ou &#171; hexagonale &#187; et &#171; bien de chez nous &#187;, revient &#227; combattre sur un terrain des plus glissants et chauvins, laissant une grande porosit&#233; d'id&#233;es avec des courants x&#233;nophobes et r&#233;actionnaires qui n'ont rien &#227; voir avec le mouvement ouvrier. Ce n'est pas un hasard, d'ailleurs, si le Front National essaye, comme &#227; son habitude, de s'engouffrer dans cette br&#232;che. Les travailleurs et la jeunesse n'ont pas d'industrie nationale &#227; d&#233;fendre, mais des empois et une activit&#233;, et ce contre des patrons hexagonaux ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Carlos Ghosn, patron de Renault, disait en avril 2012 &#227; propos de la possible fermeture d'Aulnay que si un constructeur se lan&#231;ait dans une restructuration, &#171; il forcera les autres &#224; le suivre &#187;. Ce n'est pas seulement une dynamique que PSA ouvrirait dans toute l'automobile si Aulnay venait &#227; fermer, mais pour tous les secteurs d'activit&#233;. C'est en ce sens aussi que les organisations ouvri&#232;res, si elles entendent proposer des perspectives de victoire, ne peuvent aborder la question de tel ou tel plan social sans la relier &#224; l'ensemble des attaques qui sont en train aujourd'hui de se nouer sur le front de l'emploi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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